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roidir dans le Littré

1 article· 17 citations· rimes· synonymes· conjugaison

roidir ou raidir v. a. (roi-dir ou rè-dir. La prononciation rè-dir est aujourd'hui la plus usitée de beaucoup)

  1. 1Tendre ou étendre avec force. Roidissez le bras.

    • Terme de charpenterie. Raidir un étai, l'amener à une pression propre à soutenir un mur.

  2. 2Rendre roide, incapable de mouvement.

    • Lorsque la vieillesse me courbera le dos et me raidira les jarrets Marmontel, Mém. II
    • Leurs habits mouillés [dans la retraite de Moscou] se gèlent sur eux ; cette enveloppe de glace saisit leurs corps et raidit tous leurs membres Ségur, Hist. de Nap. IX, 11
  3. 3Fig. Rendre ferme, roide.

    • Ce fut [l'intérêt de Mme de Maintenon et d'Harcourt] ce qui les roidit à soutenir Mme des Ursins Saint-Simon, 122, 99
    • Il [Colomb] avait, comme tous ceux qui forment des projets extraordinaires, cet enthousiasme qui les roidit contre les jugements de l'ignorance Raynal, Hist. phil. VI, 3
  4. 4V. n. Devenir roide. Le linge mouillé roidit par la gelée.

    • Fig.

      • Gauche, mal à l'aise, souffrant dès 89 sous les risées de la Constituante, il [Robespierre] avait raidi de haine, et s'était comme dressé sous l'applaudissement du peuple MICHELET, Hist. Révol. IX, 4
  5. 5Se roidir, v. réfl. Devenir roide. Le linge mouillé se roidit par la gelée.

    • Ses bras se roidissent, la pâleur de la mort couvre son front Mme de Genlis, Ad. et Th. t. II, p. 50, dans POUGENS
    • Se tenir roide.

    • Se dit d'un cheval qui, par fantaisie, refuse d'avancer.

  6. 6Fig. Tenir ferme, ne vouloir point se relâcher.

    • L'âme doit se roidir plus elle est menacée Corneille, Méd. I, 5
    • Il faut avouer que la religion a quelque chose d'étonnant ; c'est parce que vous y êtes né, dira-t-on ; tant s'en faut, je me roidis contre par cette raison-là même, de peur que cette prévention ne me suborne Pascal, Pensées, Religion, 18, édit. FAUGÈRE.
    • Mais, ma chère bonne, il y a des extrémités où l'on romprait tout, si l'on voulait se raidir contre la nécessité Mme de Sévigné, 15 nov. 1684
    • Je viens.... vous faire admirer un homme qui ne se détourna jamais de ses devoirs ; qui, pour maintenir la raison, se roidit contre la coutume Fléchier, Duc de Montaus.
    • S'il survient un grand événement, il [le diplomate] se roidit ou il se relâche selon qu'il lui est utile ou préjudiciable La Bruyère, X.
    • Il faut.... que nous nous roidissions sans relâche contre nous-mêmes Massillon, Carême, Tiéd. 2
    • Le roi s'était roidi à n'excepter aucun de ceux qui entraient dans le service, de passer une année dans une de ses deux compagnies de mousquetaires Saint-Simon, I, 12
    • Le cardinal Mazarin, qui ne se raidissait pas contre les difficultés comme Richelieu Voltaire, Hist. parl. LV

Étymologie

Roide ; Berry, redzir.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander