sillon s. m. (si-llon, ll mouillées, et non si-yon)
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1Tranchée ouverte dans la terre par la charrue. Tracer un sillon. Des sillons bien espacés.
Enivrez d'eau ses sillons [de la terre] ; multipliez ses productions, et elle semblera se réjouir de l'abondance de ses rosées par les fruits qu'elle produira
Saci, Bible, Psaum. LXIV, 11Aucun champ où la main du diligent laboureur ne fût imprimée ; partout la charrue avait laissé de creux sillons
Fénelon, Tél. VLes anciens avaient borné à une longueur de cent vingt pas la plus grande étendue du sillon que le bœuf devait tracer par une continuité non interrompue d'efforts et de mouvements
Buffon, Quadrup. t. I, p. 188- Vois-tu ce laboureur, constant dans ses travaux,Traverser ses sillons par des sillons nouveaux ? Delille, Géorg. I
Ainsi, sur les moissons quand l'orage a soufflé, Reposent, confondus dans le sillon comblé, Le convolve amoureux, la renoncule agreste, Et l'ivraie ennemie et les épis de blé
MASSON, Helvétiens, VII- Quand trois mille ans auront passé sur notre cendre....Quand nos fosses auront fait place à des sillons Victor Hugo, Voix intér. VIII
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Fig. Faire son sillon, faire l'ouvrage qu'on est tenu de faire chaque jour.
Il [le contrôleur des finances Silhouette] n'est pas comme la plupart de ses prédécesseurs, gens estimables, mais sans génie, qui traçaient leur sillon comme ils pouvaient avec la vieille charrue
Voltaire, Lett. en vers et en prose, 123
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C'est un bœuf qui fait bien son sillon, se dit d'un homme médiocre et laborieux.
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Écrire par sillons, se dit d'une antique écriture des Grecs (voy. BOUSTROPHÉDON).
Ensuite ils s'avisèrent d'écrire par sillons, c'est-à-dire en retournant de la gauche à la droite, puis de la droite à la gauche alternativement
J.-J. Rousseau, Essai sur l'orig. des langues, 5
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2Dans la Saintonge, sillon signifie la longue arête que forme la terre en retombant de chaque côté du soc, et il faut deux règes pour faire un sillon.
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3Terme de jardinage. Petite rigole profonde de 0m, 05 à 0m, 10, faite avec une binette, pour semer certaines graines, ou planter certaines racines bulbeuses en ligne.
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4Au plur. Absolument et poétiquement. La campagne, les champs.
Assez dans ses sillons [de l'Attique] votre sang englouti A fait fumer le champ dont il était sorti
Racine, Phèdre, II, 2- Et l'homme cependant, cet insecte invisible,Rampant dans les sillons d'un globe imperceptible,Mesure de ces feux les grandeurs et les poids Lamartine, Harm. II, 4
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5Fig. Traces que certaines choses laissent en passant. Le sillon des roues.
- La déesse guerrièreDe son pied trace en l'air un sillon de lumière Boileau, Lutr. III
Le char d'Amphitrite, traîné par des chevaux marins, plus blancs que la neige, et qui, fendant l'eau salée, laissaient loin derrière eux un vaste sillon dans la mer
Fénelon, Tél. IV- La foudre à longs sillons éclatant dans les nues Ducis, Hamlet, I, 1
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6Rides.
Le temps sur son visage A tracé ses sillons, a gravé son outrage
Ducis, Roméo, II, 1
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7Terme de botanique. Cannelures parallèles et profondes occupant la surface d'une tige, etc.
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Terme de zoologie. Raies ou stries profondes. Les valves de cette coquille ont des sillons.
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Terme d'anatomie. Rainure que présente la surface de certains os ou de certains organes parenchymateux, et qui, pour la plupart, sont destinés à loger des vaisseaux.
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Terme de pathologie. Galerie sous-épidermique creusée par les sarcoptes dans la gale.
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8Rides qui se trouvent au palais des grands quadrupèdes, surtout des chevaux.
On peut aussi connaître, quoique moins précisément [que par les dents], l'âge d'un cheval par les sillons du palais, qui s'effacent à mesure que le cheval vieillit
Buffon, Quadrup. t. I, p. 53
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9Élévations que forme le fil sur la bobine du rouet.
Étymologie
Berry, seillon ; du scandinave sila, sillonner, inciser. Le sens ancien est une mesure de terre, aussi de sila, couper, diviser. (voy. SILLER 1).