restriction s. f. (rè-stri-ksion ; en vers, de quatre syllabes)
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Condition qui restreint.
Entendez toujours, s'il vous plaît, mademoiselle, les louanges que je vous donne, avec la restriction que je dois mettre, vous connaissant comme je fais
Voiture, Lett. 30Qu'ils [les protestants] n'ont aucune raison de les limiter [les promesses sur lesquelles l'Église est fondée], et qu'ils n'y apportent que des restrictions arbitraires
Bossuet, 3e avert. 33Les grands mots portent leurs restrictions dans leurs propres excès
Bossuet, Nouv. myst. 6Il est vrai que l'oracle se réservait une restriction obscure pour se pouvoir sauver en cas de besoin
Fontenelle, Oracles, II, 3Théodore de Cyrène niait sans restriction l'existence des dieux
Rollin, Hist. anc. liv. XXVI, chap. III, I, 1L'évêque de Meaux triompha [dans l'affaire du quiétisme] ; mais l'archevêque de Cambrai tira un plus beau triomphe de sa défaite : il se soumit sans restriction et sans réserve
Voltaire, Louis XIV, 38Dans l'attestation donnée pour la sortie [d'un aliéné guéri], j'avais ajouté une restriction et fait craindre une nouvelle rechute, à moins de grands ménagements pour l'éviter
PINEL, Inst. Mém. scienc. 1807, 1er sem. p. 197
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Restriction mentale, réserve qu'on fait d'une partie de ce que l'on pense pour tromper ceux à qui l'on parle.
Savez-vous bien comment il faut faire quand on ne trouve point de mots équivoques ? - Non, mon père. - Je m'en doutais bien, dit-il, cela est nouveau ; c'est la doctrine des restrictions mentales
Pascal, Prov. IXSurtout on leur avait inspiré une extrême horreur pour toutes ces restrictions mentales, et pour toutes ces fausses adresses inventées par les casuistes modernes, dans la vue de pallier le mensonge et d'éluder la vérité
Racine, Hist. Port-Royal, 2e part.
Étymologie
Prov restriccio ; esp. restriccion ; ital. restrizione ; du lat. restrictionem, de restringere, restreindre. L'ancienne langue avait restrendement, restreinture, restreinte.