Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

rase dans le Littré

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1rase s. f. (ra-z')

  1. Sorte d'ancienne étoffe, voy. RAS 1, n° 9.

2rase s. f. (ra-z')

  1. Terme de marine. Composition de résine, de soufre, de verre pilé et d'huile de baleine dont on enduit la carène des vaisseaux pour la préserver des vers.

    • Il faudra aussi, dès que l'hiver sera venu et que la saison ne permettra pas que les galères sortent souvent du port, leur donner la rase, Correspond. de Colbert, III, 2, 60

Étymologie

Lat. rasis, poix.

3rase s. f. (ra-z') supplément

    • Dans le Puy-de-Dôme, rigole d'arrosement, les Primes d'honneur, p. 441, Paris, 1874

Étymologie

Voy. ci-dessus RAIZE.

4rasé, ée part. passé (ra-zé, zée)

  1. 1Dont le poil est coupé tout près de la peau.

    • Les nègres se rasent la tête par figures, tantôt en étoiles, tantôt à la façon des religieux, et plus communément encore par bandes alternatives, en laissant autant de plein que de rasé Buffon, Hist. nat. hom. t. IV, p. 308
    • Dont la barbe est faite.

      • Je vous dirai une nouvelle la plus grande et la plus extraordinaire que vous puissiez apprendre, c'est que monsieur le Prince fit faire hier sa barbe ; il était rasé : ce n'est point une illusion, ni de ces choses qu'on dit en l'air, c'est une vérité ; toute la cour en fut témoin Mme de Sévigné, 17 janv. 1680
    • Fig. et populairement. Ruiné, sans ressources.

      • Celui qui est rasé, comme on dit en argot de l'endroit, quitte discrètement sa place, les mains dans ses goussets vides TH. GAUTIER, Feuilleton du Moniteur universel, 3 juin 1867
  2. 2Démoli à ras terre.

    • La ville [Thèbes] fut rasée : Alexandre ne conserva que la maison des prêtres et celle de Pindare Condillac, Hist. anc. II, 10
  3. 3Se dit d'un navire qui a perdu tous ses mâts par un mauvais temps ou dans un combat.

  4. 4Terme de vétérinaire. Qui a éprouvé le rasement.

  5. 5Terme de chasse. Perdrix rasée, faisan rasé, perdrix faisan, qui s'étend à ras terre pour n'être pas vu.

5ras, rase adj. (râ, râ-z')

  1. 1Tondu de près, coupé jusqu'à la peau. Une barbe rase.

    • Ils sont tellement accoutumés en Italie à la cabale des moines, qu'à peine peuvent-ils rien faire ou entreprendre sans le ministère de quelque tête rase GUI PATIN, Lett. t. II, p. 200
    • Il y a près d'elle [dans un tableau] une vieille femme ou peut-être un eunuque, la tête rase Diderot, Lett. Falconet, mai 1766
  2. Adverbialement. Tondre ras. Couper ras. Tondre ras une chienne.

    • 2Qui a le poil fort court. Les chevaux des pays chauds ont le poil plus ras que les autres.

      • Elle [la nature] est encore venue au secours des animaux en les couvrant de robes à poil ras Bernardin de Saint-Pierre, Étude V
    • 3Il se dit de la peau, du cuir qui est sans poil.

      • Il [l'éléphant] n'est pas revêtu de poil comme les autres quadrupèdes, la peau est tout à fait rase Buffon, Quadrup. t. IV, p. 275
    • 4Par extension, rase campagne, campagne fort unie, où il n'y a ni éminences, ni vallées, ni bois, ni rivières.

      • Les Assyriens s'étaient campés en rase campagne, et, selon leur coutume, que les Romains imitèrent depuis, ils avaient environné et fortifié leur camp d'un large fossé Rollin, Hist. anc. Œuvr. t. II, p. 173, dans POUGENS
      • Urbain II tint vers Plaisance un concile en rase campagne, où se trouvèrent plus de trente mille séculiers, outre les ecclésiastiques Voltaire, Mœurs, 54
    • 5Table rase, voy. TABLE.

    • 6Mesure rase, mesure remplie de manière que le contenu n'excède pas les bords.

      • Des douze futailles, six sont mesurées comble, et les six autres rases Mme de Genlis, Maison rust. t. I, p. 31, dans POUGENS
      • Verser du vin à ras de bord, emplir le verre jusqu'au bord.

    • 7Terme de marine. Bâtiment ras, bâtiment qui est moins élevé au-dessus de l'eau que ceux de son espèce.

      • Bâtiment ras comme un ponton, bâtiment qui a perdu tous ses mâts.

    • 8Au ras, à ras, loc. adv. Au niveau de. Au ras de l'eau. Au ras l'eau.

      • Madame d'Heudicourt était auprès du roi sur un petit siége tout bas et presque au ras de terre Saint-Simon, 97, 25
      • Être mis au ras, se dit chez le bœuf, quand le bord des incisives caduques se nivelle.

    • 9S. m. Ras, étoffe croisée et unie, dont le poil ne paraît pas.

      • Sa seule robe en pierrerie Valait plus d'une métairie ; Elle était de ras de Châlons Scarron, Virg. IV
      • Ras ou rases. ras drapés, rases dites de seigneur, doubles croisées, blanches et mêlées Tabl. annexé aux lett. patent. du 18 sept. 1780, Auch.
    • 10Ras, filière par laquelle on fait passer le lingot qui sort de l'argue.

      • Le tireur d'or les fait passer par trois différentes filières, dont la première s'appelle ras, la 2e précaton ou prégaton, et la dernière fer à tirer.... l'opération du ras se nomme le dégrossi du trait... Dict. des arts et mét. Tireur d'or
    • 11Ras de métal, extrémité de la tulipe d'une bouche à feu.

Étymologie

Prov. ras ; ital. raso, du lat. rasus, de radere, raser.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander