1querelle s. f. (ke-rè-l')
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1Dispute animée où il y a combat soit de corps ou de parole, soit de plume.
Le temps guérit les douleurs et les querelles, parce qu'on change, on n'est plus la même personne
Pascal, Pens. VI, 42, édit. HAVET.Voyez les apôtres du Fils de Dieu ; autrefois ils étaient toujours en querelle au sujet de la primauté
Bossuet, 2e sermon, Pentec. 2Une misérable querelle de littérature dans un café fut la première origine de ce fameux procès de Jean-Baptiste Rousseau le poëte
Voltaire, Dict. phil. Quisquis.Je ne me mêle point de ces querelles [des parlements] ; je songe à celles que nous avons avec la nature
Voltaire, Lett. Mme du Deffant, 8 août 1770Si l'on comptait les meurtres que le fanatisme a commis depuis les querelles d'Athanase et d'Arius jusqu'à nos jours
Voltaire, Mœurs, 180Il est vrai que Fontenelle avait auprès de Despréaux et de Racine un tort irrémissible, celui d'être le complice de Charles Perrault dans la querelle sur les anciens
D'Alembert, Éloges, J. Text. de Mauroy, note 4Tel est le naturel des hommes : s'ils n ont pas de grands sujets de querelles, ils s'en font des petits qui ont les effets des grands
ANQUETIL, Instit. Mém. scienc. mor. et pol. t. I, p. 19Delaunay et Mlle Favart [deux acteurs] sont charmants dans cette querelle d'amoureux vieille comme le monde et toujours jeune
TH. GAUTIER, Monit. univ. 30 nov. 1868
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Chercher querelle à quelqu'un, entamer une querelle avec lui, le provoquer.
Quand est-ce que je m'en suis moqué ? tu cherches querelle
Fénelon, Dial. des morts, Dial. XIV (Hérodote, Lucien).
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Prendre querelle, avoir un démêlé avec quelqu'un.
- Il passa par Poitiers, où nous primes querelle Corneille, le Ment. IV, 1
- Il a pris querelle contre quelqu'un Molière, le Mar. forcé, 6
Il a pris querelle pour des femmes. - L'Olive : Non pas, madame, il n'est pas si bête ; ce sont des femmes qui ont pris querelle pour lui
Dancourt, Foire de Besons, sc. 12
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Faire querelle, même sens que chercher querelle.
- Peut-être qu'orgueilleux d'être avec cette belle,Il serait assez vain pour me faire querelle Corneille, Illus. com. II, 2
- Alcippe cependant m'accuse d'inconstance,Me fait une querelle où je ne comprends rien Corneille, le Ment. III, 3
....vous aimez les gens pour leur faire querelle
Molière, Mis. II, 1C'est lui qui.... s'ingère de recueillir l'argent de chacun des spectateurs, et qui fait querelle à ceux qui, étant entrés par billets, croient ne devoir rien payer
La Bruyère, Théophr. VILe public, qui, soit humeur, soit justice (car nous ne voulons ici lui faire ni compliment ni querelle), ne joint pas toujours sa voix à celle des académiciens [dans les choix]
D'Alembert, Éloges, St-Aulaire.
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Entrer dans une querelle, y prendre parti.
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Querelle d'Allemand, querelle faite sans sujet.
- En me faisant, mais très injustement,Quoique Français, querelle d'Allemand Scarron, Poés. div. Œuv. t. VII, p. 93, dans POUGENS
Si cela nous ennuie [de nous écrire sans nous gronder], nous serons toujours sur nos pieds pour nous faire quelque petite querelle d'Allemand
Mme de Sévigné, à Bussy, 16 févr. 1671
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Terme de droit romain. Querelle d'inofficiosité, voy. INOFFICIOSITÉ.
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2Il se dit de la querelle considérée en un seul côté, et comme le parti d'un des querellants.
- Mon bras, qui tant de fois a sauvé cet empire...Trahit donc ma querelle, et ne fait rien pour moi ! Corneille, le Cid, I, 7
- Chimène, remets-tu ta querelle en sa main ? Corneille, ib. IV, 5
- S'il fallait aujourd'hui venger votre querelle Corneille, D. Sanche, II, 4
Il est temps que d'autres mains s'arment pour sa querelle [de la grâce efficace]
Pascal, Prov. II- Voilà donc quels vengeurs s'arment pour ta querelle,Des prêtres, des enfants, ô Sagesse éternelle ! Racine, Athal. III, 7
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Embrasser, épouser la querelle de quelqu'un, prendre parti pour lui contre ceux avec qui il a querelle.
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Prendre querelle pour quelqu'un, faire de sa querelle la sienne, et aussi se faire son champion, malmener ceux qui sont contre lui.
- Elle vous a banni, j'ai pris votre querelle Corneille, Sertor. IV, 2
- Britannicus mourant excitera le zèleDe ses amis, tout prêts à prendre sa querelle Racine, Brit. IV, 3
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3Débats entre les peuples, entre les souverains, guerres.
- Rome aujourd'hui m'a vu père de quatre enfants,Trois en ce même jour sont morts pour sa querelle Corneille, Hor. V, 3
- Amour, tu perdis Troie ; et c'est de toi que vintCette querelle enveniméeOù du sang des dieux même on vit le Xanthe teint La Fontaine, Fabl. VII, 13
Se peut-il rien de plus plaisant, qu'un homme ait droit de me tuer parce qu'il demeure au delà de l'eau, et que son prince a querelle contre le mien, quoique je n'en aie aucune avec lui ?
Pascal, Pens. III, 8Ce roi [Mithridate] qui.... Vengeait de tous les rois la querelle commune
Racine, Mithr. I, 1Il y avait dans ces temps-là comme deux mondes séparés : dans l'un combattaient les Carthaginois et les Romains ; l'autre était agité par des querelles qui duraient depuis la mort d'Alexandre
Montesquieu, Rom. 5La bataille de Platée qui termina la grande querelle de la Grèce et de la Perse
Barthélemy, Anach. ch. 52- Louis calme la terre ; il me rend à moi-même ;Je ne vends plus mon temps aux querelles des rois ST-LAMBERT, Élégie.
Étymologie
Bourguig. quairaille, quairelle ; provenç. querela, querella ; ital. querela ; du lat. querela, plainte, de queri, se plaindre, avec le suffixe e-la formant des noms d'action et de chose agissante, loquela, sequela, candela, etc.