rechigner v. n. (re-chi-gné)
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Terme familier. Donner des marques de refus, de dégoût, d'aversion, par une grimace qui porte principalement sur la lèvre.
- Qui toujours rechignait et reprenait toujours Régnier, Sat. v.
Le malheureux.... Mange [un ail] et rechigne ainsi que fait un chat Dont les morceaux sont frottés de moutarde
La Fontaine, Paysan.Son vieux père Dignant Semble accorder sa fille en rechignant ; Et cette fille, avant d'être ma femme, Paraît aussi rechigner dans son âme
Voltaire, Droit du seigneur, I, 1Après le déjeuner, je me hâtais d'écrire en réchignant quelques malheureuses lettres
J.-J. Rousseau, Confess. XI
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Rechigner à. Il rechignait à faire cela. Rechigner à une proposition.
- Qui nous flattait amant, nous rechigne mari ;Le flambeau d'hyménée amortit bien sa flamme ;La plus belle maîtresse est une laide femme Thomas Corneille, D. Bertr. de Cigaral, I, 1
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On dit aussi : rechigner de, avec un infinitif.
Quand on m'offrait quel que place vide dans une voiture, ou que quelqu'un m'accostait en route, je rechignais de voir renverser la fortune dont je bâtissais l'édifice en marchant
J.-J. Rousseau, Confess. IV
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Terme de jardinage. Se dit des plantes et des arbres qui languissent, qui ne poussent pas vigoureusement.
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Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.
Étymologie
Bourguig. rechigné, grincer (et rechigné bé for dé dan, MIGNARD, p. 456) ; Berry, rechigner, relever la lèvre supérieure en montrant les dents ; provenç. rechinar, rechinhar ; espagn. rechinar. Diez le rattache à rêche ; cette étymologie va assez bien au sens moderne, mais elle ne va pas au sens ancien qui est montrer les dents. Rechigner paraît formé de re, et chigner ou quigner, répondant à l'italien ghignare, qui signifie sourire avec malice, et dérivant du vieux haut allemand kînan, ou chînan, sourire. De là vient le sens de relever la lèvre, détourné ensuite à celui d'une grimace maussade. Scheler, qui l'a trouvée, pense que ce chigner répond au latin canis, chien.