repousser v. a. (re-pou-sé)
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1Pousser de nouveau, rejeter, renvoyer. On lui avait poussé la balle, il la repoussa avec la même force.
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Absolument.
Il [un corps] est poussé sans repousser, puisque le repos n'a point de force pour résister au mouvement
Malebranche, Rech. vér. lois des mouv. part. 1
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2Éloigner.
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3Terme d'imprimerie. Marquer, imprimer à la main une lettre, un signe qui manque dans une feuille tirée. Repousser un point qui manque à la fin d'une phrase.
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4Faire reculer quelqu'un, l'écarter de soi.
- Quelquefois, pour flatter ses secrètes douleurs,Elle prend ses enfants et les baigne de pleurs ;Et soudain, renonçant à l'amour maternelle,Sa main avec horreur les repousse loin d'elle Racine, Phèdre, V, 5
Ce dieu [Charon], dont la vieillesse éternelle est toujours triste et chagrine, mais pleine de vigueur, les menace [les ombres des morts], les repousse, et admet d'abord dans sa barque le jeune Grec
Fénelon, Tél. XVIII
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Fig.
Nulle part sur cette côte immense on ne voit de ces rochers affreux dont l'aspect repousse le navigateur
Raynal, Hist. phil. XI, 11
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5Pousser en arrière.
L'amiral [vaisseau], où était la reine, conduit par la main de celui qui domine sur la profondeur de la mer et qui dompte les flots soulevés, fut repoussé aux ports de Hollande
Bossuet, Reine d'Angl.
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Pousser au loin.
Le castor... presque policé est repoussé dans le fond des déserts
Buffon, Ois. t. XV, p. 116
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Fig. Écarter de.
C'est ainsi que Dieu.... l'a repoussée doucement [Mlle de Grignan] de ce haut degré de perfection où elle aspirait
Mme de Sévigné, 25 oct. 1686
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6Il se dit d'attaquants que l'on force à reculer.
Trois fois il s'efforça de rompre ces intrépides combattants, trois fois il fut repoussé par le valeureux comte de Fontaines
Bossuet, Louis de Bourbon.Les Suédois furent repoussés, mais ne furent pas mis en déroute
Voltaire, Russie, I, 17
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On dit de même : repousser les efforts de l'ennemi. Repousser une attaque, un assaut.
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Repousser la force par la force, employer la force pour se défendre.
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Repousser quelqu'un avec perte, lui faire subir un grand échec.
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Fig. et familièrement. Il a été repoussé à la barricade, il a fait des tentatives pour obtenir quelque chose, mais a été refusé ouvertement.
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7Fig. Infliger un refus, un mauvais accueil.
La F*** a été rudement repoussé, quand il a proposé d'être à M. le Dauphin ; le roi ne peut souffrir ceux qui quittent le service
Mme de Sévigné, 415Quoique vous m'ayez souvent repoussée politiquement sur ce sujet [les jésuites], je n'ai jamais cru que vous fussiez d'un autre sentiment que moi
Mme de Sévigné, 6 oct. 1680Quand on ne peut jamais rien dire qui ne soit repoussé durement
Mme de Sévigné, 6 nov. 1680Comment faisiez-vous pour vivre, étant repoussé de tout le monde ?
BERN. DE ST-PIERRE, Chaum. ind.
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Repousser une demande, la rejeter, l'écarter.
Ni la fortune insolente, Repoussant avec fierté La prière humble et tremblante De la triste pauvreté
Voltaire, Ép. LXXVII
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8Écarter de soi quelque chose qui blesse.
- Et loin de repousser le coup qu'on vous prépare,Vous voulez vous en faire un mérite barbare Racine, Iphig. IV, 4
Faut-il repousser la fraude par la fraude ?
Fénelon, Tél. XX- Votre frère est présent, et mon honneur blesséDoit repousser les traits dont il est offensé Voltaire, Adél. du Guesclin. III, 3
La mère repoussa vivement le soupçon
J.-J. Rousseau, Confess. VIII
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Repousser une injure, s'en défendre avec force, avec vivacité.
Pour repousser une légère offense qu'il a reçue, il en fait une atroce dont il s'applaudit
Bourdaloue, Jug. dern. 2e avent, p. 345Outragés sans repousser l'outrage
D'Alembert, Éloges, Crébillon.
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Repousser la calomnie, la réfuter hautement.
Je me borne à mon devoir ; c'est celui de repousser la calomnie
Voltaire, Lett. Dorat, 1er mars 1768
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Repousser la raillerie, faire tarre le railleur, le réduire au silence.
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Écarter de soi quelque chose dont on ne veut pas.
Il repoussait leurs louanges comme des offenses
Bossuet, Louis de Bourbon.On a pour les violentes douleurs je ne sais quelle complaisance qui s'oppose aux remèdes, et repousse la consolation
Fontenelle, Bonh. Œuv. t. III, p. 353, dans POUGENS
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Repousser une tentation, une mauvaise pensée, la rejeter de son esprit.
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9Produire la répulsion, le dégoût.
Son air, son ton, ses manières me repoussèrent à tel point qu'il ne fut pas en moi de le bien recevoir
J.-J. Rousseau, Corresp. du Peyrou, t. III, p. 205, dans POUGENSAvec un extérieur peu attirant et presque fait pour repousser ceux qui n'y étaient pas aguerris, l'abbé d'Olivet portait au fond du cœur une envie d'obliger sincère et active, que plusieurs gens de lettres ont éprouvée
D'Alembert, Éloges, d'Olivet.
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10Produire de nouveaux jets, de nouvelles parties, en parlant de plantes et d'animaux. Cet arbre a repoussé de plus belles branches.
La propriété que ces insectes ont de repousser une nouvelle tête et une nouvelle queue à la place de celles que la section leur a fait perdre
Bonnet, Observ. vers, Œuv. t. I, p. 219, dans POUGENS
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11V. n. Pousser en écartant. Ce ressort repousse trop, ne repousse pas assez, il a trop de force, il n'a pas assez de force.
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Pousser en arrière, en parlant d'un fusil dont la crosse frappe rudement l'épaule quand on le tire. Ce fusil repousse.
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Terme de marine. Faire usage du repoussoir.
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12Terme de peinture, en parlant des couleurs. Le bleu a repoussé dans ce tableau, c'est-à-dire qu'avec le temps il a fini par dominer et faire disparaître les couleurs auxquelles il était mêlé.
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13Fig. Produire la répugnance, l'antipathie. Il a une figure qui repousse. Ses manières repoussent.
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14Produire de nouveaux jets.
Il parut une multitude de sauterelles qui se forma lorsque les pluies du printemps commençaient à faire croître l'herbe, et ces pluies la faisaient repousser après qu'elle avait été coupée
Saci, Bible, Amos, VII, 1Cette avenue et tout ce qui était désolé des chenilles, et qui a pris la liberté de repousser avec votre permission, est plus vert qu'au printemps dans les plus belles années
Mme de Sévigné, 383
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Il se dit dans un sens analogue des ongles, des cheveux.
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15Se repousser, v. réfl. Exercer l'un sur l'autre une action qui écarte. Les pôles de même nom d'un aimant se repoussent.
- Sans cesse s'attirant, se repoussent sans cesse Delille, Imag. V
Étymologie
Re..., et pousser.