Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

somme dans le Littré

8 articles· 33 citations· rimes· synonymes

1somme s. f. (so-m')

  1. 1Terme de mathématiques. Résultat des quantités additionnées. La somme des unités. La somme des termes d'une équation.

    • Dans le calcul aux différences finies, la différence prise en sens inverse.

  2. 2Particulièrement, une quantité d'argent.

    • Par extension.

      • Étant accoutumés par notre courte existence à regarder cent ans comme une grosse somme de temps Buffon, 1re ép. nat. Œuvr. t. XII, p. 97
    • Somme totale, la quantité qui résulte de plusieurs sommes jointes ensemble.

    • Adverbialement. Somme totale, en réunissant toutes les sommes. Somme totale, il en coûte tant.

      • Terme de marine. Haute somme, dépense extraordinaire que fait un armateur.

  3. 3Fig. Ce qui est comparé à un total.

    • La somme des biens serait infiniment plus grande que celle des maux, si les hommes avaient le bon esprit de mettre dans la première classe et les sensations agréables, et les moments exempts de trouble et de chagrins Barthélemy, Anach. ch. 78
    • Il faut toujours, dans nos tableaux, unir le bonheur à l'infortune, et faire la somme des maux un peu plus forte que celle des biens, comme dans la nature Chateaubriand, Génie, II, II, 3
  4. 4Titre de certains livres qui traitent en abrégé de toutes les parties d'une science.

    • Chargés d'une somme de théologie qui eût été capable d'assommer Guez de Balzac, Socr. Disc. 5
    • Alain, ce savant homme,Qui de Bauny vingt fois a lu toute la Somme Boileau, Lutr. IV
    • Il y a dans sa Somme ultramontaine [de saint Thomas d'Aquin] des décisions que les parlements de France feraient brûler, si on voulait s'en servir pour troubler l'État Voltaire, Louis XV, 38
  5. 5Somme toute, en somme, et même, simplement, somme, loc. adv. et fig. Enfin, en résumé, pour conclusion.

  6. 6La somme des sommes, le point le plus essentiel.

    • La modestie est aussi requise au langage d'un homme d'honneur comme en son allure ; la somme des sommes, c'est que je veux que tu sois lent à parler Malherbe, Lexique, éd. L. Lalanne.

Remarque

" Puisque l'on ne veut plus recevoir en somme, on recevra moins somme pour en somme, dont nos meilleurs écrivains se servaient il n'y a pas longtemps, et beaucoup moins encore somme toute, " VAUGEL. Rem. t. I, p. 52. Cette décision de Vaugelas et des puristes n'a pas été consacrée par l'usage.

Étymologie

Provenç. somma, suma, summa ; somme, comble, sommet ; espagn. suma ; ital. summa ; du lat. summa, de l'adj. summus, le plus haut (voy. SOMMET), pris substantivement au féminin.

2somme s. f. (so-m')

  1. 1Charge d'un cheval, d'un âne, d'un mulet. Somme de blé.

    • Bête de somme, bête propre à porter des fardeaux.

      • Le Sort, de sa plainte touché, Lui [à l'âne] donne un autre maître, et l'animal de somme Passe du jardinier aux mains d'un corroyeur La Fontaine, Fabl. VI, 9
    • Familièrement, être la bête de somme de tout le monde, être chargé de toutes les corvées.

  2. 2Se dit, chez les cloutiers, de 12 milliers de clous.

    • Somme de verre, se disait d'un certain nombre de morceaux de verre faisant de 90 à 95 pieds carrés de vitrage.

Étymologie

Environs de Paris, sôme ; génev. saume, ânesse ; provenç. sauma ; espagn. salma ; ital. soma ; du bas-lat. salma, qui vient du lat. sagma, qui est le grec σάγμα, selle, bât, charge. La vraie prononciation conservée encore dans quelques campagnes est sôme ; ici comme en bien d'autres mots il s'est fait un vicieux travail d'assimilation, et la prononciation a confondu sôme avec somme.

3somme s. m. (so-m')

  1. 1Synonyme de sommeil.

    • Avec personnification.

      • Ces pavots qu'ici-bas pour leur suc on renomme, Tout fraîchement cueillis dans les jardins du Somme La Fontaine, Songe de Vaux, Fragm. 7
  2. 2Particulièrement. Moment assez court que l'on donne au sommeil soit le jour soit la nuit.

    • D'un somme, sans que le somme soit interrompu.

      • La Fable imagina qu'un Épiménide avait dormi d'un somme pendant vingt-sept ans, et qu'à son réveil il fut tout étonné de trouver ses petits enfants mariés qui lui demandaient son nom Voltaire, Dict. phil. les Sept dormants
    • Familièrement. Il a fait la nuit tout d'un somme, il a dormi toute la nuit sans se réveiller.

    • On dit dans le même sens : Il n'a fait qu'un somme toute la nuit.

  3. 3Haut somme, nom que l'on donne quelquefois par euphémisme à l'apoplexie.

Remarque

1. Cela n'est pas exact ; dès le XIIIe siècle on a dit some ou soume. 2.

Étymologie

Saintong. songhe ; poitev. faire un songe ; prov. som, son ; cat. son ; esp. sueño ; portug. somno, sono ; ital. sonno ; du lat. somnus ; de même radical que le grec ὕπνος, le sanscrit svapna, le gaélique suain, sommeil, et le vieux norrois svefn.

Supplément

3. SOMME. - REM. Ajoutez : 3. Malherbe a dit : Sommeil est désir de dormir, et somme est le dormir même, Lexique, éd. L. Lalanne. Cette distinction que Malherbe veut établir n'est point ratifiée par l'usage ; en lisant attentivement les divers exemples rapportés à somme et à sommeil il ne paraît pas que les auteurs aient admis une différence sensible entre les deux. Mais le fait est que sommeil a quelquefois le sens d'envie de dormir, sens que somme n'a jamais (voy. SOMMEIL, n° 2).

4somme s. f. (so-m')

  1. Terme de marine. Banc de gravier, de sable, ou de vase, situé au dehors d'un port ou de l'embouchure d'un fleuve.

5somme s. f. (so-m')

  1. Synonyme de jonque.

    • Sommes ou champans LAPÉROUSE, Voy. t. II, p. 388

6sommé, ée part. passé (so-mé, mée)

  1. À qui on a déclaré qu'il ait à faire telle ou telle chose. La place sommée de se rendre.

    • Il se voyait pressé de tous côtés, sommé de sa parole, obligé de combattre contre les étrangers ANQUET., Ligue, III, p. 270

7sommé, ée part. passé (so-mé, mée)

  1. Dont on a formé la somme. Suites sommées.

8sommé, ée adj. (so-mé, mée)

  1. Terme de vénerie. Tête de cerf sommée d'empaumure, de brochure, de fourchure, tête de cerf qui se termine en fourche, etc.

    • Terme de blason. Se dit pour surmonté.

    • Terme de fauconnerie. Se dit des plumes du faucon, quand elles sont parvenues à toute leur longueur.

Étymologie

Lat. summus, le plus élevé (voy. SOMMET).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander