Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

rebute dans le Littré

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1rebute s. f. (re-bu-t')

  1. Synonyme, en quelques provinces, de batardeau.

    • Il [le propriétaire d'un canal] en répondra, si on prouve que le cours des eaux était arrêté ou intercepté par des rebutes ou autres obstacles CAPPEAU, Compagnie des Alpines, Aix 1817, p. 105

Étymologie

Re..., et butter.

2rebuté, ée part. passé (re-bu-té, tée)

  1. 1Rejeté avec dureté.

    • Éraste : Encore rebuté ? - Gros-Réné : Jamais ambassadeur ne fut moins écouté Molière, Dépit amour. IV, 2
    • Une femme chananéenne et idolâtre lui arrache [à Jésus], pour ainsi dire, quoique rebutée, la guérison de sa fille Bossuet, Hist. II, 6
    • Un amant toujours rebuté par sa maîtresse Voltaire, Comm. Corn. Rem. Cinna, III, 1
  2. 2Repoussé, dédaigné, en parlant de choses.

  3. 3Mis au rebut.

    • Il en renvoie cinq ou six [navires] à Goa, chargés de marchandises rebutées à Canton Raynal, Hist. phil. I, 30
  4. 4Décourage, dégoûté.

    • Pour M. de Grignan, le voilà rebuté d'écrire pour le reste de sa vie Mme de Sévigné, 6 oct. 1675
    • Celui [Alexandre] que les déserts, les fleuves et les montagnes n'étaient pas capables d'arrêter, fut contraint de céder à ses soldats rebutés qui lui demandaient du repos Bossuet, Hist. III, 5
    • Après Pertharite, M. Corneille, rebuté du théâtre, entreprit la traduction en vers de l'Imitation de Jésus-Christ Fontenelle, Vie de Corn.
    • Il se dit de troupes que la résistance de l'ennemi dégoûte du combat.

      • Leurs troupes étaient rebutées, mais les officiers y témoignaient une valeur extrême PELLISSON, Lett. hist. t. III, p. 145
      • Tout blessé qu'il était, voyant les troupes du roi rebutées [à la bataille de Chiari], et le maréchal de Villeroi ne donnant point d'ordre, il [Catinat] fit la retraite Voltaire, Louis XIV, 18
    • Il se dit des animaux excédés.

      • Nous arrivâmes ici, nos chevaux rebutés, nos gens tout trempés, mon carrosse rompu Mme de Sévigné, 31 mai 1680
    • Terme de fauconnerie. Oiseau rebuté, qui a perdu son courage et qui ne veut plus voler.

  5. 5Qui ne veut plus d'une chose.

    • Les faux prophètes cessèrent sous le second temple ; le peuple, rebuté de leurs tromperies, n'était plus en état de les écouter Bossuet, Hist. II, 5
    • Les Juifs rebutés de ces séducteurs qui avaient si souvent causé leur ruine.... Bossuet, ib. II, 9

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander