sergent s. m. (sèr-jan)
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1Serviteur, en vieux langage (ce qui est le sens propre).
L'aumônier d'un roi de France prit possession de la patrie d'Annibal en ces mots : Je vous dis le ban de notre Seigneur Jésus-Christ, et de Louis, roi de France, son sergent
Chateaubriand, Itin. part. 7
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2Anciennement, officier de justice chargé des poursuites judiciaires ; on dit aujourd'hui huissier.
- Avec d'honnêtes gens autrement on en use ;Envoyer un sergent ! HAUTEROCHE, Souper mal apprêté, sc. 20
- Et j'ai toujours été nourri par feu mon pèreDans la crainte de Dieu, monsieur, et des sergents Racine, Plaid. II, 3
- Oui, vous êtes sergent, monsieur, et très sergent Racine, ib. II, 4
Il n'y avait [sous Louis XII] dans le bailliage de Paris que quarante-neuf sergents ; et à présent il y en a plus de cinq cents
Voltaire, Mœurs, 114
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Sergents à verge, ceux qui avaient le droit d'être jurés priseurs et vendeurs de biens.
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Sergents à cheval, ceux qui allaient exploiter à la campagne.
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Sergents royaux, ceux qui appartenaient à une juridiction royale.
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Sergents fieffés, ceux qui faisaient les exploits pour les droits des seigneurs.
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3Autrefois, sergent de bataille, ou sergent général de bataille, officier qui, dans un jour de combat, recevait du général le plan de la disposition de l'armée, et dont la fonction était de ranger les troupes en bataille.
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4Sergent d'armes, officier qui servait autrefois dans les cérémonies, dans les tournois.
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5Aujourd'hui, sous-officier dans une compagnie d'infanterie. Comme les grenadiers lui dirent [à un sergent qui s'offrait à les conduire] : Qui êtes-vous donc ? Il répondit : Un sergent du régiment des gardes vaut bien un officier ; suivez-moi.
Et en effet il les mena où il fallait
PELLISSON, Lett. hist. t. III, p. 255- Près du rouet de sa fille chérie,Le vieux sergent se distrait de ses maux Béranger, V, Sergent
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Sergent-major, le premier sous-officier d'une compagnie, celui qui est ordinairement chargé de la comptabilité. C'était autrefois le nom du sergent de bataille, officier supérieur dans un régiment d'infanterie, servant à cheval.
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6Sergent de ville, agent de police portant l'épée et chargé du maintien de l'ordre public.
La haine du sergent de ville faisait partie de ses convictions politiques
CH. DE BERNARD, Un homme sérieux, VII
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7Terme de menuiserie. Barre de fer ou de bois longue à volonté, recourbée en crochet, un peu aplatie par un des bouts, et qui sert à tenir serrées les pièces de bois qu'on a collées et celles qu'on veut cheviller.
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On a prétendu que ce mot était une corruption de serre-joint ; mais cela paraît une pure hypothèse, serre-joint ne se trouvant nulle part, et sergent (le serviteur) étant tout à fait dans les habitudes du langage figuré des ouvriers ; en preuve, le valet, instrument de fer qui maintient sur l'établi la planche à travailler.
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8Terme de marine. Petit crochet de fer, attaché à un cordage et servant à soulever un tonneau.
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Outil pour faire courber les bordages que l'on chauffe.
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9Forte barre de fer qu'on place devant la gueule de l'arche du four d'une glacerie.
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10Crabe doré.
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Sergent goulu ou canac, nom, à Belle-Ile, Morbihan, du fou, oiseau de mer (sula brassanus),
GOUËZEL, les Oiseaux de mer, Nantes, 1875, p. 12
Étymologie
Bourguig. sorjan ; provenç. servent, sirvent ; espagn. sirviente ; ital. servente ; du lat. servientem, de servire, servir.