Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

récuser dans le Littré

1 article· 11 citations· rimes· synonymes· conjugaison

récuser v. a. (ré-ku-zé)

  1. 1Refuser un juge, un juré, qu'on soupçonne de partialité.

    • Que dites-vous de cette modération [de Pussort, qui avait été très violent contre Fouquet] ? c'est à cause qu'il est oncle de M. de Colbert, et qu'il a été récusé qu'il a voulu en user si honnêtement Mme de Sévigné, 17 déc. 1664
    • Il faut même que, dans les grandes accusations le criminel, concurremment avec la loi, se choisisse des juges, ou du moins qu'il en puisse récuser un si grand nombre que ceux qui restent soient censés être de son choix Montesquieu, Esp. XI, 6
    • Le duc de Venise, Jean, ayant assassiné un évêque, est accusé devant Charles, et ne le récuse pas pour juge Voltaire, Ann. Emp. Charlemagne, 802
    • L'accusé premièrement ou son conseil, et le procureur général récuseront tels jurés qu'ils jugeront à propos Code d'instruction crim. art. 399
  2. 2Il se dit aussi d'un témoin, d'un expert contre lequel on allègue quelque reproche. Récuser un expert.

  3. 3Il se dit pareillement de toute personne dont on rejette l'autorité, le témoignage.

    • Des philosophes ne doivent pas récuser Bayle Voltaire, Phil. ignor. 24
  4. 4Il se dit de même, en parlant d'un témoignage, d'une autorité.

  5. 5Se récuser, v. réfl. Déclarer que l'on n'est pas compétent pour juger une cause, trancher une question.

    • M. de la Salle, ce M. de la Salle, conseiller à la cour de Toulouse, qui était si persuadé de l'innocence des Calas, et qui les a fait rouer en se récusant, est-il à Paris ? Voltaire, Lett. d'Argental, 10 janv. 1763

Étymologie

Provenç. et espagn. recusar ; ital. ricusare ; du lat. recusare, de re, en arrière, et cusare, pousser, fréquentatif de cudere, battre, frapper.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander