sien, sienne adj. poss. relatif à la troisième personne du singulier (siin, si-è-n' ; au masculin, l'n se lie quand sien précède son substantif : un siin-n ami ; l'n ne se lie pas dans les autres cas : le siin est meilleur ; au XVIe s. d'après Palsgrave, p. 3, sienne se prononçait sianne)
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1Avec l'article, le, la, les.
Avez-vous un secret important ? versez-le hardiment dans ce noble cœur : votre affaire devient la sienne par la confiance
Bossuet, Louis de Bourbon.- Nos écrits sont mauvais ; les siens valent-ils mieux ? Boileau, Épît. II
Il [Montfort] travaillait depuis un temps à l'histoire de la géométrie ; chaque science, chaque art devrait avoir la sienne
Fontenelle, Montfort.Héliogabale alla jusqu'à vouloir détruire tous les objets de la vénération de Rome, et ôter tous les dieux de leurs temples pour y placer le sien
Montesquieu, Rom. XVIL'évêque de Luçon, fils du célèbre Bussy, m'a dit qu'ayant demandé à M. de Meaux quel ouvrage il eût mieux aimé avoir fait s'il n'avait pas fait les siens, Bossuet lui répondit : les Lettres provinciales
Voltaire, Louis XIV, 32Je voudrais en fait de belles lettres qu'on fût de tous les pays, mais surtout du sien
Voltaire, Mél. litt. Cons. à un journaliste.Plus heureuse que son ancienne amie, elle [Ninon] ne se plaignit jamais de son état, et Mme de Maintenon se plaignit quelquefois du sien
Voltaire, Mél. litt. sur Mlle de l'Enclos.
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2Il s'emploie sans article, et signifie à soi.
- Ainsi ce rang est sien, cette faveur est sienne,Et je n'ai rien enfin que d'elle je ne tienne Corneille, Poly. II, 1
- Dans ce penser, il se carrait,Recevant comme siens l'encens et les cantiques La Fontaine, Fabl. V, 14
Dieu prodigue ses biens à ceux qui font vœu d'être siens
La Fontaine, Fabl. VII, 3- Mais surtout fais si bien,Qu'elle garde toujours l'ardeur de me voir sien Molière, l'Ét. I, 6
Arnauld prétend que la doctrine de Malebranche n'est ni nouvelle ni sienne
Diderot, Opin. des anc. philos. (Malebranchisme).
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3Familièrement, avec l'article un, une.
- Resté seul au palais avec un sien esclave DESMARETS, Mirame, IV, 1
Un sien ami, voyant ces somptueux repas, Lui dit....
La Fontaine, Fabl. VII, 14
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Au lieu de un, une, on met parfois quelque.
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4S. m. Le sien, son bien.
Ne point mentir, être content du sien, C'est le plus sûr....
La Fontaine, Fabl. V, IIl [d'Aubigné] appelle Henri IV le conquérant du sien ; éloge qui renferme, ce me semble, en deux mots toute la justice de sa cause, et toute la gloire des autres conquérants
Mme DE CAYLUS, Souvenirs, p. 8, dans POUGENS- Qui donne de l'encens ne donne rien du sien LA CHAUSSÉE, Gouvernante, I, 3
Si vous avez le plaisir de quereller, il faut bien que de mon côté j'aie le plaisir de pleurer ; chacun le sien, ce n'est pas trop
Molière, Mal. imag. I, 2Bornez-vous à votre lot ; Chacun le sien n'est pas trop
PANNARD, Œuvr. t. III, p. 347
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Fig. Mettre du sien dans une affaire, y contribuer de son argent, de sa peine, de son imagination.
Ce cavalier en était toujours [des collations, divertissements, etc.] ; et c'était un grand hasard quand il n'y mettait pas quelque chose du sien, pour surprendre agréablement par quelque trait de magnificence et de galanterie
Hamilton, Gramm. 7Il [Méry] n'a rien mis du sien dans sa réputation que son mérite
Fontenelle, Méry.Il est entouré de mille volumes, et il en compose un où il ne met rien du sien
Lesage, Diable boit. 6La comtesse : Mais surtout que personne.... - Suzanne : Ah ! Figaro ! - La comtesse : Non, non, il voudrait mettre ici du sien
Beaumarchais, Mar. de Figaro, II, 24
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Familièrement, mettre du sien, ajouter à un récit des détails imaginaires. Il a mis du sien dans cette histoire.
Le prince n'a point assez de toute sa fortune pour payer une basse complaisance, si l'on en juge par tout ce que celui qu'il veut récompenser y a mis du sien
La Bruyère, IX.
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Ajouter du sien à un texte, y ajouter des choses qui n'appartiennent pas à ce texte.
Quoi qu'il en soit, je le prends au mot [Burnet rétractant un passage de son livre], et je le loue de désavouer de bonne foi ce qu'il dit que son traducteur avait ajouté du sien
Bossuet, Déf. Var. 1er disc. 22
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5Au pluriel, tous ceux qui sont en relation avec celui dont on parle, à quelque titre que ce soit (parents, descendants, héritiers, soldats, domestiques, partisans).
Pour être mieux reçu [d'un jésuite], je feignis d'être fort des siens
Pascal, Prov. I- Mais un reste des siens, entourés dans leur fuite,.... Racine, Alex. III, 7
- T'a-t-il de tous les siens reproché le trépas ? Racine, Andr. III, 8
Antoine [père de Henri IV], mandé dans la chambre de François II, fut averti, à la porte, par un des siens, du complot formé contre sa vie
Voltaire, Hist. parl. XXII
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6Dans le langage de l'Écriture, les siens, en parlant de Dieu, ceux qui se consacrent, se dévouent à lui. Dieu connaît les siens.
Il ne faut point espérer d'être du nombre des siens, si l'on n'est résolu d'en faire hautement profession
Bourdaloue, Resp. humain, 2e avent, p. 374
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7Familièrement, au féminin pluriel. Faire des siennes, faire des fredaines, des folies, des tours, soit de jeune homme, soit de fripon.
S'il pense ainsi faire des siennes, à la fin je ferai des miennes
Scarron, Typh. IVaudemont avait quitté le service de France, et faisait des siennes dans ses terres
Saint-Simon, 154, 4- Oui, comme un petit fripon,Qui de temps en temps fait des siennes IMBERT, Jaloux sans amour, V. 8
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Fig.
J'ose dire qu'encore qu'au siècle où nous sommes, la fortune fasse bien des siennes, elle ne sera pas si folle que de se commettre avec un mérite comme le vôtre
Scarron, Epît. Dédic. Œuv. t. I, p. 152, dans POUGENSJe vous dirai que l'amour fait ici des siennes
Mme de Sévigné, à Bussy, 23 déc. 1682Le tonnerre a fait des siennes, en attendant le canon : il est tombé sur le chevalier de la Luzerne, qui était à la tête de sa troupe ; il a brûlé ses habits et sa culotte, sans lui faire beaucoup de mal
Voltaire, Lett. Mme de Fontaine, 28 mai 1760
Étymologie
Berry, sen, senne ; saintong. son : o n'est grain tout son, ce n'est pas tout sien. Voy. MIEN (l'opinion que mien, tien, sien sont des formes diphthonguées de mon, ton, son, ou men, ten, sen, appartient à M. Baudry).