sottise s. f. (so-ti-z')
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1Défaut de jugement.
C'est une chose assez plaisante qu'aucune personne d'esprit ne voudrait d'un bonheur fondé sur la sottise ; il est clair pourtant qu'on ferait un très bon marché
Voltaire, Lett. Mme du Deffant, 3 oct. 1764C'est une grande sottise de ne trouver rien d'estimable dans un ennemi estimé de tous
Voltaire, Comm. Corn. Rem. Observ. de Scudéry.La sottise et la vanité sont compagnes inséparables
Beaumarchais, Mère coupable, II, 7Ses amis [de Daniel de Foë] le blâmaient ; mais il leur répondit : Il ne dépend pas de moi de parler ou de me taire, et, lorsque l'esprit souffle, il faut lui obéir.... quant à moi, ce n'est pas l'esprit, c'est la sottise qui me fait aller en prison : j'ai cru bonnement à la charte....
Paul-Louis Courier, Rép. aux anonymes.
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Sottise des deux parts, se dit en parlant de deux personnes qui, dans un débat, ont tort chacune de leur côté.
Sottise des deux parts est, comme on sait, la devise de toutes les querelles
Voltaire, Dict. phil. Sottise.
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2Parole sotte.
Je vous puis assurer que je ne lui avais dit ni l'une ni l'autre de ces sottises
Retz, Mém. t. III, liv. IV, p. 333, dans POUGENSIl rapporte une sottise triviale qu'a dite Agnès, comme la chose la plus belle du monde
Molière, Critique, 7De dire des sottises par hasard et par faiblesse, c'est un mal ordinaire ; mais d'en dire par dessein, c'est ce qui n'est pas supportable
Pascal, Pens. VI, 33, édit. HAVET.- Faire dire aux échos des sottises champêtres Boileau, Sat. IX
Il y a je ne sais combien de sottises, que nous dirions si elles n'avaient pas été dites, et si on ne nous les avait pas, pour ainsi dire, enlevées
Fontenelle, Dial. anc. mod. Œuv. t. IV, p. 180, dans POUGENSC'est assez qu'il faille absolument que je parle, pour que je dise une sottise infailliblement
J.-J. Rousseau, 2e dial.À quoi bon, disait un de ces hommes qui croient penser mieux que les autres parce qu'ils pensent autrement, à quoi bon s'embarrasser de toutes les sottises qu'on a dites et faites avant nous ?
D'ALEMBERT, Mélanges, t. V, Réflexions sur l'histoire.
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3Action sotte, chose sotte.
Que cela me fait de bien, me disait autrefois un excellent homme, de voir que les héros ont fui, que les sages ont fait des sottises !
Guez de Balzac, De la cour, 6e disc.- Dame mouche s'en va chanter à leurs oreilles,Et fait cent sottises pareilles La Fontaine, Fabl. VII, 9
- Hélas ! on voit que, de tout temps,Les petits ont pâti des sottises des grands La Fontaine, ib. II, 4
George Dandin, George Dandin, vous avez fait une sottise la plus grande du monde
Molière, G. Dand. I, 1Le roi lui dit en riant : " Vardes, voilà une sottise, vous savez bien qu'on ne salue personne devant moi. " M. de Vardes, du même ton : " Sire, je ne sais plus rien, j'ai tout oublié, il faut que Votre Majesté me pardonne jusqu'à trente sottises. " - " Eh bien ! je le veux, dit le roi, reste à vingt-neuf "
Mme de Sévigné, à Moulceau, 26 mai 1683Elle est aimable sans être belle, elle fait cent petites sottises qui plaisent
Mme de Sévigné, 144Pour moi, pauvre petite femme, si j'avais fait une sottise, je n'y saurais pas d'autre invention que de la boire
Mme de Sévigné, 23 janv. 1682- Des sottises d'autrui nous vivons au palais ;Messieurs, l'huître était bonne ; adieu, vivez en paix Boileau, Ép. II
Il n'y a rien qui rafraîchisse le sang comme d'avoir su éviter de faire une sottise
La Bruyère, XIBien souvent on fait par hasard les plus heureuses sottises du monde
Fontenelle, Dial. 6, morts anc.Il n'y a personne qui n'entre tout neuf dans la vie, et les sottises des pères sont perdues pour les enfants
Fontenelle, Dial. 3, morts. anc. mod.Après tout, cette affaire [la forme du capuchon des cordeliers] n'ayant pas ébranlé de trônes et ruiné des provinces, on peut la mettre au rang des sottises paisibles
Voltaire, Dict. phil. Sottise.D'Alembert conforme sa conduite à ce principe ; il dit beaucoup de sottises, n'en écrit guères, et n'en fait point
D'Alembert, Portr. de l'aut.
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4Composition littéraire sans mérite.
- Hé quoi ! vil complaisant, vous louez des sottises ! Molière, Mis. I, 2
- Pourrez-vous toujours voir votre cabinet pleinEt de pédants et de poëtes,Qui vous fatigueront avec un front sereinDes sottises qu'ils auront faites ? DESHOUL., Poés. t. I, p. 38
- Comme par une vague une vague est poussée,La sottise du jour est bientôt remplacée Delille, Imag. V
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5Parole obscène. Il est indigne d'un honnête homme de dire des sottises devant une femme.
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Faire une sottise, faire quelque sottise, se dit, par euphémisme, d'accointances entre homme et femme.
- Celles qui font quelque sottise La Fontaine, Oies.
- Je m'appréhendais fort, et craignais qu'avec toiJe n'eusse fait quelque sottise Molière, Amph. II, 3
Chez lui [Hérodote], les dames, les princesses mènent boire leurs vaches ou celles du roi leur père à la fontaine voisine, trouvent là des jeunes gens, et font quelque sottise, toujours exprimée dans l'auteur avec le mot propre
Paul-Louis Courier, Prospect. d'une nouv. trad, d'Hérodote, Préf.
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6Injure. Dire des sottises à quelqu'un.
Étymologie
Sot. Le terme le plus habituellement usité était sotie. Paré a dit soteries, XIX, 32.