réserver v. a. (ré-zèr-vé)
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1Retenir quelque chose d'un tout, ou un objet entre plusieurs. Réserver une part du butin.
- Quand vous fîtes périr Maurice et sa famille,Il vous en plut, seigneur, réserver une fille Corneille, Héracl. I, 1
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2Garder pour un autre temps, pour un autre usage, pour une autre occasion, pour un autre traitement.
Vous pouviez réserver cet avis à un autre temps, sans interrompre ce que j'ai à vous dire des maximes....
Pascal, Prov. VI- Et ma jeunesse même écarte loin de moiTous ceux qui dans le cœur me réservent leur foi Racine, Brit. I, 4
- À quels mortels regrets ma vie est réservée ! Racine, Phèd. V, 6
Lui [Épernon] qui empêcha que l'on ne tuât Ravaillac à l'instant qu'on le reconnut tenant son couteau sanglant, et qui voulait qu'on le réservât à la question et au supplice
Voltaire, Henriade, Sur la mort de Henri IV- À qui réserve-t-on ces apprêts meurtriers ? Casimir Delavigne, Messénienn. V
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Il se construit avec à et un infinitif.
Ayant vu notre contenance déterminée, ils [les voleurs] s'arrêtèrent et réservèrent à prendre mieux leur avantage
Regnard, Voyage de Pologne.Les princesses lui apprirent en peu de paroles la violence qu'on leur avait faite, réservant à dire le reste avec un plus grand loisir
Mlle DE LA FORCE, Reine de Nav. 1re part. p. 69
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Au passif et impersonnellement.
Socrate vit et déplora les malheurs de sa patrie ; c'est à Thrasybule qu'il était réservé de les finir
J.-J. Rousseau, Disc. vertu des héros.
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Au barreau, l'avocat a prié les juges de lui réserver la réplique, il leur a demandé le droit de répliquer quand il en sera temps.
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Se réserver la réplique, déclarer qu'on veut répliquer.
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3Destiner à.
- Pour mériter les biens qui vous sont réservés Corneille, Nicom. I, 2
Quelle sera donc enfin la punition que je lui réserve ?
Saci, Bible, Jérémie, V, 31- Prince, l'heure fatale est enfin arrivée,Qu'à votre liberté le ciel a réservée Racine, Baj. II, 1
Les dieux, qui se jouent des desseins des hommes, nous réservaient à d'autres dangers
Fénelon, Tél. I
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4Se réserver, réserver pour soi, garder pour soi.
Il ne se peut pas dire qu'ils [les égoïstes] aient de mauvais desseins contre l'État, et qu'ils en désirent la ruine ; ils se réservent seulement leurs premières et leurs plus tendres affections
Guez de Balzac, De la cour, 4e disc.C'est par son désintéressement que M. de Lamoignon se réserva cette liberté d'esprit si nécessaire dans la place qu'il occupait
Fléchier, Lamoignon.Dans leurs prospérités [de ses amis], il estima leur modération, et se réserva le droit de les avertir de leur orgueil
Fléchier, Duc de Mont.[à Rome] les rois se réservèrent le jugement des affaires criminelles, et les consuls leur succédèrent en cela
Montesquieu, Esp. XI, 18
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Se réserver à faire quelque chose, ou de faire quelque chose, attendre, remettre à faire cette chose pour un temps, une occasion, un lieu qu'on jugera favorable.
Je me réserve à vous dire le reste quand vous serez de retour d'Italie
Guez de Balzac, liv. I, lett. 8- Il se réserve de payer plus ou moins PATRU, Plaidoyer III, dans RICHELET
Je me réserve à vous faire un second discours où j'aurai une raison nécessaire de vous parler de la France et de ce grand conquérant [Louis XIV] qui....
Bossuet, Hist. III, 7Dieu, qui l'accorde [la paix] quand il lui plaît et comme il lui plaît, se réservait à la donner par l'entremise de notre princesse
Fléchier, Mar.-Thér.
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5Se réserver, v. réfl. Faire la réserve de soi-même.
- Quoi ! c'est donc pour mon fils que vous vous réservez ! LAMOTTE, Inez, III, 3
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6Se ménager pour un autre temps, pour une autre occasion. Il se réserve pour de plus grandes choses. Je ne danserai point de contredanse, je me réserve pour la valse. Je me réserve pour le rôti, pour le dessert.
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Absolument. Se réserver, se tenir à l'écart, afin de reparaître à son avantage.
- Cachez-leur pour un temps vos noms et votre vie ;Allez, réservez-vous.... Racine, Mithr. V, 5
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Étymologie
Provenç. et espagn. reservar ; ital. riservare ; du lat. reservare, de re, et servare, garder.