retarder v. a. (re-tar-dé)
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1Remettre à un autre temps. Retarder le jugement d'un procès.
Il mande à ses agents dans la conférence, qu'il n'est pas juste que la paix de la chrétienté soit retardée davantage à sa considération
Bossuet, Louis de Bourbon.- Je puis d'une heure encor retarder mon départ Voltaire, Brutus, III, 6
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Fig.
Que n'ai-je point souffert pendant deux ordinaires que je n'ai point eu de vos lettres !... je m'accommodais mieux d'avoir été un peu retardée dans votre souvenir, que de porter l'épouvantable inquiétude que j'avais pour votre santé
Mme de Sévigné, 21 juin 1671
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Être cause qu'une chose soit remise à un autre temps.
Je ne puis différer plus longtemps à vous supplier très humblement.... de m'apprendre quel accident m'a jusques ici retardé ce bonheur [d'avoir une lettre de vous]
Voiture, Lett. 60Avec ces soins et cette imitation du christianisme, Julien, s'il eût vécu, eût apparemment retardé la ruine de sa religion
Fontenelle, Orac. II, 4
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2Rendre plus lent, empêcher d'agir immédiatement, en parlant des personnes.
- N'en parlons plus ; en vain votre amour me retarde Corneille, Héracl. IV, 1
- Mais quels soins désormais peuvent me retarder ? Racine, Phèdre, III, 5
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Il se dit des choses.
- Cruel auteur des troubles de mon âme,Que la pitié retarde un peu tes pas J.-B. Rousseau, Cantate, Circé
- D'un siége encor douteux la lenteur ordinairePeut retarder ma course et borner ma carrière Voltaire, Fanat. II, 4
La raison n'est jamais retardée dans ses progrès, que par les vices du gouvernement
Condillac, Hist. anc. III, 9La passion pour le changement corrompt la musique au delà des Alpes, et une timidité superstitieuse en retarde les progrès parmi nous
D'Alembert, Lib. de la musique, Œuv. t. III, p. 367, dans POUGENS.
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3Retarder une horloge, une montre, faire qu'elle marque une heure moins avancée.
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Faire qu'elle aille moins vite. Ma montre avance toujours ; j'ai besoin de la retarder.
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4Terme de musique. On retarde, dans un accord, une note consonnante par une note prise dans l'accord précédent.
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5V. n. Remettre à un autre temps.
Le roi dit qu'il y avait cinq ans qu'il retardait de venir à Chantilly chez le prince de Condé], parce qu'il comprenait l'excès de cet embarras
Mme de Sévigné, 26 avr. 1671
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6Aller trop lentement, en parlant d'une horloge, d'une montre. Ma montre retarde de dix minutes.
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On dit dans le même sens je retarde de cinq minutes, d'un quart d'heure.
Zoé, votre mère, entre nous, Dirait de combien je retarde, Quand vient l'heure du rendez-vous
Béranger, Passez, j. filles.
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Fig. Sa montre retarde, en parlant de quelqu'un qui est resté attaché à des idées surannées
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La lune retarde tous les jours de trois quarts d'heure, paraît tous les jours trois quarts d'heure plus tard.
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On dit dans le même sens : la marée retarde.
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La fièvre retarde, se dit d'une fièvre intermittente dont l'accès vient plus tard qu'il n'était venu le jour précédent.
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7Se retarder, v. réfl. Être retardé.
Le coadjuteur.... qui est engagé de marier sa cousine d'Harcourt.... cette affaire s'est retardée d'un jour à l'autre, et ne se fera peut-être que dans huit jours
Mme de Sévigné, 13
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8Se retarder, ralentir le pas.
- Ses chevaux tantôt vont, et tantôt se retardent Malherbe, Lexique, éd. L. Lalanne.
Étymologie
Re..., et tarder ; bourg. retadai ; wallon, restargî ; prov. et espagn. retardar ; ital. ritardare.