1reste s. m. (rè-st')
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1Ce qui demeure d'un tout, d'une quantité quelconque. Le reste de la journée. Je finirai ce soir le reste de ma tâche. Les restes d'un festin.
Ils mangeront, et il y en aura de reste
Saci, Bible, Rois, IV, IV, 43Je serais bien fâchée, ma chère enfant, d'être capable de faire ce que je fais pour avoir de l'argent de reste, je craindrais l'avarice qui est ma bête
Mme de Sévigné, 567Le comble s'est abattu sur les murailles, et les murailles sur le fondement ; mais, qu'on remue ces ruines, on trouvera, dans les restes de ce bâtiment renversé, et les traces des fondations, et l'idée du premier dessin, et la marque de l'architecte
Bossuet, la VallièreJe suis très sensible à tout ce qui se passe : c'est de quoi passer un reste de vie bien triste
Mme de Maintenon, Lett. à Mme de Caylus, 25 mars 1718- J'adorerais un dieu sans force et sans vertu,Reste d'un tronc par les vents abattu ! Racine, Esth. II, 9
- Tandis que dans son sein votre bras enfoncéCherche un reste de sang que l'âge avait glacé Racine, Andr. IV, 5
Les îles Canaries pourraient bien être des restes de l'Atlantide
Voltaire, Dict. philosoph. Chang. globe.Plus de la moitié de ma vie est écoulée ; je n'ai plus que le temps qu'il faut pour en mettre à profit le reste, et pour effacer mes erreurs par mes vertus
J.-J. Rousseau, Ém. IV- Il veut que par ses mains soient offerts à la reineLes restes somptueux de la grandeur troyenne Delille, Énéide, I
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Fig.
Ses deux enfants [de Mme de la Fayette] sont hors de Paris.... tous ses restes d'amis à Fontainebleau
Mme de Sévigné, 9 juin 1680
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Laisser de reste, laisser disponible.
Le temps que la fièvre me laisse de reste est si court
Guez de Balzac, liv. I, lett. 4
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Devoir du reste, demeurer redevable.
Et quand vous m'auriez donné une fois la vie et avec elle tous les biens du monde, vous me devrez toujours beaucoup de reste, tant que vous ne m'aimerez pas
Voiture, Lett. 30Voilà justement où je vous en demande une preuve [de votre amitié] ; voilà sur quoi je vous devrai du reste, si vous voulez bien, pour l'amour de moi, avoir beaucoup soin de vous
Mme de Sévigné, à Mme de Grignan, 9 août 1671
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Il donne un sou à un pauvre, et demande son reste, se dit d'un avare.
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Fig. Il ne demande pas son reste, il s'en va sans demander son reste, il se retire promptement, sans mot dire, après avoir reçu ou craignant de recevoir quelque mauvais compliment ou traitement.
Dès que j'eus la clef des champs, je ne demandai pas mon reste
Lesage, Guzm. d'Alf. III, 1
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On dit dans le même sens : il n'a pas attendu son reste.
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Être en reste, devoir encore quelque chose sur une somme.
Il [le roi de Prusse] m'a fait payer il y a un mois ma pension de 1758 ; vous voyez qu'il n'est en reste avec personne
D'Alembert, Lett. à Voltaire, 24 févr. 1759
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Fig.
La fille d'un maréchal de Domfront ne doit pas demeurer en reste de sottises
Lesage, Turcaret, V, 9Je lui jetai les bras au cou et l'accablai de remercîments ; de son côté, il ne demeura point en reste de politesse avec moi
Lesage, Guzm. d'Alf. IV, 1Il y a de la justice dans le monde ; et, pour peu que vous soyez poli, vous trouvez à coup sûr des gens fort polis qui ne sont pas en reste avec vous
Voltaire, Mél. litt. Honnêt. litt. 14
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Voici le reste de notre écu, de nos écus, se dit familièrement quand on voit venir dans une compagnie quelqu'un d'importun.
Mme Jourdain, apercevant Dorante et Dorimène : Voici justement le reste de notre écu ! je ne vois que chagrin de tous côtés
Molière, Bourg. gent. V, 1
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2Absolument. Au plur. Ce qui reste d'un repas. Manger les restes.
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3Terme d'arithmétique. Résultat d'une soustraction, dit aussi excès ou différence.
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Il se dit aussi dans la division, quand on retranche les produits du diviseur par chaque chiffre du quotient, des dividendes partiels ou du dividende total. En 38 combien de fois 7 ? 5 fois, avec 3 pour reste.
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4Terme de marine. Lieu du reste, lieu de la dernière décharge des marchandises lorsque le voyage est fini.
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5Fig. Il se dit des choses que l'on compare à une quantité.
S'il est arrivé que la république soit demeurée ferme sous telles puissances faibles, elle était peut-être obligée de son repos aux bons et solides fondements qui avaient été posés de longue main ; ce n'était pas tant un fruit du gouvernement présent que les restes de l'heureuse conduite du passé
Guez de Balzac, De la cour, 5e disc.Le sanglier, rappelant les restes de sa vie, Vient à lui [archer], le découd, meurt vengé sur son corps
La Fontaine, Fabl. VIII, 27Ce saint [Augustin] avait une si grande capacité d'aimer, qu'après avoir aimé Dieu de tout son cœur, il trouvait encore des restes pour aimer Paulin
Mme de Sévigné, 22 juin 1690Tout devint pauvre dans sa maison et dans sa personne ; elle voyait disparaître avec une sensible joie les restes des pompes du monde
Bossuet, Anne de Gonz.Que je méprise ces philosophes qui, mesurant les conseils de Dieu à leur pensée, ne le font auteur que d'un certain ordre général, d'où le reste se développe comme il peut !
Bossuet, Mar.-Thér.Il fallait un homme qui.... sût se conserver de la créance dans tous les partis, et ménager les restes de l'autorité
Bossuet, le Tellier.- Le croirai-je, seigneur, qu'un reste de tendresseVous fasse ici chercher une triste princesse ? Racine, Andr. II, 2
- Je tremble qu'Athalie....N'achève enfin sur vous ses vengeances funestes,Et d'un respect forcé ne dépouille les restes Racine, Athal. I, 1
Et n'êtes-vous pas trop heureux que le Seigneur, toujours bon et miséricordieux, veuille bien accepter les restes languissants de vos passions et de votre vie ?
Massillon, Carême, Mot. de conv.Il s'était formé une secte d'hommes austères et rigides, qui voyait avec indignation dans l'église d'Angleterre un reste de la hiérarchie et des cérémonies de la religion romaine que la reine Élisabeth y avait conservées
Condillac, Étud. hist. II, 5- Et tu veux qu'éveillant encoreDes feux sous la cendre couverts,Mon reste d'âme s'évaporeEn accents perdus dans les airs ? Lamartine, Médit. X
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6Il se dit de ce qu'une personne conserve de sa première apparence.
On veut ménager des restes de beauté ; cette économie ruine plutôt qu'elle n'enrichit
Mme de Sévigné, 320C'était une dame d'environ trois cents années ; mais elle avait encore de beaux restes ; et on voyait bien que vers les deux cent trente à quarante elle avait été charmante
Voltaire, Princ. de Babyl. 4Une femme d'environ quarante ans, qui avait encore des restes de beauté, sans avoir jamais eu d'agréments
Duclos, Œuv. t. VIII, p. 109Mme Roger : J'étais tout de même en ma jeunesse. - Lisette : Mais vous en avez encore de beaux restes
Mme de Genlis, Théât. d'éduc. l'Intrigante, I, 1
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Ce n'est plus qu'un reste, un beau reste, se dit d'un homme ou d'une femme qui a eu de la beauté, mais qui a vieilli.
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Des restes d'hommes, des hommes vieillis ou mutilés.
Et vous.... pauvres honteux, malades, impotents, estropiés, restes d'hommes, pour parler avec saint Grégoire de Naziance
Bossuet, Mar.-Thér.- Mais que vois-je ? où vont-ils ces fils de la victoire,Ces guerriers mutilés, chargés d'ans et de gloire,Restes d'hommes, jadis l'effroi de nos rivaux ? GILB., le Jubilé.
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Un reste de lui-même, se dit d'une personne qui a perdu ce qu'elle avait de bien au physique ou au moral.
Qu'est-ce que l'homme ? ... est-ce une énigme inexplicable, ou bien n'est-ce pas plutôt, si je puis parler de la sorte, un reste de lui-même ?
Bossuet, la Vallière.Ceux qui ne succombaient pas à la maladie [la peste d'Athènes] n'en étaient presque jamais atteints une seconde fois ; faible consolation ! car ils n'offraient plus aux yeux que les restes infortunés d'eux-mêmes
Barthélemy, Anach. Introd. part. 2, sect. 3
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Un reste de cheval, un cheval à qui le temps a ôté de sa vigueur et de sa beauté, mais qui en conserve encore.
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7Ce qui reste d'une nation, d'une troupe, d'une famille.
Pour perdre et exterminer entièrement toutes les troupes d'Israël et les restes de Jérusalem
Saci, Bible, Machabées, I, III, 35On ne voit plus aucun reste ni des anciens Assyriens, ni des anciens Mèdes, ni des anciens Perses, ni des anciens Grecs, ni même des anciens Romains
Bossuet, Hist. II, 7- C'est une précieuse,Reste de ces esprits jadis si renommés,Que d'un coup de son art Molière a diffamés Boileau, Sat. X
- Que feriez-vous de plus, si des rois vos aïeuxCe jeune enfant était un reste précieux ? Racine, Athal. V, 2
- Reste impur des brigands dont j'ai purgé la terre Racine, Phèdre, IV, 2
- Il est du sang d'Hector, mais il en est le reste ;Et pour ce reste enfin, j'ai moi-même, en un jour,Sacrifié mon sang, ma haine, mon amour Racine, Andromaque, IV, 1
Napoléon, soulevant sa tête, fit tomber toute cette fougue [de Murat], en disant que c'était assez de témérités, qu'on n'avait que trop fait pour la gloire, qu'il était temps de ne plus songer qu'à sauver les restes de l'armée
Ségur, Hist. de Nap. IX, 4
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8Ce qui était encore à faire, à dire. Je n'ai pas le temps de vous en écrire davantage ; le porteur vous dira le reste.
Le chantre, s'arrêtant à cet endroit funeste, à ses yeux effrayés laisse dire le reste
Boileau, Lutr. IV- Viens m'engager ta foi, le temps fera le reste Racine, Bajaz. V, 4
- Elle règne avec lui ; l'univers sait le reste Voltaire, Oreste, II, 2
- Le monde apprit sa fin, la tombe sait le reste Delille, Pitié, III
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Et le reste, formule qui annonce qu'on abrége une énumération. un récit, une citation.
Hélas ! dirai-je, il pleut : Mon frère a-t-il tout ce qu'il veut, Bon souper, bon gîte et le reste ?
La Fontaine, Fabl. IX, 2Je ne manque point de livres qui m'auraient fourni tout ce qu'on peut dire de savant sur la tragédie et la comédie, l'étymologie de toutes deux, leur origine, leur définition, et le reste
Molière, Préc. Préf.
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Fig. Le porteur vous dira le reste, phrase dont on se sert pour se moquer d'une lettre qu'on a faite beaucoup trop longue.
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9S. m. pl. Dépouille mortelle de l'homme. Ses restes glacés. Ce tombeau contient ses restes.
Tant il est vrai que tout meurt en lui, jusqu'à ces termes funèbres par lesquels on exprimait ses malheureux restes
Bossuet, Duch. d'Orl.
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Il se dit aussi au singulier, en poésie.
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10Le reste signifie les autres, par rapport aux objets dont on parle.
Les Macédoniens aiment le monarchique, Et le reste des Grecs la liberté publique
Corneille, Cinna, II, 1- Le reste ne vaut pas l'honneur d'être nommé Corneille, ib. V, 1
Hors ceux-là [les termes primitifs], le reste des termes qu'elle [la géométrie] emploie y sont tellement éclaircis et définis, qu'on n'a pas besoin de dictionnaire pour en entendre aucun
Pascal, Esprit géom. 1Quand on voit dans l'Évangile la brebis perdue préférée par le bon pasteur à tout le reste du troupeau
Bossuet, Mar.-Thér.Il [Dieu] les épargne si peu [les princes], qu'il ne craint pas de les sacrifier à l'instruction du reste des hommes
Bossuet, Duch. d'Orl.
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11Ce que quelqu'un a refusé ou abandonné. Il n'a eu que vos restes, que votre reste.
- Et beaucoup, attrapés par un maintien modeste,Pensent prendre en plein drap, qui n'achètent qu'un reste Thomas Corneille, le Galant doublé, I, 1
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Les restes d'un rival, en parlant de rivalité d'amour, une femme qui a appartenu à un autre homme.
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Fig. C'est un reste de gibet, il a mérité d'être pendu, c'est un coquin.
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Un reste d'esclavage, un ancien esclave.
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12Terme de jeu. Faire son reste, mettre au jeu tout l'argent qu'on a encore devant soi.
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Fig. Jouer de son reste, employer ses dernières ressources, hasarder tout.
- S'attaquer aux esprits, c'est jouer de son reste HAUTEROCHE, Esp. foll. III, 2
- Ce que voyant messer Sergeste,Il voulut jouer de son reste Scarron, Virg. V
Je m'en vais d'Orléans jouer de mon reste, et me mêler de vous dire encore des nouvelles
Mme de Sévigné, 216Courage, courage, monsieur Serrefort ; vous faites bien de jouer de votre reste
Dancourt, Chev. à la mode, II, 2
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Il se dit aussi de celui qui, n'ayant plus que peu de temps à rester dans une place, en remplit négligemment les fonctions. Il joue de son reste.
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Au jeu du quinze, être de reste, perdre son enjeu.
Ils ne cavaient d'abord que trois ou quatre pistoles, comme pour badiner ; mais Caméran ayant été trois ou quatre fois de reste, il cava au plus fort, et le jeu devint sérieux ; il fut encore de reste, et il devint orageux, les cartes volèrent par la chambre
Hamilton, Gramm. 3
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13Terme de jeu de paume, de volant. Donner le reste à quelqu'un, lui pousser la balle, le volant, de telle sorte qu'il ne puisse le renvoyer. Je lui ai donné son reste.
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Fig. Familièrement. Donner son reste à quelqu'un, le battre, le corriger. Il ne fera plus le tapageur, on lui a donné son reste.
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Il signifie aussi : l'emporter en quelque chose.
Je viens de lire Bérénice ; vous m'aviez préparé à tant de tendresse, que je n'en ai pas tant trouvé ; du temps que je me mêlais d'en avoir, il me souvient que j'eusse donné là-dessus le reste à Bérénice,
Lettre de Bussy, citée dans BAYLE, Dict. art. BéréniceVous avez beau raisonner ; monsieur est frais émoulu du collége, et il vous donnera toujours votre reste
Molière, Mal. imag. II, 7C'est un homme qui a un nez au visage, et qui vous a diablement donné votre reste
GHERARDI, Théât ital. Fille savante, t. I, p. 230
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14De reste, loc. adv. Plus qu'il n'est nécessaire pour ce dont il s'agit.
- J'étais dans ce tracas embarrassé de reste HAUTEROCHE, Soup. mal apprêté, 1
- La maison à présent, comme savez de reste,Au bon monsieur Tartuffe appartient sans conteste Molière, Tart. V, 4
Deux jours de repos me donneront de la force de reste
Mme de Sévigné, 359Il faut de l'esprit de reste, pour en vouloir fourrer partout, comme tu prétends faire
Hamilton, Gramm. 3Eh oui vraiment, tu es servante, je suis valet, nous nous connaissons de reste
LAMOTTE, Matr. d'Éphèse, sc. 13- Je ne le crois pas riche. - Hé bien ! j'en ai de reste Piron, Métrom. II, 2
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On dit aussi, familièrement : que de reste. Avez-vous encore de la besogne ? Que de reste.
Vous trouverez que de reste de quoi vous en dédommager
VADÉ, Nicaise, 7
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15Au reste, du reste, loc. adv. Au surplus, d'ailleurs, cependant.
Ç'a été au reste un grand bonheur pour moi de n'avoir vu ce témoignage de son esprit qu'en un temps où j'en ai un autre de sa civilité
Voiture, Lett. 30Il [Hypéride] a beaucoup de plaisant et de comique, et est tout plein de jeux et de certaines pointes d'esprit qui frappent toujours où il vise ; au reste il assaisonne toutes ces choses d'un tour et d'une grâce inimitable
Boileau, Traité du subl. ch. XXVIII- Du reste il n'a rien fait que par votre conseil Racine, Esth. III, 1
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16Au reste, dans le sens de : parlons d'autre chose. Cette formule de transition est blâmée par Voltaire dans son Commentaire.
- N'en parlons plus ; au reste, on a vu dix vaisseauxDe nos vieux ennemis arborer les drapeaux Corneille, le Cid, II, 7
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17Terme judiciaire. Reste de droit, dernière condition juridique qu'on a en sa faveur.
Je vais maintenant vous faire, permettez-moi d'employer une expression judiciaire, reste de droit ; je vais me placer sur ce terrain d'admettre hypothétiquement comme vrais et fondés tous les griefs qui ont été articulés...
LE ROYER, Journ. offic. 2 avril 1873, p. 2301, 3e col.
Remarque
1. Le reste suivi d'un nom au pluriel se construit avec le verbe au singulier ou au pluriel, suivant l'idée : Le reste des naufragés a péri ou ont péri. 2. Reste a été des deux genres. Au commencement du XVIIe siècle, les grammairiens le disaient masculin excepté dans cette phrase qui n'est plus usitée : à toute reste.
Synonymes
AU RESTE, DU RESTE. Ces locutions sont très voisines, et, dans beaucoup de cas, elles se confondent. Dans cette phrase : Je vous ai dit ce que je pensais de cette affaire ; du reste consultez des personnes plus habiles que moi, on dira aussi bien au reste. Mais, quand le sens exige plutôt d'ailleurs que après tout, du reste est préférable à au reste : Cet homme est bizarre, emporté, du reste brave et intrépide ; mais non pas au reste.
Étymologie
Voy. RESTER ; wallon, rest ; prov. et ital. resta, pause, repos. L'allem. rast, l'angl. rest, repos, ne paraissent être pour rien dans la formation du mot roman.