sortie s. f. (sor-tie)
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1Action de sortir.
J'ai dîné aujourd'hui chez Mme de la Fayette pour ma première sortie
Mme de Sévigné, 167- D'amis et de soldats une troupe hardieAux portes du palais attend notre sortie Racine, Bajaz. IV, 7
En Espagne, dans ces sortes de couvents, il y a d'extraordinaires régularités sur les entrées et les sorties
Mme DE VILLARS, Lett. 17 janv. 1680[à Moscou] ses sorties journalières [de Napoléon], qu'éclairait toujours un soleil brillant, dans lequel il s'efforçait de voir et de montrer son étoile, ne le distrayaient point
Ségur, Hist. de Nap. VIII, 10
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2Terme de théâtre. Action d'un personnage qui quitte la scène.
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Fausse sortie, mouvement d'un personnage pour quitter la scène, interrompu soit par sa volonté, soit par toute autre raison.
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Fig. et familièrement. Faire danser à quelqu'un un branle de sortie, le chasser d'un lieu, d'une société (cette locution vieillit).
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3Terme de guerre. Attaque que font les assiégés, lorsqu'ils sortent pour combattre les assiégeants. Une sortie de cinq cents hommes.
M. de Chamilli observait, à ce qu'il dit au roi, de ne faire jamais de sortie ni d'entreprise, sans l'ex pliquer tout entière à ceux qui en devaient être, et cela, afin qu'ils ne se troublassent pas dans l'action
PELLISSON, Lett. hist. t. II, p. 217Ils firent de grosses sorties ; et, méprisant le péril....
Rollin, Hist. anc. Œuv. t. XI, 2e part. p. 538, dans POUGENS.
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4Terme de marine. Action de faire sortir un bâtiment d'un bassin, d'un port, d'une rade.
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Se dit quelquefois pour courte campagne petit voyage près des côtes.
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5Transport des marchandises, des animaux de vente d'un lieu dans un autre, exportation.
Défendre la sortie des matières d'or et d'argent est un reste de barbarie et d'indigence ; c'est à la fois vouloir ne pas payer ses dettes et perdre le commerce
Voltaire, Dial. 4La sortie des chevaux fut prohibée
Raynal, Hist. phil. III, 1Ce qui devait servir à la construction, à l'armement.... des vaisseaux, était déchargé de tous les droits d'entrée et de sortie
Raynal, ib. IV, 3
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6Sortie de bal, sorte de vêtement chaud que les femmes mettent pour se garantir du froid en sortant du bal. S'envelopper dans une sortie de bal.
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7Endroit par où l'on sort. Cette maison a deux sorties. Il a une sortie sur la campagne et une sur la rue.
Une seule rue étroite, tortueuse et toute brûlante s'offrait plutôt comme l'entrée que comme la sortie de cet enfer [l'incendie de Moscou]
Ségur, Hist. Nap. VIII, 7
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8Il se dit de l'action de quitter la vie, le monde.
- Mais, si les dieux m'ont fait la vie abominable,Ils m'en font par pitié la sortie honorable Corneille, Œdipe, V, 7
Ils étaient pleins de majesté et de gloire, et ils lui parlaient [à Jésus] de sa sortie du monde
Saci, Bible, Évang. St Luc, IX, 31
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9Fig. Issue, manière d'échapper à quelque embarras, par comparaison avec la sortie, endroit par où l'on sort. L'affaire était embarrassante, mais il s'était d'avance ménagé une sortie.
Alors la sortie du premier péril ne rend point l'action complète, puisqu'elle en attire un second
Corneille, 3e disc.- Il faut de ces périls m'aplanir la sortie Corneille, Rodog. III, 1
Ici [le fait qu'on emportait chez soi l'eucharistie consacrée] on [les protestants] ne trouve point de sortie, qu'en disant que tout cela était un abus
Bossuet, Déf tradit. commun. II, 21
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10Fig. La sortie d'un dessein, la réussite (sens qui a vieilli).
- Et de tes desseins à jamaisFavoriser l'entrée et bénir la sortie Corneille, Trad. du ps. CXXI
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11Fig. et familièrement. Action de dire brusquement à quelqu'un quelque chose de très dur, par comparaison à la sortie de l'assiégé contre l'assiégeant. Faire une sortie à quelqu'un.
- Vous êtes satisfaite, et la voilà partie ;Mais je n'approuve point une telle sortie Molière, Femm. sav. II, 7
Il s'offensa d'une sortie qu'on lui faisait si mal à propos, dans les termes où ils en étaient
Hamilton, Gramm. XSi le roi [Louis XIV] venait à soupçonner quelque intérêt de leur part, il prenait le parti opposé ; et, s'ils osaient insister, il leur faisait une sortie terrible
Duclos, Œuv. t. V, p. 183
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Violent emportement contre une personne présente ou absente. Faire une sortie contre quelqu'un.
Roquelaure, étonné de la sortie [de M. de Vendôme], fila doux, et lui dit qu'il ne croyait pas le fâcher
Saint-Simon, 27, 53Cette violente sortie l'étourdit ; elle ne s'attendait pas à être si bien devinée
Marivaux, Marianne, 8e part.Helvétius essuya cette sortie avec la tranquillité la plus philosophique, et se contenta de dire, quand Marivaux fut parti : Comme je lui aurais répondu, si je ne lui avais pas l'obligation d'avoir bien voulu accepter mes bienfaits !
D'Alembert, Él. Mariv.
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On dit dans les deux sens : faire une sortie sur quelqu'un ou sur quelque chose.
Témoin de la dureté barbare avec laquelle M. le comte de Charolais faisait traiter ces pauvres gens, j'avais fait, vers la fin de l'Émile, une sortie sur cette cruauté
J.-J. Rousseau, Confess. X
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Déclamation, invective. Une sortie contre le luxe.
Allez-vous recommencer vos sorties contre la noblesse ?
PICARD et MAZÈRES, Trois quartiers, III, 6
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12Terme de gravure en taille-douce. Se dit de l'extrémité des tailles et des hachures du côté des jours où elles doivent être extrêmement déliées et comme perdues.
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13Terme de jeu. Cartes basses qui donnent le moyen de cesser de faire des levées. Il n'avait pas de sortie. J'avais deux sorties.
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14À la sortie de, loc. prépos. Au moment où l'on sort de. À la sortie du sermon, de l'audience, du spectacle. À la sortie de l'hiver.
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À la sortie des juges, au moment où les juges sortent.
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6Ajoutez :
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On dit aussi, par abréviation, sortie pour sortie de bal.
Le spectacle ne devait pas tarder à finir ; déjà quelques jeunes femmes avaient fui frileusement enveloppées dans leur sortie...
Nouvelliste de l'arrond. d'Avranches, 19 mars 1876
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Étymologie
Sorti ; wallon, sorteie.