recruter v. a. (re-kru-té)
-
1Lever des gens de guerre.
La nécessité de recruter continuellement ses troupes, d'entretenir ses garnisons et les corps d'armée.... tout cela avait coûté à la Suède, pendant le cours de la guerre, plus de 250000 soldats
Voltaire, Charles XII, 5Ces misérables restes d'un corps de sept mille hommes qui n'avait jamais été recruté, et qui, aidé de quelques miliciens, de quelques sauvages, avait fait de si grandes choses, furent enfin réduits à capituler
Raynal, Hist. phil. XVI, 22
-
2Fig. et familièrement. Attirer dans une compagnie, dans une partie. Il recrutait avec ardeur des associés.
-
Absolument.
Quoi ! d'indignes enfants de Mars Briguaient une livrée, Quand ma muse éplorée Recrutait pour leurs étendards
BÉRANGER, Ad. à la gloire.
-
-
3Mettre de nouvelles drogues dans la teinture.
-
4Se recruter, v. réfl. Recevoir des recrues. Le régiment s'étant recruté.
-
Fig. Le sénat romain se recrutait parmi les chevaliers.
Ce qui prouve que, dès ce temps, Londres, bien loin de suffire à sa population, avait besoin de se recruter tous les ans de plus de la moitié du nombre de ses naissances
Buffon, Prob. de la vie, Œuv. t. X, p. 557
-
-
5Se recruter dans, puiser ses éléments dans.
Bien souvent la folie se recrute dans le crime, comme le crime se recrute dans la folie
MAXIME DU CAMP, Rev. des Deux-Mondes, 1er septembre 1872, p. 63
Remarque
Recruter est un néologisme qui s'est fait dans le XVIIe siècle, comme le montrent les passages suivants :
Étymologie
Recrue. Dans le XVIIe siècle, recruter était, comme on a vu, un néologisme condamné, à cause du t qui y est contre l'analogie ; aujourd'hui le mot est pleinement accepté, et ce qu'il avait de désagréable s'est effacé par l'usage.