Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

redoute dans le Littré

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1redoute s. f. (re-dou-t')

  1. 1Ouvrage de fortification, complétement fermé et ne présentant pas d'angles rentrants (si l'ouvrage présente des angles rentrants, c'est un fort). Redoute carrée. Redoute circulaire.

    • Les ennemis en étaient encore à la première redoute, dont ils n'avaient pu même gagner le fossé PELLISSON, Lett. hist. t. II, p. 161
    • On ne voyait que des hommes et des femmes occupés à mettre à l'abri les meubles et les troupeaux de leurs habitations, à élever des redoutes, à creuser des fossés Chateaubriand, Natch. 2e partie.
    • Sur ce sol désolé [à la Moskowa] gisaient trente milliers de cadavres à demi dévorés ; quelques squelettes restés sur l'éboulement de l'une de ces collines dominaient tout ; il semblait que la mort eût établi là son empire ; c'était cette terrible redoute, conquête et tombeau de Caulaincourt Ségur, Hist. de Nap. IX, 7
    • Faites promptement fortifier la gorge de la redoute avec ces chariots MÉRIMÉE, l'Enlèvement de la redoute.
  2. 2

    • Autrefois, nom donné à deux grands bateaux joints par de grosses poutres ; les deux bateaux et l'intervalle qui les sépare forment un grand carré environné de balustres ; le pont et l'intérieur portent environ douze cents hommes ; les quatre coins sont garnis de bastions avec des canons ; cet engin sert à traverser les fleuves PELLISSON, Lett. hist. t. I, p. 124
  3. 3Il se dit dans quelques villes d'un endroit public où l'on danse, où l'on joue.

    • Les gazetiers ont traduit le mot ridotto par redoute, qui signifie une espèce de fortification ; mais un homme qui sait la langue conservera toujours le mot d'assemblée Voltaire, Dict. philos. Langues.
    • Il y a ce soir à la redoute un grand bal paré et masqué, où toute la ville doit se rendre PICARD, Alc. de Molorido, I, 1
  4. 3J. J. Rousseau a fait ce mot masculin ; c'est encore un italianisme, comme il y a en a plusieurs dans sa langue : Je n'ai vraiment joué qu'une fois en ma vie, au redoute, à Venise, Lett. à M. de Saint-Germain, 26 fév. 1776.

Étymologie

Ital. ridotto, réduit, retraite, de ridurre, reduire ; c'est l'équivalent de notre réduit, s. m. On voit comment le mot peut signifier à la fois un ouvrage de fortification et un lieu où l'on danse.

2redouté, ée part. passé (re-dou-té, tée)

    • Quel charme l'attirait sur ces bords redoutés ? Racine, Phèd. II, 1
    • Et mon frère est perdu puisqu'il est redouté Voltaire, Oreste, I, 3
    • [Louis XI] aimé du peuple, haï des grands, redouté de ses ennemis, et respecté de toute l'Europe Duclos, Œuv. p. 339
    • Très redouté seigneur, se disait, dans le moyen âge, des rois, des ducs et seigneurs souverains, en parlant d'eux ou en leur parlant.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander