1rire v. n. (ri-r')
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1Faire un certain mouvement de la bouche causé par l'impression qu'excite en nous quelque chose de gai, de plaisant.
Je vous assure qu'elle fit bien rire toute la compagnie, et que j'en ai bien ri depuis, soit qu'il y eût véritablement de quoi en rire, ou que je sois de celles qui rient de peu de chose
Scarron, Rom. com. II, 3N'avez-vous pas vu Niquedouille, qui ne saurait rire sans montrer les dents ?
CYR. DE BERG., Pédant joué, II, 2- Qu'un pape rie, en bonne foi,Je n'ose l'assurer ; mais je tiendrais un roiBien malheureux s'il n'osait rire La Fontaine, Fabl. XII, 12
Vienne l'an neuf, ballade est destinée ; Qui rit ce jour, il rit tout l'année ; Or la ballade a cela, ce dit-on, Qu'elle fait rire, ou ne vaut un bouton
La Fontaine, Poésies mêl. IXHorace : Je ne puis y songer sans de bon cœur en rire, Et vous n'en riez pas assez à mon avis. - Arnolphe : Pardonnez-moi, j'en ris tout autant que je puis
Molière, Éc. des femm. III, 4Je fus sur le point d'éclater de rire
Pascal, Prov. VIIIVous ai-je mandé que M. le président Barantin mourut à sa place du grand conseil, il y a deux jours ? sa femme, qui rit toujours, rira-t-elle de cette aventure ?
Mme de Sévigné, 525Et toi [Lamoignon].... Viens d'un regard heureux animer mon projet, Et garde-toi de rire en ce grave sujet
Boileau, Lutr. I- Mais un auteur malin qui rit et qui fait rire.... Boileau, Sat. VII
Il n'est pas ordinaire que celui qui fait rire se fasse estimer
La Bruyère, VIl faut rire avant que d'être heureux, de peur de mourir sans avoir ri
La Bruyère, IVLorsque nous voulons nous empêcher de rire, notre rire redouble à cause du contraste qui est entre la situation où nous sommes et celle où nous devrions être
Montesquieu, Goût, des beautés qui résultent d'un embarras de l'âmeOn s'est avisé de jouer à Lyon le Dépositaire ; on y a ri de tout son cœur, et il a fort réussi ; les Lyonnais apparemment ne sont point gâtés par La Chaussée ; ils vont à la comédie pour rire
Voltaire, Lett. d'Argental, 5 sept. 1772Toute joie ne fait pas rire ; les grands plaisirs sont sérieux ; les plaisirs de l'amour, de l'ambition, de l'avarice n'ont jamais fait rire personne
Voltaire, Dict. phil. Rire- L'homme est le seul animal qui pleure et qui rie Voltaire, ib.
Comme nous ne pleurons que de ce qui nous afflige, nous ne rions que de ce qui nous égaye ; les raisonneurs ont prétendu que ce rire naît de l'orgueil, qu'on se croit supérieur à celui dont on rit.... quiconque rit éprouve une joie gaie dans ce moment-là, sans avoir un autre sentiment
Voltaire, ib.L'Égyptien, en riant d'un sot rire, se retira dans son quartier
Voltaire, Pr. de Babyl. 4Ils l'appelaient tous monseigneur, et ils riaient quand il faisait des contes
Voltaire, Candide, 1Celui qui ne riait pas aux comédies de Regnard, n'avait pas le droit de rire aux comédies de Molière
Diderot, Salon de 1765, Œuv. t. XIII, p. 183, dans POUGENS- Comme il me faisait rire, il croyait m'amuser ;On ne sait pas toujours faire la différenceDes ris de la pitié d'avec ceux du plaisir LA CHAUSSÉE, Retour imprévu, II, 8
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Rire de, avec un infinitif.
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Rire aux larmes, rire si fort que les larmes coulent des yeux.
Nous avons ri aux larmes de votre Mme de la Charce et de Philis, sa fille aînée, âgée de trente-neuf ans
Mme de Sévigné, 215La belle dame est enchantée de cette réponse ; et le roi en a ri aux larmes
Mme de Maintenon, Lett. à Mme d'Haudicour, 24 déc. 1672
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Rire à gorge déployée, rire comme un fou, rire extrêmement.
Je suis assuré que, si Térence et Cicéron revenaient au monde, ils riraient à gorge déployée des ouvrages latins des Fernel, des Sannazar et des Muret
Boileau, Lett. à Brossette, XIXLorsqu'elles m'eurent reconnu, elles se mirent à rire comme deux folles, en me voyant ajusté comme je l'étais,
Lesage, Est. Gonz. 43
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Avoir le mot pour rire, dire habituellement des choses plaisantes, qui font rire.
- ...Il parle livre, il a le mot pour rire Régnier, Sat. XII
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Il n'y a pas le mot pour rire, on ne trouve pas le mot pour rire dans cet ouvrage, se dit d'un ouvrage qui a été fait pour amuser, et où il n'y a rien d'amusant, ou même d'un ouvrage sérieux où l'on cherche mal à propos l'amusement.
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Par extension.
Il n'y a pas le mot pour rire au crime
J.-J. Rousseau, Hél. II, 17
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Pincer sans rire, voy. PINCER, n° 1.
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Et de rire, se met quelquefois à la fin d'un récit, et signifie : on se mit à rire.
La duchesse de Bouillon alla demander à la Voisin un peu de poison pour faire mourir un vieux mari qu'elle avait qui la faisait mourir d'ennui, et une invention pour épouser un jeune homme qui la menait sans que personne le sût ; ce jeune homme était M. de Vendôme, qui la menait d'une main, et M. de Bouillon de l'autre ; et de rire
Mme de Sévigné, 31 janv. 1680
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Mourir de rire, être saisi d'un rire tel qu'on se pâme.
Elle en pensa mourir de rire
Hamilton, Gramm. X
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Mourir de rire, signifie aussi éprouver un vif sentiment de moquerie.
J'ai reçu une lettre de Dumesnil ; ils me font tous mourir de rire avec leurs demandes
Mme DE CHATEAUROUX, Corresp. t. II, p. 99, dans POUGENS
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Crever de rire, même sens.
Il y a trois mois que je crève de rire en me levant et en me couchant
Voltaire, Lett. Thiriot, 11 août 1760Plutarque à présent me fait crever de rire : je ne crois plus aux grands hommes
Paul-Louis Courier, Lett. à M. de Sacy, 3 oct. 1810
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Être à mourir de rire, exciter la risée, être très ridicule.
Il est à mourir de rire avec ses idées romanesques
Mme de Genlis, Théât. d'éduc. Fausses délicat. II, 11
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Se faire rire, chercher les occasions, les motifs de rire.
Celui-ci, qui ne demandait pas mieux que de se faire rire encore, recommença tout de nouveau son histoire, et y ajouta de plus, comme pour me désespérer, la mienne
Lesage, Guzm. d'Alfar. I, 6
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Se chatouiller pour se faire rire, tâcher de rire sans en avoir sujet.
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2Fig. Rire du bout des dents, du bout des lèvres, ne rire que du bout des dents, du bout des lèvres, rire jaune, se dit d'une personne qui ne rit pas de bon cœur, qui cache sous un rire forcé son déplaisir, qui rit par contrainte, grimace ou politesse.
Je te promets, marquis, qu'il fait dessein d'aller sur le théâtre rire, avec tous les autres, du portrait qu'on a fait de lui. - Parbleu ! ce sera du bout des dents qu'il rira
Molière, Impromptu, 3Je dissimulais, et, riant du bout des dents, je lui dis que je trouvais cette aventure plaisante
Lesage, Guzm. d'Alf. V, 4
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3Fig. Rire sous cape, rire dans sa barbe, éprouver une satisfaction maligne qu'on dissimule.
Au grand plaisir de mes sergents et du geôlier, qui étaient présents et qui riaient sous cape
Lesage, ib. IV, 7
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Rire intérieurement, éprouver un sentiment de joie qui ferait rire, mais que l'on ne manifeste pas.
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Rire aux anges, voy. ANGE.
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Rire à son mérite, laisser paraître sur sa figure le contentement qu'on a de son propre mérite.
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4Il n'y a pas à rire pour tout le monde, se dit en parlant d'une chose qui donne de la joie à certaines personnes, mais qui en afflige d'autres.
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On dit dans le même sens : il n'y a pas trop à rire pour vous, de quoi rire pour vous, il n'y a pas tant à rire.
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Nous n'avons pas sujet de rire, il n'y a pas là de quoi rire, se dit d'une chose qui afflige ou inquiète.
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On dit de même : n'avoir pas envie de rire.
Oui, vraiment, nous avons fort envie de rire, fort envie de rire nous avons
Molière, Bourg. gent. III, 5
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5Il se dit de l'aspect que prend la physionomie d'une personne qui rit.
Vous auriez dit qu'il sortait de la conversation la plus badine, sa bouche et ses yeux riaient encore
Marivaux, Jeux de l'am. et du haz. I, 1
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Fig.
Une certaine audace qui lui rit, qui le venge de son peu de relief et de l'inaction dans laquelle il passe la journée
Marivaux, dans DESFONTAINES
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Fig. Le cœur me rit, j'éprouve un doux contentement.
Le cœur me rit, et il me semble que je me ranime au projet d'aller partager avec vous cette retraite charmante
J.-J. Rousseau, Lett. à Vernes, 24 juin 1761
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6Fig. Avoir un aspect gracieux, qui plaît, comme est celui d'un visage riant.
La terre ne lui rit plus [à l'homme] comme auparavant
Bossuet, Hist. II, 1- Et les Alpes de loin, s'élevant dans la nue,D'un long amphithéâtre enferment ces coteaux,Où le pampre en festons rit parmi les ormeaux Voltaire, Ép. à Horace.
C'est une chose bien singulière que mon imagination ne se monte jamais plus agréablement que quand mon état est le moins agréable, et qu'au contraire elle est moins riante lorsque tout rit autour de moi
J.-J. Rousseau, Confess. IV- Quand tout rit de bonheur, d'espérance et d'amour Delille, Jard. I
Le long de cette haie, de ces sillons où rit la première verdure des blés
Chateaubriand, Mart. X- Il gonfle de ses feux les trésors dont l'automneEn riant se couronne DELAV., Paria, I, 5
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7Être favorable.
- L'occasion vous rit, et vous en userez Corneille, Pomp. II, 3
- Par ses soins tout nous rit, tout fleurit, tout succède Rotrou, Vencesl. V, 9
- La fortune vous rit, et ne rit pas toujours Rotrou, ib. II, 1
Tout riait au chevalier dans la nouvelle tendresse qui l'occupait
Hamilton, Gramm. 7Les heureux du monde à qui tout rit
Massillon, Pet. carême, Hum.
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8Rire à quelqu'un, lui sourire avec bienveillance, lui faire un accueil flatteur. Fig.
- On l'accueille, on lui rit, partout il s'insinue Molière, Mis. I, 1
Le monde est plus dangereux, lorsqu'il nous rit, que lorsqu'il nous maltraite
Massillon, Carême, Prosp. temp.Le monde, qui jusqu'ici vous a ri, vous aura bientôt oubliée
Massillon, Prof. relig. 4- Ma bienvenue au jour me rit dans tous les yeux André Chénier, la Jeune captive
La fleur nouvelle Rit aux zéphirs
QUIN., Thés. IV, 7
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9Plaire, être agréable. Cela rit à l'imagination.
Il me vient un projet d'une grande importance, Et qui me rit
COLLIN D'HARLEV., Inconst. III, 12
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10Petiller.
Casaux.... Du plaisir de sa chute a fait rire nos yeux
Malherbe, II, 6Elle voit le barbier, qui, d'une main légère, Tient un verre de vin qui rit dans la fougère (voy. FOUGÈRE, n° 2)
Boileau, Lutr. III
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11Se moquer de, plaisanter de.
Mme de Coëtquen est grosse ; voudriez-vous en rire ? riez-en
Mme de Sévigné, 370- Et je serai le seul qui ne pourrai rien dire !On sera ridicule, et je n'oserai rire ! Boileau, Sat. IX
- Le théâtre perdit son antique fureur ;La comédie apprit à rire sans aigreur Boileau, Art p. III
Le fanatisme était si puissant, et Cromwell si respecté, que personne ne rit d'un pareil discours [où Harry disait de Cromwell qui venait de mourir, qu'il serait assis à la droite de Jésus-Christ]
Voltaire, Mœurs, 181Elle rit, et avec raison, des sottises des hommes, dont je ferais bien de rire aussi, et dont je rirais comme elle, si je digérais et si je dormais mieux
D'Alembert, Lett. au roi de Pr. 3 nov. 1780
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Rire de quelqu'un, se moquer de lui.
Ceux-là me parlent de vous, et nous rions un peu de notre prochain
Mme de Sévigné, 75
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Rire au nez de quelqu'un, se moquer de quelqu'un en face.
Ragotin se mourait de dépit de ne pouvoir trouver à quereller avec un homme qui lui riait au nez, et lui faisait mille révérences
Scarron, Rom. com. II, 16Laissez passer les personnes sans leur rire au nez
Molière, Pourc. I, 5Il veut parler, elle lui éclate de rire au nez
CARMONTELLE, Prov. posth. Visite du jour de l'an, sc. 17J'aurais dû leur rire au nez pour toute réponse, je fus assez bête pour me piquer
J.-J. Rousseau, Conf. XI
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Apprêter, offrir à rire, se dit de quelqu'un qui donne sujet qu'on se moque de lui.
- Ceux de qui la conduite offre le plus à rire,Sont toujours sur autrui les premiers à médire Molière, Tart. I, 1
- N'apprêtons point à rire aux hommes,En nous disant nos vérités Molière, Amph. Prologue
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Faire rire, exciter les moqueries.
Ce mariage doit être heureux, car il donne de la joie à tout le monde, et je fais rire tous ceux à qui j'en parle
Molière, Mar. forcé, 3
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Vous me faites rire, se dit à quelqu'un qui dit ou fait des choses peu pertinentes.
Vous me faites rire ; est-ce qu'il faut être belle pour se croire charmante ?
Mme de Genlis, Théât. d'éduc. la Mère rivale, I, 1
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12Absolument. Se divertir, se réjouir.
- Mais, de retour enfin, que prétendez-vous faire. -Alors, cher Cinéas, victorieux, contents,Nous pourrons rire à l'aise, et prendre du bon temps. -Eh ! seigneur, dès ce jour, sans sortir de l'Épire,Du matin jusqu'au soir qui vous défend de rire ? Boileau, Ép. I
Rions, chantons, dit cette troupe impie ; De fleurs en fleurs, de plaisirs en plaisirs, Promenons nos désirs
Racine, Ath. II, 9On ne rit point entre les peines présentes et un anéantissement prochain
Voltaire, Lett. d'Argental, 8 mai 1773Hélas ! je ris et je n'en ai guère envie
D'Alembert, Lett. à Voltaire, 28 déc. 1776
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Rire aux dépens d'autrui, se divertir à relever les défauts, les ridicules d'autrui.
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13Badiner, ne pas parler ou ne pas agir sérieusement.
Est-ce que vous riez, ou si c'est tout de bon ? Ces paroles, quoique dites en riant, firent une vive impression dans l'esprit de Madame de Clèves ; elles lui donnèrent du remords
LA FAY., Princ. de Clèves, Œuv. compl. t. II, p. 107, dans POUGENS.Ces hommes, en apparence frivoles, qui détruisent tout en riant
Chateaubriand, Génie, I, I, 1Dès que le sang coule, on ne rit plus, on blâme
Casimir Delavigne, Éc. des vieillards, IV, 6
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Familièrement. Vous voulez rire, se dit à une personne qui fait une proposition peu convenable, ou qui dit des choses incroyables.
Ils [des laboureurs à qui on adressait des questions métaphysiques] ont cru que je voulais rire, et ont continué à labourer leurs champs sans me répondre
Voltaire, Phil. Ignor. 3
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C'est pour rire, ce n'est pas sérieusement dit ou fait.
- Si vous la blâmez, c'est pour rire ;Si vous l'aimez, c'est tout de bon PANNARD, Œuv. t. III, p. 405
Ne voyez-vous pas bien que c'est pour rire tout ce qu'ils vous disent ?
LOMÉNIE DE BRIENNE, Mém. inéd. t. II, p. 401
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Pour rire, non effectivement.
Un roi pour rire En vrais apprentis qui ne le sont pas pour rire
J.-J. Rousseau, Ém. III
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14Ne point se soucier de quelque chose, n'en tenir compte.
- Après tout cependant, riez de ma faiblesse Corneille, Médée, II, 5
- Félix, dans la prison j'ai triomphé de toi,J'ai ri de ta menace Corneille, Poly. IV, 1
Mon âme jouira de ton inquiétude, Je rirai de ta peine
Corneille, Héracl. IV, 5- Elle a cru me braver ; mais je n'en fais que rire Corneille, la Veuve, II, 6
- Cependant Athalie, un poignard à la main,Rit des faibles remparts de nos portes d'airain Racine, Ath. V, 1
Je vais écrire à M. le maréchal de Richelieu, qui ne fait que rire de toutes les choses qui sont très essentielles pour les amateurs des beaux-arts
Voltaire, Lett. d'Argental, 11 avril 1767
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15Se dit, par plaisanterie, d'une chose qui se fend, qui s'entr'ouvre. Cet habit, cette muraille rit.
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Rire comme un coffre, rire à bouche très ouverte, parce qu'un coffre qu'on ouvre semble présenter une grande bouche.
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16Se rire, v. réfl. Se divertir, se jouer.
Si quelqu'un après boire avait laissé aller une parole un peu libre, si un autre en se riant avait dit quelque chose de naïf, tout était mis aux tablettes
Malherbe, le Traité des Bienf. de Sénèque, III, 26
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17Se moquer de, ne tenir aucun compte de, mépriser. Ils se sont ri, elles se sont ri de tous ces projets.
- Le débauché se rit des sermons de son père Régnier, Sat. V
- On se rirait de vous, Alceste, tout de bon,Si l'on vous entendait parler de la façon Molière, Mis. I, 1
L'esprit d'impiété se rit de ce qu'il y a de plus sacré
Pascal, Prov. XLes sages les prévirent [les malheurs qui suivraient la réforme en Angleterre] ; mais les sages sont-ils crus en ces temps d'emportement, et ne se rit-on pas de leurs prophéties ?
Bossuet, Reine d'Anglet.- Le perfide triomphe et se rit de ma rage Racine, Andr. V, 1
Remarque
Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir. " Je ris et pleure, pour je ri et pleure " non pas que ny t, ny s soit à telle personne, mais pourtant qu'il plaist ainsi à l'oreille " RAMUS, dans LIVET, Gramm. franç. p. 212. Quoi qu'il en soit de ce dire de Ramus, l's, à la 1re personne du singulier du présent de l'indicatif, est, partout où elle n'est pas radicale, une faute que l'ancienne langue ne commettait pas, mais que la moderne s'est appropriée.
Proverbes
C'est le vieux jeu, on n'en rit plus
, se dit d'une plaisanterie usée. Plus on est de fous, plus on rit.
Rira bien qui rira le dernier
, se dit en parlant de quelqu'un qui se flatte du succès en une affaire où l'on compte l'emporter sur lui. Tel qui rit vendredi dimanche pleurera
(RAC. Plaid. I, 1), souvent la tristesse succède en peu de temps à la joie. Marchand qui perd ne peut rire.
Étymologie
Provenç. rire, rir ; catal. riurer ; espagn. reir ; portug. rir ; ital. ridere ; du lat. ridere. Notre verbe rire suppose une forme vulgaire ridĕre au lieu de ridēre.