Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

reculer dans le Littré

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1reculer v. a. (re-ku-lé)

  1. 1Porter en arrière. Reculez la table. Reculez cette chaise de la cheminée.

  2. 2Reporter plus loin. Il faut reculer cette muraille.

  3. 3Écarter, éloigner.

  4. 4Éloigner quelqu'un du but, une affaire de son issue. La disgrâce de son protecteur l'a bien reculé.

    • Cette indiscrétion de ma part servirait plutôt à reculer vos affaires qu'à les avancer Voltaire, Lett. d'Argence, 3 sept. 1770
  5. 5Ajourner, retarder.

  6. 6Porter au loin dans le temps.

    • Ces peuples [les Japonais] ont eu aussi la manie de reculer leur origine Diderot, Opin. des anc. philos. [Japonais].
  7. 7V. n. Aller en arrière, exécuter la progression en sens inverse de la direction ordinaire et naturelle. La voiture recula. Ce cheval a de la peine à reculer.

    • Fig.

      • Les femmes qui se sentent finir d'avance par la perte de leurs agréments, voudraient reculer vers la jeunesse Montesquieu, Lett. pers. 52
    • Terme de marine. On dit que les vents reculent, lorsque, au lieu de tourner de gauche à droite, comme lorsqu'ils vont du sud au nord en passant par l'ouest, ils reviennent du nord au sud en passant de même par l'ouest.

    • S. m. Terme de manége. Le reculer, action par laquelle le cheval se déplace dans un ordre inverse à celui des mouvements progressifs.

  8. 8Il se dit des armes à feu que l'explosion fait aller en arrière. Un canon recule par l'effet de la réaction égale à l'action.

  9. 9Se retirer en arrière.

    • Il ne recule jamais, on ne l'a jamais vu reculer, se dit d'un homme très brave.

      • C'est Merci avec ses braves Bavarois, enflés de tant de succès et de la prise de Fribourg ; Merci qu'on ne vit jamais reculer dans les combats Bossuet, Louis de Bourbon.
    • Cela se dit aussi de celui qui soutient son opinion avec fermeté.

    • On dit dans le même sens : Il aimerait mieux se faire hacher en pièces, que de reculer.

  10. 10Fig. Renoncer, céder, en parlant des personnes.

    • Reculer pour mieux sauter, temporiser pour mieux prendre ses avantages.

    • Il a reculé pour mieux sauter, il a sacrifié un petit avantage présent pour en obtenir plus tard un beaucoup plus grand.

    • Cela se dit aussi quand, après un mauvais succès, on en obtient un signalé ; et, en sens inverse, quand on évite un petit inconvénient pour tomber dans un plus grand.

  11. 11Il se dit des choses qui ne réussissent pas. Ses affaires reculent au lieu d'avancer.

  12. 12Être ajourné.

    • Le baptême de M. le duc de Chartres recule ; et je ne puis partir qu'il ne soit fait Mme de Maintenon, Lett. à l'abbé Gobelin, 3 sept. 1675
  13. 13Perdre l'avance qu'on avait. La civilisation recula dans ce pays sous la domination des conquérants étrangers.

    • Qui n'avance pas dans les voies de Dieu recule Massillon, Profess. relig. 2
    • Les Espagnols avancent quand nous reculons ; ils ont fait plus de progrès en deux ans que nous n'en avons fait en vingt Voltaire, Lett. d'Argental, 6 mai 1768
  14. 14Aller plus loin, s'écarter.

    • L'homme a fait reculer peu à peu les bêtes féroces, il a purgé la terre de ces animaux gigantesques.... Buffon, Anim. domestiques.
  15. 15Différer, éviter de faire. On le presse d'agir, il recule toujours. Il recula devant une proposition si hardie.

    • Reculer à, ne pas se soumettre à, craindre de.

      • Hé bien ! oui, puis qu'il veut te choisir pour juge, je n'y recule point Molière, l'Av. IV, 4
      • Comme je l'avais sur moi, et qu'apparemment je reculais à l'ôter, n'y a-t-il plus rien à mettre, disais-je, est-ce là tout ? Marivaux, Marianne, 3e part.
    • Il ne recule à rien, il n'est aucun travail qu'il n'accepte.

    • La Fontaine a dit dans ce sens : reculer de.

    • Il n'y a plus moyen de reculer, il n'y a plus à reculer, on ne peut plus échapper, différer.

      • Mes révérends pères, il n'y a plus moyen de reculer : il faut passer pour des calomniateurs convaincus, et recourir à votre maxime, que cette sorte de calomnie n'est pas un crime Pascal, Provinc. X
      • Comment lui déclarer votre mariage ? cependant il n'y a plus à reculer D'ALLAINVAL, Éc. des bourg. I, 2
    • Reculer trop loin à, trop différer.

      • Ayant rejeté les yeux sur votre lettre, j'ai vu qu'elle était datée du 7 courant, et que ce serait reculer trop loin à vous faire connaître que je l'ai reçue Corneille, Lett. au P. Boulard, 30 mars 1652
  16. 16Se reculer, v. réfl. Aller en arrière, s'écarter.

  17. 17Être différé.

    • C'est toujours dans cette vue de vous plaire que je me conserve et que j'ai soin de moi, étant très persuadée que l'heure de ma mort ne se peut ni avancer, ni reculer Mme de Sévigné, 318
    • Le retour du roi se recule toujours Mme de Sévigné, 1er juillet 1676

Étymologie

Re..., et culer ; wallon, reskoulé ; bourguig. requeulai ; provenç. et espagn. recular ; ital. rinculare.

2reculer s. m. (re-ku-lé)

  1. Sorte de lime d'horloger.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander