Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

soin dans le Littré

1 article· 64 citations· rimes· synonymes

soin s. m. (soin ; l'n ne se lie pas : un soin extrême ; au pl. l's se lie : des soin-z extrêmes)

  1. 1Attention, application de l'esprit à une chose, à faire quelque chose.

  2. 2La charge, le devoir de prendre soin de quelque chose, d'y veiller. je vous confie le soin de veiller sur mes affaires. C'est lui qui a le soin de la cave.

    • Le soin de la république PERROT, Tacite, 11
    • [Vatel] dont la bonne tête était capable de soutenir tout le soin d'un État Mme de Sévigné, 24 avr. 1671
    • Et depuis encore ne s'est-elle pas appliquée en toutes rencontres à conserver cette même intelligence [entre les royaumes de France et d'Angleterre] ? ces soins regardent maintenant Vos Altesses Royales Bossuet, Reine d'Anglet.
    • Dès l'âge de quinze ans, elle [Henriette] fut capable de ces soins [protéger les catholiques anglais] Bossuet, ib.
    • Le soin de tes sujets te rappelle à Versailles Boileau, Épît. VIII
    • Et vous me chargez, moi, du soin de son supplice ! Voltaire, Adél. du Guesclin. IV, 5
    • Le soin d'une injure, la charge de venger une injure.

    • Fig. Il laisse au temps le soin de venger sa mémoire.

    • Les soins du ménage, les détails du ménage et l'attention qu'ils demandent.

    • On dit de même : les soins d'une maison, d'une ferme.

  3. 3Souci, inquiétude, préoccupation.

  4. 4Sollicitude.

  5. 5Au plur. Services qu'on rend à quelqu'un, attentions qu'on a pour lui.

    • Ô vous pour qui les dieux ont des soins si pressants, Bourbon, Conti.... La Fontaine, Fabl. XII, 25
    • Elle a des soins infinis de me divertir Mme de Sévigné, 595
    • Mme de Coulanges a des soins de moi admirables Mme de Sévigné, 4 sept. 1677
    • Mmes de Lavardin, de la Troche et de Villars m'accablent de leurs billets et de leurs soins Mme de Sévigné, 29 mai 1675
    • Je lui rendais [à Mme de la Fayette] beaucoup de soins, par le mouvement de mon cœur, sans que la bienséance ou l'amitié qui nous engage y eût aucune part Mme de Sévigné, 3 juin 1693
    • Les soins qu'il avait eus de mon enfance Fénelon, Télém. VI

Étymologie

Wallon, sogn, s. f. peur, besogne ; provenç. sonh, soing, suenh ; anc. ital. sogna. Origine douteuse. Plusieurs y voient un dérivé du bas-lat. sunnis, sunnia, sonia, qui signifie empêchement juridique, d'où l'idée de s'arrêter à une affaire difficile, de soin. Sunnis, qui se trouve dans les lois barbares, est un mot germanique. Cependant il faut dire qu'on n'a pas une série d'intermédiaires qui établissent comment le mot est venu du sens d'empêchement juridique à celui de soin ; à moins qu'on ne regarde comme tels es-soine, exemption, et ensoignié, chargé d'embarras, de soucis. Du Cange a mis en avant le lat. somnium, le trouvant dans un glossaire avec le sens de soin ; l'anç. franç. songne et le wallon sogn en viennent sans doute.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander