sens dessus dessous et sens devant derrière loc. adv. (san-de-su-de-sou et san-de-van-dè-riè-r')
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1Sens dessus dessous, dans une situation telle que ce qui devrait être dessus se trouve dessous. Cette boîte est sens dessus dessous.
Nos bombes tombaient à tous moments sur ces demi-lunes, et semblaient les renverser sens dessus dessous
Racine, Lett. XVIII à Boil.
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Fig. et particulièrement. En parlant de ce qui est dans un grand désordre et tout bouleversé.
- Je crois qu'à mon avis tout le monde radote,Qu'il a la tête vide et sens dessus dessous Régnier, Sat. XI
Vous devriez.... Ne point aller chercher ce qu'on fait dans la lune, Et vous mêler un peu de ce qu'on fait chez vous, Où nous voyons aller tout sens dessus dessous
Molière, F. sav. II, 7Cette religieuse qui met tout son diocèse sens dessus dessous
Mme de Sévigné, 74Je logerai à Époisse, parce que Bourbilly est sens dessus dessous
Mme de Sévigné, 30 juill. 1677
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Mettre quelqu'un sens dessus dessous, lui causer un trouble violent, une vive émotion.
- Cet enfant m'avait mis tout sens dessus dessous Thomas Corneille, le Geôlier de soi-même, V, 7
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2Sens devant derrière, loc. adv. Dans une situation telle que ce qui devrait être devant se trouve derrière. Sa perruque est sens devant derrière.
Étymologie
Vaugelas écrivait sans dessus dessous, sans devant derrière, comme qui dirait sans dessus ni dessous ; Mme de Sévigné suivait cette orthographe, qui avait des précédents dans le XVIe siècle. Chapelain et Ménage écrivaient sens dessus dessous, conformément à l'avis de Pasquier, et cette orthographe a prévalu ; sens est supposé avoir ici la signification de direction, de côté, comme qui dirait : le sens qui devait être dessus est dessous. Mais on comprend tout d'abord combien une pareille locution serait forcée ; au reste, toutes ces hypothèses tombent devant l'historique ; la locution est simple et correcte : c'est ce dessus dessous c'est-à-dire ce qui est dessus mis dessous. Au XVe siècle, on a dit c'en dessus dessous : ce qui est en dessus mis en dessous. Enfin, au XVIe siècle, l'intelligence de la locution se perdant, on ne sait plus l'écrire ; la prononciation se conserve par la tradition et reste la même ; mais l'orthographe se corrompt. La vraie locution est donc c'en devant derrière, c'en dessus dessous ; ce qui a exactement le même son que sens dessus dessous. H. Estienne avait bien vu ce que c'était que cette locution. Il appartiendrait à l'Académie, que les imprimeries suivent, de rectifier une aussi vicieuse orthographe, d'autant plus qu'il n'y a rien à changer à la prononciation.