Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

renvier dans le Littré

1 article· 2 citations· conjugaison

renvier v. n. (ran-vi-é)

  1. Terme de brelan. Mettre une certaine somme par-dessus la vade ou l'enjeu.

    • Fig. Renchérir, faire davantage.

      • Vous êtes allée à Marseille pour me fuir ; et moi, je m'en vais à Vitré pour le renvier sur vous Mme de Sévigné, 18 mai 1671
      • C'est là [dans les grandes fortunes] que la convoitise va tous les jours se subtilisant et renviant sur soi-même Bossuet, Sermons, Impénit. I
    • Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

Remarque

1. Il est possible que, dans l'exemple de Bossuet cité ci-dessus, se se rapporte à renviant ainsi qu'à subtilisant. Du moins dans un exemple parallèle, il dit se renvier : C'est là [à la cour] que la convoitise va tous les jours se subtilisant, et se renviant pour ainsi dire sur elle-même, Sermons, Ambition, 1. 2. Voltaire a dit : Voltaire se trompe ; renvier se trouve dans Sévigné et Bossuet, sans parler des écrivains du XVIe siècle.

Étymologie

Renvi. M. Scheler, dans ses remarques sur le passage de Jean de Condé cité plus haut, dit : " Se renvier, se reproduire, prendre la vogue (littéralement se remettre en voie, lat. re-inviare). Ce terme renvier n'est pas le même que celui qui figure, comme terme de jeu, dans nos dictionnaires, et qui est composé de envier, défier (invitare) ....le mot est absent dans les glossaires de Roquefort et de Burguy ; je le trouve dans le Glossaire montois de M. Sigart, avec le sens de réveiller. " Il n'y a aucune raison pour ne pas voir ici renvier pris figurément ; le sens en est certifié par le simple envier qu'on trouve dans les vers de Baudouin de Condé, père de Jean : Car en vie n'est nus demain ; Et puis k'il n'a demain en vie Ne eure, follement envie Son giu, qui s'afie en jovente, t. I, p. 202. Li cors iert mors de mort mortel ; Mais il a en l'autre mort tel Que ne t'ai dit ; car tant est dure, Que li morirs sans fin en dure ; Cil ki ensi meurt, mar fu vis ; Or i pense, tant com tu vis, Que du pieur ton jeu n'envies, ib. p. 213.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander