rosée s. f. (rô-zée)
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1Couche d'humidité qui, sous forme de gouttelettes liquides, se dépose à la surface des corps pendant la nuit, quand le ciel est serein ; cet effet est dû au refroidissement produit par le rayonnement.
- Telle tous les matins l'auroreSur le sein émaillé de FloreVerse la rosée et le jour Corneille, Tois. d'or, II, 4
Un jour Qu'il [le lapin] était allé faire à l'Aurore sa cour Parmi le thym et la rosée
La Fontaine, Fabl. VII, 16- Élie aux éléments parlant en souverain,Les cieux par lui fermés et devenus d'airain,Et la terre trois ans sans pluie et sans rosée Racine, Ath. I, 1
De sang montagne arrosée, Séjour de trouble et d'effroi, Gelboé, que la rosée Ne tombe jamais sur toi !
LEFRANC DE POMP., Cantiques sacrés.Puisque les rosées rendent les plantes si susceptibles de la gelée du printemps
Buffon, Exp. sur les végét. 4e mém.- Jusqu'à l'heure où l'aurore humide de rosée.... Delille, Imag. IV
Tu marches, et, des plis de ta robe flottante Secouant la rosée et versant les couleurs, Tes mains sèment les fruits, la verdure et les fleurs
Delille, Homme des champs, IV
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Fig.
Ma générosité, qui répand la rosée de ses faveurs sur les grands comme sur les petits
Voltaire, Charles XII, 6Il [le souverain] trouva en une heure par leur moyen [des financiers] ce qu'il n'aurait pas eu en six mois par les voies ordinaires : il vit que ces gros nuages, enflés de la rosée de la terre, lui rendaient en pluie ce qu'ils en recevaient
Voltaire, Babouc.
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2Fig. et familièrement. Tendre comme la rosée, comme rosée, se dit d'une substance alimentaire fort tendre. Cette viande, cette salade est tendre comme rosée.
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Elliptiquement, dans le même sens. C'est de la rosée.
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3Il se dit d'autres goutelettes que la rosée.
Ses yeux s'allumèrent et se couvrirent d'une légère rosée, à travers laquelle on entrevoyait des traits de flamme
Voltaire, Jenni, I
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Terme de vétérinaire. Gouttelettes de sang qui sortent de la sole du cheval, lorsqu'on pare le pied trop près du vif. Le pied a été paré jusqu'à la rosée.
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4Rosée mielleuse, voy. MIELLAT.
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5Terme d'alchimie. Rosée des philosophes, l'ouvrage de la pierre des sages, lorsqu'on y travaille.
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6Rosée-du-soleil, voy. ROSSOLIS.
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7Poire de rosée, variété de poire fondante et précoce ; elle est ronde et de couleur verte.
Étymologie
Provenç. rosada, rozada ; catal. rosada ; ital. rugiada. C'est le participe passé féminin d'un verbe espagnol rociar ; catal. ruxar, arroser ; lequel verbe, d'après Diez, dérive du latin roscidus, plein de rosée, par la syncope du d, comme l'espagnol limpiar de limpidus. Roscidus vient de ros, qui est pour vros (comparez le grec ἔρση, ἐϝέρση), sanscr. varsha, pluie.