scrupule s. m. (skru-pu-l')
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1Petit poids de vingt-quatre grains (proprement, petite pierre, prise primitivement pour peser).
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Chez les Romains, la 24e partie d'un tout.
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2Terme d'astronomie. Une très petite partie de la minute.
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3Fig. Ce qui embarrasse la conscience, comme une pierre embarrasse celui qui chemine.
- Pensez-vous que j'ignore, ou que je dissimule,Que vous n'auriez pas eu pour moi plus de scrupule ? Corneille, Pomp. III, 2
Jamais femme n'a eu plus de mépris pour les scrupules et pour les devoirs : Mme de Chevreuse ne connaissait que celui de plaire à son amant
Retz, Mém. t. I, liv. II, p. 301, dans POUGENSLa plupart des hommes ne font les grands maux que par les scrupules qu'ils ont des moindres
Retz, ib. liv. III, t. II, p. 310La reine dit à Senneterre à propos de rien : Le coadjuteur n'est pas si hardi que je le croyais ; et le maréchal du Plessis me dit dans le même moment, à propos de rien aussi, que le scrupule était indigne d'un grand homme
Retz, ib. t. II, liv. III, p. 384- Vos scrupules font voir trop de délicatesse La Fontaine, Fabl. VII, 1
- Je puis vous dissiper ces craintes ridicules,Madame, et je sais l'art de lever les scrupules Molière, Tart. IV, 5
Après avoir montré, dans toutes nos conversations précédentes, comment on a soulagé les scrupules qui troublaient les consciences, en faisant voir que ce qu'on croyait mauvais ne l'est pas
Pascal, Prov. X- Bon ! c'est bien à la cour que l'on a du scrupule ?On cherche à s'avancer.... BOURSAULT, Ésope à la cour, IV, 2
Vous ne devez pas être en scrupule pour avoir touché les reliques
Bossuet, Lett. abb. 9- Et ne me pique point du scrupule insenséDe bénir mon trépas quand ils l'ont prononcé Racine, Bajaz. I, 1
- La probité, d'accord, doit marcher la première ;Notre intérêt après, les scrupules derrière DUFRESNY, Réconcil. norm. I, 11
Parmi tant de personnes qui font tous les jours des choix [d'état] téméraires, vous n'en voyez pas une seule qui s'avise même d'entrer en scrupule là-dessus
Massillon, Car. Vocat. 2e part.- Et Tanguy du Châtel, quand tu fus offensé,T'a servi sans scrupule et n'a pas balancé Voltaire, Adélaïde, IV, 5
Il [l'abbé Abeille] pensait, et avec très grande raison, que la scène peut être une école de vertu, et qu'à ce titre jamais un citoyen honnête ne doit avoir de scrupule d'y consacrer ses talents
D'Alembert, Éloges. G. Abeille.Je découvre que vous avez beaucoup plus de faiblesse que de scrupules
Mme de Genlis, Théât. d'éduc. Dangers du monde, II, 3Les scrupules de la délicatesse ne pouvaient alarmer un homme qui en avait triomphé si souvent
Mme de Genlis, Vœux téméraires, t. I, p. 150, dans POUGENSScrupule est un terme métaphorique que la langue religieuse doit aux Romains
HAVET, Rev. contemp. 15 août 1869, p. 407
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Faire un scrupule de quelque chose à quelqu'un, lui en donner du scrupule. Je lui ai fait un scrupule de son oisiveté.
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Faire scrupule de quelque chose, ne pas vouloir le faire par scrupule de conscience.
- Oh ! oh ! dit-il, je me reprocheLe sang de cette gent : voilà ses gardiensS'en repaissant eux et leurs chiens ;Et moi, loup, j'en ferai scrupule ! La Fontaine, Fabl. X, 6
Il y a tant de faux justes qui évitent avec soin les excès visibles auxquels le monde attache de la honte, mais qui ne font aucun scrupule des démarches et des recherches que le monde autorise
Massillon, Conf. Ambition des clercs, 3e réfl.
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Faire scrupule de quelque chose, signifie aussi ne pas vouloir faire quelque chose par délicatesse de procédé.
Ne faites donc point scrupule de m'obliger, et vous obligerez un homme très reconnaissant
Guez de Balzac, liv. VII, lettr. 41Je n'ai point fait de scrupule d'enrichir notre langue du pillage que j'ai pu faire chez lui [Lucain]
Corneille, Pomp. Examen.Il [mon fils] me conte toutes ses folies ; je le gronde, et je fais scrupule de les écouter ; et pourtant je les écoute
Mme de Sévigné, 42Je trouve que l'on ne fait pas grand scrupule de peser sur vous
Mme de Sévigné, 599
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On dit dans le même sens : se faire scrupule, un scrupule de quelque chose.
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Avoir scrupule, faire scrupule, hésiter à.
Le scrupule que j'ai toujours fait d'avoir des choses qui ne sont pas nécessaires, quand on n'a pas les nécessaires
Mme de Sévigné, 13 juin 1685Si l'on avait le scrupule de ne vouloir point rire quand on ne le doit point, le plus sûr serait d'être toujours en inquiétude
Mme de Sévigné, 13 sept. 1677Je me porte parfaitement bien ; je fais toujours quelque scrupule d'attaquer cette perfection par une médecine
Mme de Sévigné, 27 sept. 1684
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4Grande exactitude à observer la règle, à remplir ses devoirs. Il est exact jusqu'au scrupule.
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5Grande sévérité d'un auteur, d'un artiste, dans la correction ou la composition d'un ouvrage. Il revoit ses ouvrages avec beaucoup de scrupule.
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6Reste de difficulté, de doute, de crainte.
J'ai seulement à vous proposer un petit scrupule
Guez de Balzac, liv. V, lett. 18Il m'est venu depuis un moment de petits scrupules sur le mariage
Molière, Mar. forcé, I, 5
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Il se dit, en un sens analogue, des doutes que l'on conçoit sur le style, sur la composition d'un ouvrage.
Ces beautés étaient de mise en ce temps-là.... mais je ferais scrupule d'en étaler de pareilles à l'avenir sur notre théâtre
Corneille, Cid, Examen.Lorsque, dans la fougue et dans la chaleur de la composition, ils seraient travaillés de quelqu'un de ces importuns et fâcheux scrupules sur la langue....
PELLISSON, Hist. de l'Acad. III
Étymologie
Provenç. scrupuli, scrupel ; catal. escrupol ; espagn. escrupulo ; ital. scrupolo ; du lat. scrupulus, scrupulum, 24e partie de l'once, au propre, petite pierre (de scrupus, rocher), et, figurément, embarras, difficulté. On a employé le verbe scrupuler, examiner avec scrupule.