Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

sabbat dans le Littré

1 article· 19 citations· rimes· synonymes

sabbat s. m. (sa-ba ; le t se lie, du moins quand il signifie bruit, tapage : un sa-ba-t affreux)

  1. 1Nom donné chez les Juifs au repos religieux.

    • Recueillez pendant les six jours la manne ; car le septième jour c'est le sabbat du Seigneur Saci, Bible, Exode, XVI, 26
    • Prescription d'observer le repos religieux.

      • Le sabbat a été fait pour l'homme, et non pas l'homme pour le sabbat Saci, Bible, Évang. St Marc, II, 27
      • Le sabbat fut ordonné aux Juifs ; mais ce fut une stupidité à cette nation de ne point se défendre, lorsque ses ennemis choisirent ce jour pour l'attaquer Montesquieu, Esp. XXVI, 7
    • Jour du sabbat, ou, simplementi, le sabbat, le septième jour de la semaine, c'est-à-dire le samedi, auquel il était commandé de garder le repos.

      • Nous n'achèterons point aussi aux jours du sabbat ni dans les autres jours consacrés ce que les nations nous pourront apporter à vendre, ni rien de ce qui peut servir à l'usage de la vie Saci, Bible, Esdras, II, X, 31
      • Il [Jésus] leur dit ensuite : Qui est celui d'entre vous qui, voyant son âne ou son bœuf tombé dans un puits, ne l'en retire pas aussitôt le jour même du sabbat ? Saci, ib. Évang. St Luc, XIV, 5
    • Chemin du sabbat, distance à laquelle il est permis aux Juifs de s'éloigner de leurs demeures le jour du sabbat.

  2. 2Assemblée nocturne des sorciers ; dérivation injurieuse du sens de sabbat, à cause de l'opinion populaire qui, condamnant les Juifs, assimila leur fête à une réunion de sorciers.

    • Un balai pour brûler en allant au sabbat Régnier, Sat. X
    • Je gage que cet innocent [en me montrant Blanc-Ménil] croit avoir été au sabbat, parce qu'il s'est trouvé ici à onze heures du soir Retz, Mém t. I, liv. II, p. 207, dans POUGENS
    • Au bruit d'une aigre trompette Le sabbat a commencé Béranger, Lutins.
    • On tremble à chaque pas de réveiller dans l'ombreUn démon, ivre encor du banquet des sabbats Victor Hugo, Ball. 8
    • Le nom lui-même de sabbat provient de la confusion qui s'est opérée entre le culte du diable et la célébration d'un culte non catholique ; aussi l'Église met-elle sur le même rang le juif, l'excommunié, l'hérétique et le sorcier RÉVILLE, Rev. des Deux-Mondes, 1er janv. 1870, p. 117
    • Fig.

      • Lisette : Cette assemblée aura assez l'air d'un petit sabbat, à ce qu'il me semble - L'intendant : Hé ! sabbat, tant qu'il vous plaira Dancourt, la Désolation des joueuses, sc. 12
  3. 3Familièrement. Grand bruit avec désordre.

  4. 4Fig. et populairement. Gronderie, criaillerie.

    • Vous pouvez penser si j'ai fait un beau sabbat à la poste [qui avait mal fait son service] Mme de Sévigné, 21 juin 1671
    • Il est toujours vrai que c'étaient des sabbats d'enfer du vivant de son mari TH. LECLERCQ, Prov. t. II, p. 207, dans POUGENS

Étymologie

Bourg. saibay ; prov. sabbat, sabat, sapte, sabde ; espagn. sabado ; port. sabbado ; ital. sabato ; du lat. sabbatum, qui vient de l'hébreu schabat, se reposer. On a voulu trouver l'étymologie du sabbat, réunion de sorciers, dans les sabazies ; mais la forme ne le permet pas ; d'ailleurs comment, au moyen âge, aurait-on connu les sabazies ?

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander