Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

sceptre dans le Littré

1 article· 18 citations· rimes· synonymes

sceptre s. m. (sèp-tr')

  1. 1Bâton de commandement qui était un des signes de l'autorité royale. Dans Homère, les rois portent le sceptre.

    • Particulièrement, bâton court surmonté d'un aigle, d'une fleur, d'une boule ou autre ornement que les consuls et les empereurs romains, les empereurs grecs et les souverains de l'Europe portèrent de la main droite comme symbole de l'autorité suprême.

    • Fig.

      • Que cette couronne d'épines vous est convenable [Jésus-Christ] ! que ce sceptre fragile est bien dans vos mains ! Bossuet, Sermons, 2, Profession.
    • Fig. Depuis le sceptre jusqu'à la houlette, depuis les fonctions des rois jusqu'à celles des bergers.

  2. 2Fig. Le pouvoir souverain, l'autorité monarchique.

    • Elle [la justice] seule fait l'ordre ; et les sceptres des rois N'ont que des pompes inutiles, S'ils ne sont appuyés de la force des lois Malherbe, VI, 16
    • À l'épreuve d'un sceptre, il n'est point d'amitié Corneille, Héracl. I, 3
    • Venant prendre possession du sceptre de la Grande-Bretagne Bossuet, Reine d'Anglet.
    • La vanité des choses humaines ne se montre que trop d'elle-même sans le secours de ma voix, dans ce sceptre sitôt tombé d'une si royale main et dans une si haute majesté si promptement dissipée Bossuet, Mar.-Thér.
    • Il n'y a que le mot de sceptre que l'usage de notre langue nous pourrait faire prendre pour la seule royauté ; au lieu que, dans la langue sainte, il signifie en général, la puissance, l'autorité, la magistrature ; cet usage du mot sceptre se trouve à toutes les pages de l'Écriture Bossuet, Hist. II, 2
    • Laissaient leur sceptre aux mains ou d'un maire ou d'un comte Boileau, Lutr. II
    • Fig. Le sceptre et l'encensoir, l'autorité monarchique et l'autorité sacerdotale.

      • Le sacerdoce était réuni dans leur personne avec le sceptre ; les monuments des nations les plus anciennes le prouvent CONDILL., Hist. anc. I, 8
    • Un sceptre de fer, une autorité dure et despotique.

      • Qu'aux larmes, au travail le peuple est condamné, Et d'un sceptre de fer veut être gouverné Racine, Athal. IV, 3
      • Alors Taycosama [au Japon] leva un sceptre de fer, et frappa sur les chrétiens, comme ennemis de l'État Raynal, Hist. phil. II, 7
    • Fig.

      • Depuis qu'il [Boileau] avait quitté ce sceptre du Parnasse, qui avait été longtemps un sceptre de fer entre ses mains, mais nécessaire au maintien du bon goût D'Alembert, Éloges, St-Aulaire.
  3. 3Fig. Supériorité, prééminence.

  4. 4Réunion d'étoiles qui font partie de la constellation le Sceptre et la Main de justice, dite aussi le Lézard, située entre Pégase et Céphée.

Étymologie

Lat. sceptrum, du grec σϰῆπτρον, bâton, sceptre, le même que σϰήπων, bâton, lat. scipio, σϰήπτειν, s'appuyer, lat. scapus, tronc, all. Schaft, fût ; rac. sanscr. scambh.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander