Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

ripaille dans le Littré

1 article· 5 citations· rimes· synonymes

ripaille s. f. (ri-pâ-ll', ll mouillées, et non ripâ-ye)

  1. Grande chère, débauche de table. Nos ripailles pendant le carnaval.

    • Je te baille [à toi, mon cheval] Pour ripaille, Plus de paille, Plus de son Victor Hugo, Ball. 12

Étymologie

Ripaille, château sur le bord du lac de Genève où Amédée duc de Savoie, qui fut depuis antipape sous le nom de Félix V, se retira et fut accusé de se livrer à la bonne chère, d'où faire ripaille : Ripaille est l'augmentatif de ripa, rive (ainsi dit " pour ce qu'il est à la rive du lac, " BONIVARD, Chr. de Genève, II, 1).

Supplément

RIPAILLE. - ÉTYM. Ajoutez : Un correspondant du Courrier de Vaugelas, 15 juin 1876, p. 10, demande, en présence des difficultés au sujet d'Amédée et du château de Ripaille, s'il ne s'agirait pas, dans la locution, de Ripailles, maison de campagne à Villeneuve-lez-Avignon, où s'établit en 1803 une société de francs-buveurs. Ce qui écarte cette conjecture, c'est que ripaille et faire ripaille se trouvent dans des textes du XVIe siècle, sans parler de maître Adam et de La Fontaine, qui, au XVIIe siècle, se sont servis de la locution. On a contesté que ripaille, au sens de bombance, dérivât du château de Ripaille. Mais ce passage de Monstrelet ne laisse pas de doute à ce sujet : « Et quant au gouvernement de sa personne, il [Amé, duc de Savoie] retint environ vingt de ses serviteurs pour luy servir ; et les autres qui se meirent prestement avecques luy, en feirent depuis pareillement, chacun selon son estat. Et se faisoient luy et ses gens servir, au lieu de racines et d'eau de fontaine, du meilleur vin et des meilleures viandes qu'on povoit rencontrer, » MONSTRELET, Chroniques, 1434 ; t. II, p. 100, Paris, 1572. C'est de la sorté qu'on a dit faire ripaille comme faire bombance.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander