remonter v. n. (re-mon-té)
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1Monter de nouveau ; retourner ou l'on était avant de descendre. Remonter à sa chambre.
- Fuyez cet avare rivage,Et remontez sur vos vaisseaux Scarron, Virg. III
Vénus remontant vers l'Olympe, je vis longtemps son char avec ses deux colombes dans une nuée d'or et d'azur ; puis elle disparut
Fénelon, Tél. IVIl voulut à toute force tenir la tête de mon cheval, tandis que j'y remontais
Hamilton, Gramm. 9C'est à vous et à vos amis à décider si cette première tragédie régulière qui ait paru sur le théâtre de la France mérite d'y remonter encore
Voltaire, Sophonisbe, Épître.À peine fut-on remonté en carrosse....
Diderot, Mém. Prom. scept.Après l'avoir quitté [le théâtre] pendant quelques années, il [Baron] y était remonté, et avait, par sa manière de réciter noble et naturelle, proscrit une déclamation chantante qui s'était introduite pendant son absence
Duclos, Œuv. t. X, p. 77Après cette action, Adèle remonta chez elle, beaucoup moins mécontente d'elle-même
Mme de Genlis, Ad. et Théod. t. II, p. 249, dans POUGENS- Le sang remonte à son front qui grisonne Béranger, V, sergent
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Fig. Faire remonter, faire parvenir de bas en haut.
La place de Mme de Maintenon est unique dans le monde.... vous n'aurez pas oublié au moins de lui faire remonter quelques paroles par Mme de Montchevreuil
Mme de Sévigné, 27 sept. 1684
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Revenir à fleur d'eau après avoir été submergé.
Leurs armes [des barbares vaincus dans un combat naval] étaient d'une telle sorte, qu'encore qu'elles fussent assez pesantes, elles ne laissaient pas de remonter sur l'eau
Fléchier, Hist de Théodose, III, 65
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Fig. Remonter sur l'eau, reprendre crédit, faveur, fortune.
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Fig. Remonter sur sa bête, regagner ce qu'on a perdu, reprendre un poste, un avantage qu'on avait laissé perdre.
Il me semble, comme à vous, que votre ancien disciple [le roi de Prusse] est un peu remonté sur sa bête
D'Alembert, Lett. à Voltaire, 18 oct. 1760
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2Aller vers la source d'un cours d'eau.
Nous remontâmes le long du Nil, jusqu'à cette fameuse Thèbes à cent portes
Fénelon, Tél. IIJ'étais comme un homme qui nage dans une rivière profonde et rapide, d'abord il fend les eaux et remonte contre le torrent
Fénelon, ib. IVLa rivière des Amazones, dont le cours est de plus de 1200 lieues, si l'on remonte jusqu'au lac qui est près de Guanuco à 30 lieues de Lima
Buffon, Hist. nat. Preuv. th. terre, Œuv. t. II, p. 68Mardonius n'eut pas plutôt appris que les Grecs s'étaient retirés dans le territoire de Platée, que, faisant remonter son armée le long du fleuve, il la plaça une seconde fois en face de l'ennemi
Barthélemy, Anach. Introd. part. 2, sect. 2
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Fig.
L'homme n'a rien qui ne doive remonter vers lui [Dieu] comme à sa source et lui être rapporté
Bourdaloue, Purif. de la Vierge, Myst. t. II, p. 275Par où la protection des lois et de la justice descend du prince vers les peuples, et le respect et la fidélité des peuples remontent vers le souverain
Fléchier, le Tell.
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Il se dit en un sens analogue quand on s'élève de régions basses à des régions plus hautes.
Si vous remontez à Sofola, à Quiloa, à Montbasa, à Mélinde, vous trouvez des noirs d'une espèce différente de ceux de la Nigritie
Voltaire, Mœurs, 143En remontant de la Terre de Feu tout le long des côtes occidentales de l'Amérique méridionale, l'Océan rentre assez considérablement dans les terres
Buffon, Hist. nat. preuv. th. terre, Œuv. t. II, p. 149
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3Aller en haut vers le point d'où la descente s'était faite, en parlant de choses. Le baromètre, qui avait baissé, remonte.
- Voyez, disait Vénus, ces ruisseaux et leur course ;Ainsi jamais le temps ne remonte à sa source La Fontaine, Adonis.
Les divers canaux qui bordaient ces îles semblaient se jouer dans la campagne : les uns roulaient leurs eaux claires avec rapidité ; ....d'autres, par de longs détours, revenaient sur leurs pas, comme pour remonter vers leur source
Fénelon, Tél. I- Tel aux derniers canaux arrivé dans sa course,Le sang revient au cœur et remonte à sa source Delille, Imag. IV
Tel un fleuve plein d'abondance et de limpidité, mais dont le cours n'est pas assez rapide, tourne à chaque pas dans la plaine ; repoussé par les moindres obstacles, il est sans cesse obligé de remonter contre le penchant de son onde
Chateaubriand, Natchez, III
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On dit que le soleil remonte, commence à remonter, quand le cercle qu'il décrit se rapproche du zénith, c'est-à-dire quand, après le solstice d'hiver, les jours commencent à croître.
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4Fig. La rente remonte, le prix moyennant lequel on en acquiert les titres, qui était descendu, redevient plus élevé.
Au grand étonnement de toutes les nations, le change remonta à l'avantage de la France
Raynal, Hist. phil. IV, 18
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Fig. et familièrement. Ses actions remontent, se dit d'un homme qui regagne en crédit et que la fortune commence à favoriser.
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5Terme de marine. Remonter au vent, louvoyer au plus près du vent.
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Remonter contre mousson, naviguer dans le sens opposé à la direction de la mousson.
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On dit que le vent remonte ou monte, lorsqu'il change en passant du sud vers le nord.
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6Terme d'horticulture. Fleurir de nouveau après un arrêt. Les rosiers qui fleurissent de nouveau après la saison des roses remontent ou sont remontants.
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7S'élever, faire un mouvement de bas en haut. Dans le jeu de la balançoire, on descend, puis on remonte.
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Fig.
Ces hommes orgueilleux et vils, qui regardent les gens de lettres comme des espèces d'animaux destinés à combattre dans l'arène pour le plaisir de la multitude, descendraient alors de l'amphithéâtre, et verraient leurs juges y remonter
D'Alembert, Ess. sur la soc. des g. de lett. Œuv. t. III, p. 88, dans POUGENS.
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Terme de fauconnerie. Voler de bas en haut.
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8Il se dit d'un musicien qui passe à un ton plus élevé.
- Descendre de tierce, et remonter d'un degré GRÉTRY, Méth. pour prél. p. 92, dans POUGENS
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9La goutte est dite remonter, quand elle quitte les articulations pour se jeter sur un organe intérieur.
La santé du cardinal n'est pas mauvaise présentement ; quelquefois sa goutte fait peur : il semble qu'elle veuille remonter
Mme de Sévigné, 337Sa goutte lui est remontée dans la tête, la poitrine et les yeux
Diderot, Lett. Mlle Voland, 8 oct. 1768
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10Terme d'ancienne jurisprudence. Les propres ne remontent point, c'est-à-dire les ascendants ne succèdent pas aux propres.
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Par extension. Dans la famille, l'amour ne remonte pas, c'est-à-dire qu'un fils aime mieux ses enfants que son père.
Il arrive toujours que l'amour descend plus qu'il ne remonte
Buffon, Nat. des anim.Au dire du proverbe ancien, L'amitié ne remonte guère ; Bon petit-fils, je n'en crois rien, Quand je pense à vous, ma grand'mère
Béranger, B. maman.
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11Fig. Revenir à un poste, à un rang d'où l'on était déchu.
- Un roi victorieuxQui vous fait remonter au rang de vos aïeux Racine, Andr. III, 8
- Il faut que sur le trône un roi soit élevé,Qui se souvienne un jour qu'au rang de ses ancêtresDieu l'a fait remonter par la main de ses prêtres Racine, Athal. I, 2
Attila parut malheureusement la même année qu'Andromaque ; la comparaison ne contribua pas à faire remonter Corneille à ce haut point de gloire où il s'était élevé
Voltaire, Comm. sur Corn. Attila.On sait assez que Conradin fut invité par ses sujets et par les Romains à remonter sur son trône
Voltaire, Pol. et lég. Prix de la just. et de l'human. 20
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Absolument. Reprendre crédit.
Celui [le curé] de Saint-Gervais, frère de l'avocat général Talon, m'écrivit dès le 5 : Vous remonterez ; sauvez-vous de l'assassinat ; avant qu'il soit huit jours, vous serez plus fort que vos ennemis
Retz, Mém. t. II, liv. III, p. 105, dans POUGENS
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Se relever moralement.
Lorsqu'enfin, dans les occasions périlleuses, il fallait animer les soldats, nous remontions cent fois plus haut que nous n'étions descendus
Montesquieu, Lett. pers. 74
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12Fig. Tirer son origine de, s'étendre jusqu'à. Cette maison remonte, la généalogie de cette maison remonte jusqu'à telle personne, jusqu'à tel temps, la descendance de cette maison est bien prouvée depuis telle personne, depuis tel temps.
En sorte que, par une suite non interrompue depuis près de dix-sept cents ans, nous la voyons [l'Église] remonter jusqu'à Jésus-Christ, dans lequel elle a recueilli la succession de l'ancien peuple, et se trouve réunie aux prophètes et aux patriarches
Bossuet, Hist. II, 13Aussi voit-on remonter jusqu'à ce temps [la fondation de Ninive], et pas plus haut, les observations que les Chaldéens, c'est-à-dire sans contestation les premiers observateurs des astres, donnèrent dans Babylone à Callisthène pour Aristote
Bossuet, ib. I, 2- Un roi longtemps victorieuxQui voit jusqu'à Cyrus remonter ses aïeux Racine, Mithr. III, 1
- Les Hébreux, dont la race en prodiges fécondeRemonte dans les temps jusqu'au berceau du monde Delille, Imag. VIII
Il [Vespasien] se moqua publiquement de ceux qui, par une fausse généalogie, voulaient faire remonter sa maison jusqu'à Hercule
Rollin, Traité des Ét. V, 1re part. § 6On vient, dit-on, de faire imprimer sa généalogie [de Pompignan], qui remonte, par une filiation non interrompue, depuis lui jusqu'à son père
D'Alembert, Lett. à Voltaire, 16 juin 1760
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13Fig. Aller vers les origines, vers les choses anciennes, vers les hommes anciens.
Quand je remonte jusqu'à la source de votre institution
Bossuet, Disc. Acad.Quelque haut qu'on puisse remonter pour rechercher dans les histoires les exemples des grandes mutations
Bossuet, Reine d'Anglet.Il est de la nécessité de mon sujet de remonter jusqu'au principe et de vous conduire pas à pas par tous les excès où le mépris de la religion ancienne et celui de l'autorité de l'Église ont été capables de pousser les hommes
Bossuet, ib.Rien n'empêche que, de toutes les sectes qu'on voit aujourd'hui, et de toutes celles qu'on verra jamais, on ne remonte jusqu'à Simon le magicien et jusqu'à ce mystère d'iniquité qui commençait du temps de saint Paul
Bossuet, Var. XI, 209- Ah ! si vous remontiez jusques à sa naissance Racine, Bérén. IV, 5
Son histoire [de la Chine].... remonte par la chronologie la plus sûre jusqu'à une éclipse observée 2155 ans avant notre ère vulgaire
Voltaire, Mœurs, 1Il faut remonter aux Pythagore et aux Anacharsis pour trouver de tels voyageurs [voyageant pour acquérir des connaissances], et ils n'avaient pas quitté un empire pour s'instruire
Voltaire, Russie, II, 8Comment retrouverons-nous la première trace de nos pensées ? n'y a-t-il pas même de la témérité à vouloir remonter jusque-là ?
Buffon, Des sens.Il s'agit ici de percer la nuit des temps, de reconnaître par l'inspection des choses actuelles l'ancienne existence des choses anéanties, et de remonter par la seule force des faits subsistants à la vérité historique des faits ensevelis
Buffon, Époq. nat. Œuv. t. XII, p. 6En remontant aux premières traces de mon être sensible, je trouve des éléments qui, semblant quelquefois incompatibles, n'ont pas laissé de s'unir pour produire avec force un effet uniforme et simple
J.-J. Rousseau, Confess. IEn quelque matière que ce soit, nous devons désespérer de remonter jamais aux premiers principes, qui sont toujours pour nous derrière un nuage
D'Alembert, Réfl. sur le goût, Œuvr. t. III, p. 416, dans POUGENS.Les philosophes remontent aux raisons des choses, donnent les règles des arts, expliquent ce qu'ils ont de plus caché, et par leurs leçons augmentent le nombre des bons juges
Condillac, Conn. hum. II, I, 15Si vous remontez de classe en classe, vous verrez que l'idée que vous vous faites d'une classe supérieure, n'est jamais qu'une partie de l'idée que vous avez d'une classe inférieure
Condillac, Gramm. I, 12En remontant aux originaux, j'ai trouvé qu'Acosta en 1530 et Herrera en 1601 l'avaient aussi bien décrite [la cochenille] que nos modernes naturalistes
Raynal, Hist. phil. VI, 18
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Remonter à la source, à l'origine, à la cause, au principe, considérer une chose dans son origine, dans son commencement.
- Examinons ce bruit, remontons à sa source Racine, Phèdre, II, 4
Remontez à la source de vos dégoûts pour Dieu, et pour tout ce qui a rapport à lui ; et voyez si....
Massillon, Carême, Prière 1On serait remonté à la source de ces libelles ; Mme de M*** se serait tirée d'affaire en me sacrifiant, et j'aurais été enfermé le reste de mes jours peut-être, pour m'apprendre à faire le Phébus avec les dames
J.-J. Rousseau, Confess. V
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14Fig. Reprendre les choses de plus loin, de plus haut.
Pour ne point remonter trop haut, fixons-nous à la renaissance des lettres
D'Alembert, Disc. prélim. encyclop. Œuv. t. I, p. 248, dans POUGENS.- Sans remonter bien loin, le roi François premierFut un généreux prince, un noble chevalier M. J. CHÉN., Charles IX, II, 1
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Familièrement, remonter au déluge, à la création, reprendre les choses de trop loin dans un récit.
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15S'étendre vers le haut.
Au delà, le plumage est blanc, et le blanc remonte jusque sous le bec
Buffon, Ois. t. VIII, p. 366
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16Se dit d'une couleur qui prend une teinte plus forte. Remonter au rouge.
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Remonter, v. n. Se conjugue avec l'auxiliaire avoir, quand on exprime une action : la rente a remonté hier ; avec l'auxiliaire être, quand on exprime un état : la rente est remontée.
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17V. a. Monter de nouveau, gravir de nouveau. Remonter un escalier. Remonter une côte.
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Remonter le cours d'un fleuve, ou, simplement, remonter un fleuve, naviguer contre son cours.
De là nous remontons le Nil jusqu'à Memphis
Fénelon, Tél. IILes Indiens allaient en Perse s'embarquer sur la mer d'Hyrcanie, remontaient le Rha qui est le Volga, allaient jusqu'à la grande Permie par la Kama, et de là pouvaient aller s'embarquer sur la mer du Nord ou sur la Baltique
Voltaire, Russie, I, 1Si Annibal a remonté l'Are en traversant les Alpes, comme le croyait M. Abauzit
SAUSSURE, Voy. Alpes, t. V, p. 87, dans POUGENSLes Espagnols... perdirent de vue l'Orénoque ; ce ne fut qu'en 1535 qu'ils entreprirent de le remonter
Raynal, Hist. phil. VII, 18
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Remonter un fleuve, une rivière, signifie aussi côtoyer un fleuve, une rivière, en allant vers leur source.
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Terme de marine. Remonter la côte, ou, simplement, remonter, naviguer vers la partie de la côte d'où viennent les vents et les courants.
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18Reporter à l'endroit d'où la personne, la chose était descendue.
- Aussitôt dans le chœur la machine emportéeEst sur le banc du chantre à grand bruit remontée Boileau, Lutr. III
- On le lie, on le remonte dans la voiture Voltaire, l'Ingénu, 9
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Élever en l'air avec des machines.
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Terme de construction. Élever un mur, un plancher plus haut qu'ils n'étaient.
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Terme de fauconnerie. Remonter l'oiseau, le lâcher du haut d'un coteau.
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19Remonter un cavalier, lui donner une nouvelle monture. Remonter une compagnie de cavalerie, donner des chevaux à une compagnie de cavalerie qui était démontée.
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Remonter une écurie, acheter de nouveaux chevaux.
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20Équiper, pourvoir, munir de nouveau des choses nécessaires. Remonter une ferme. Remonter une fabrique, une imprimerie.
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Remonter un laboureur, l'équiper de nouveau.
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Remonter un magasin de marchandises, une maison de meubles, une bibliothèque de bons livres, les en regarnir.
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Remonter la garde-robe de quelqu'un, le pourvoir des effets d'habillement.
Elle me reçut comme si j'avais rapporté des trésors, remonta peu à peu ma petite garde-robe
J.-J. Rousseau, Confess. V
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Familièrement. Remonter les finances de quelqu'un, le mettre dans un meilleur état de fortune.
Le produit de la lettre à d'Alembert et de la Nouvelle Héloïse avait un peu remonté mes finances
J.-J. Rousseau, Confess. X
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21Raccommoder, remettre à neuf. Remonter des bottes, ce qui se fait en renouvelant les pieds (empeignes et semelles), par opposition au ressemelage, qui ne change que la semelle.
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Remonter un fusil, des pistolets, y mettre un bois neuf.
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Remonter un violon, une basse, les garnir de cordes neuves.
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Fig.
- Quand l'Amour.... Vient remonter ce luth fragileQue Thémis a voulu briser BÉR., Conseils de Lise.
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22Replacer dans l'état où elles étaient auparavant les parties d'une machine, d'une pièce de menuiserie, de charpente qu'on a démontées. Remonter une armoire.
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Terme de marine. Remonter le gouvernail d'un bâtiment, le remettre en place.
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23Remonter une montre, une pendule, un tourne-broche, les remettre en état d'aller.
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On dit de même : remonter un ressort.
[Dans les monarchies héréditaires] le peuple doit regarder comme un avantage de trouver son souverain tout fait, et de n'avoir pas, pour ainsi parler, à remonter un si grand ressort
Bossuet, 5e avert. 56La monarchie avait son allure par des ressorts qu'il fallait toujours remonter
Montesquieu, Esp XXX, 4Il ne faut plus qu'un certain nombre d'années pour voir toutes les planètes tomber successivement dans le soleil ; c'est ce qui a fait dire à Newton que le monde ne subsistera qu'autant que Dieu remontera cette immense machine
Condillac, Art. de rais. III, 5
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Fig.
Si la bourgeoisie de Genève savait remonter ses principes, épurer ses goûts....
J.-J. Rousseau, Lett. à Moultou, 18 fév. 1765
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24Remonter une pièce, se dit d'un directeur de théâtre qui remet une pièce en état d'être jouée.
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25Remettre une parure dans sa monture.
Mme de Raisel avait fait remonter une parure de diamants exprès pour la porter ce jour-là
RICCOBONI, Œuv. t. II, p. 23, dans POUGENS
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26Mettre de meilleure heure, avancer.
Mme de Chaulnes.... part à la pointe du jour... vous savez comme, en allant à Bourbon, j'eus plutôt fait de m'accommoder à ses manières que d'entreprendre de les corriger ; ainsi je m'en vais remonter ma journée
Mme de Sévigné, 12 avr. 1689Coulanges me mande que nos états sont remontés au premier août
Mme de Sévigné, 1er juillet 1685
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27Ranimer, raviver. Un petit verre les a tous réjouis et remontés.
Il fallait songer que, si le voyage était difficile.... on aurait besoin souvent de ranimer son courage, et comme de remonter son premier désir
Bossuet, Ét. d'orais. I, 24
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Remonter le courage, l'imagination de quelqu'un, relever son courage, son imagination qui était abattue.
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Remonter la tête de quelqu'un, le ramener à la raison, le guérir de fausses alarmes.
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28Terme de fauconnerie. Engraisser un oiseau de proie.
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29Remonter un vin, le couper soit avec un vin plus alcoolique, soit avec de l'eau-de-vie.
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30Se remonter, v. réfl. Se donner une nouvelle monture.
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31Se fournir de nouveau de choses nécessaires.
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32Fig. Reprendre des forces.
Ceux qui gouvernent, ayant une puissance qui se remonte, pour ainsi dire, et se refait tous les jours....
Montesquieu, Esp. XIX, 27Quand même notre littérature se remonterait, je doute qu'elle puisse de longtemps produire un homme aussi rare [Voltaire], et qui réunisse tant de talents à un si haut degré
D'Alembert, Lett. au roi de Pr. 19 sept. 1779
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Se ranimer, se raviver.
Les hommes dans ces moments reprennent les forces nécessaires à leur malheureuse situation, et se remontent pour souffrir
FONT., Bonh. Œuv. t. III, p. 245, dans POUGENS
Étymologie
Re..., et monter.