sanglier s. m. (san-gli-é ; l'r ne se lie jamais ; au pluriel, l's se lie : des san-gli-é-z énormes ; dans l'ancienne poésie, il était disyllabique, et l'est resté jusque dans le XVIIe siècle ; on prononçait sanglé ou plus probablement sanlié comme on fait encore en Berry ; aujourd'hui sanglier est toujours de trois syllabes)
-
1Porc sauvage.
Cependant un sanglier, monstre énorme et superbe, Tente encor notre archer....
La Fontaine, Fabl. VIII, 27Où pourrai-je éviter ce sanglier redoutable ?
Molière, Princ. d'Él. I, 2Le sanglier monstrueux s'élance contre lui, semblable aux pesantes machines qui ébranlent les murailles des plus fortes villes
Fénelon, Tél. XXIII- Percez le sanglier, qui court avant l'aurore ST-LAMB., Sais. III
-
Fig. et familièrement. Un homme rude, brutal.
Desmarets était un sanglier tellement enfoncé dans sa bauge, qu'il ignorait presque tout ce qui se passait hors de sa sphère
Saint-Simon, 317, 137
-
Le sanglier des Ardennes, nom donné dans le XVe siècle à un rude seigneur, Guillaume de la Marck.
-
Les petits sangliers se nomment marcassins ; à six ans on les appelle grands sangliers ; et à sept ans, grands vieux sangliers.
-
2Chair de cet animal préparée pour la nourriture de l'homme. Manger du sanglier.
-
3Sanglier d'Amérique, pécari.
-
4Poisson de mer dont le museau a de la ressemblance avec celui d'un cochon.
Proverbes
Au cerf la bière, au sanglier le barbier
, les blessures que font les défenses du sanglier sont moins dangereuses que celles des andouillers du cerf. Assaut de lévrier, fuite de loup, et défense de sanglier
.
Étymologie
Wallon, singlé ou poursai-singlé ; bourguig. singlai ; Berry, sanllier ; provenç. singlar ; ital. cinghiale ; du bas-lat. singularius, qui vient du latin singularis (voy. SINGULIER), porcus singularis, à cause que le mâle adulte vit seul.