Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

rancune dans le Littré

1 article· 7 citations· rimes· synonymes

rancune s. f. (ran-ku-n')

  1. Ressentiment tenace et qu'on n'oublie pas.

    • De mon côté, moi, j'ai une vieille rancune contre le financier Dancourt, Foire de Besons, sc. 13
    • Ce qui me retient, c'est la peine que cela vous fera, c'est la rancune que vous en prendrez contre moi Marivaux, Marianne, 4e part.
    • Bien rosser et garder rancune est aussi par trop féminin Beaumarchais, Mar. de Figaro, V, 8
    • Les rancunes de l'amitié sont plus durables que toutes les autres ; elles survivent à la colère Mme de Genlis, Vœux témér. t. III, p. 133, dans POUGENS
    • J'ai de la rancune de prince ;Mon bon roi, vous me le paierez Béranger, M. jours gras.
    • Sans rancune, ou point de rancune, c'est-à-dire oublions le passé, oublions nos sujets de plainte.

      • Amour.... Qui fut (soit dit sans rancune) Si sujet à caution, CHAUL., Voyage de l'amour et de l'amitié
    • Rancune tenant ou tenante, se dit pour signifier qu'on se rapproche tout en gardant son inimitié.

      • Comptez sur moi comme sur vous-même dans ce moment, mais rancune tenant toujours Voltaire, Socrate, II, 8
    • Rancune à part, se dit lorsque, n'étant pas bien avec quelqu'un, et ayant néanmoins un intérêt commun avec lui, on oublie de part et d'autre pour un temps les griefs réciproques.

    • Fig. et en forme de dicton populaire, en parlant d'une étoffe, d'un cuir, etc. : C'est de la rancune de prêtre, ou c'est fait en rancune de prêtre, ça durera toujours, c'est inusable.

Étymologie

Berry, rancure ; prov. rancura ; anc. espagn. rencura ; ital. rancura ; du lat. rancus, rance, avec la finale ura ou una.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander