regain s. m. (re-ghin)
-
1Nom donné à la seconde coupe des prairies naturelles et aux dernières coupes des prairies artificielles.
Regain ou revivre
VAUBAN, Dîme, p. 193Ne parlez pas à un grand nombre de bourgeois, ni de guérets, ni de baliveaux, ni de provins, ni de regains, si vous voulez être entendu ; ces termes pour eux ne sont pas français
La Bruyère, VIIToutes ces herbes aqueuses, telles que celles des regains
Mme de Genlis, Maison rust. t. I, p. 246, dans POUGENS
-
Se dit aussi de cette herbe quand elle a été séchée comme le foin.
-
2Seconde fructification du figuier.
-
3Fig. et familièrement. Le retour de fraîcheur, d'embonpoint, de vigueur qui se manifeste quelque fois chez les femmes ou chez les hommes qui ont déjà vieilli.
Pour vous.... je suis persuadée qu'à quatre-vingt-six ans le régime que vous observerez et le choix des bonnes viandes vous feront un regain de vie pour vingt ans
Mme de Sévigné, à Bussy, 31 déc. 1684
-
On dit dans le même sens : regain de jeunesse.
-
4Terme de construction. Ce qu'il y a de trop à une pierre, à une poutre, pour la place à laquelle elle est destinée.
Étymologie
Picard, reguin, rouain ; wallon, rigain ; de re..., et gain. Dans l'ancienne langue, gaagner veut dire cultiver la terre, paître ; gaain, la culture, le pâturage. Gaain a en effet le sens de regain (gaïn, Ren. II, 133). Plusieurs formes parallèles à gaain se trouvent dans les patois et ailleurs avec le même sens : wallon, wayen ; lorrain, veyen ; norm. vouin (vuin se trouve aussi dans l'ancien français) ; ital. guaime. Tous ces mots dérivent de l'ancien haut-allemand, weidanjan, paître ; weida, pâture. Le Berry, qui dit reguiner, pousser un regain, a aussi regouive, s. f. et le verbe regouiver ; ces mots, comme on voit, ne sont pas des barbarismes et tiennent aux anciennes formes.