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un seul est le mot juste.

soupirer dans le Littré

1 article· 28 citations· rimes· synonymes· conjugaison

soupirer v. n. (sou-pi-ré)

  1. 1Pousser des soupirs. Soupirer du fond du cœur.

    • On dit que Mme Guénégaud vous disait : soupirez, soupirez, madame [de Grignan quittant sa mère] ; j'ai accoutumé Moulins aux soupirs qu'on apporte de Paris Mme de Sévigné, 17 mai 1676
    • Je t'entends soupirer, et je suis sûr que tu soupirais aussi dans ta gloire ; pour moi, je ne soupirais point dans mon tonneau, et je n'ai que faire de soupirer ici-bas ; car je n'ai laissé en mourant aucun bien digne d'être regretté Fénelon, Dial. des morts anc. (Diogène, Denys l'ancien).
    • Ce pauvre roi [d'Espagne] qui apprenait la prise de Mons par Louis XIV, et, ignorant que cette ville était à lui, disait en soupirant : voilà une grande perte pour le roi d'Angleterre ! D'Alembert, Éloges, l'Abbé de Chois. note 2
    • Fig. et poét.

      • Les siècles, évoqués par ces sons religieux [le bruit des orgues], font sortir leurs antiques voix du sein des pierres, et soupirent dans la vaste basilique Chateaubriand, Gén. III, I, 8
  2. 2Fig. Éprouver de la douleur, du regret.

    • Soupirer que, avoir le regret que.

      • Nous sommes ravis de le voir, et nous soupirons que vous n'ayez point le même plaisir Mme de Sévigné, 492
  3. 3Être amoureux, soupirer d'amour.

  4. 4Désirer ardemment.

    • Et les dames avecque vœux Soupiraient après son visage Malherbe, IV, 5
    • Ainsi n'espérez pas qu'après vous je soupire ;Vous étalez en vain vos charmes impuissants Corneille, Poly. IV, 2
    • C'est après cette bienheureuse patrie [le ciel] que soupiraient Abraham, Isaac et Jacob Bossuet, Hist. II, 6
    • Ils étaient par là semblables à ces Israélites qui avaient soupiré après les oignons d'Égypte Bourdaloue, Instruct. pour la seconde fête de Pâques, Exhort. t. II, p. 263
    • Vous voyez un malheureux qui ne soupire qu'après le bonheur de retourner parmi les siens, et de retrouver son père Fénelon, Tél. III
    • Soupirer pour, même sens.

      • Le soldat tout ainsi pour la guerre soupire Régnier, Sat. IX
      • Le jeune homme, inquiet, ardent, plein de courage, à peine se sentit des bouillons d'un tel âge Qu'il soupira pour ce plaisir [la chasse] La Fontaine, Fabl. VIII, 16
      • La presse n'est pas grande à soupirer pour elle [la charge de Ch. de Sévigné], quoiqu'elle soit propre à faire soupirer Mme de Sévigné, 12 avr. 1680
      • Mon cœur ne soupirait que pour la renommée Racine, Alex. III, 6
    • On dit aussi soupirer à, soupirer vers.

      • Que la terre ne nous tienne plus.... et jouissons, par un vol généreux, de la bienheureuse liberté à laquelle nos âmes soupirent Bossuet, Sermons, Ascension, 3
      • Si elle cesse de soupirer un moment vers sa patrie, elle cesse d'appartenir au siècle à venir Massillon, Carême, Prospér. temp.
    • Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

  5. 5V. a. Dans le style poétique et élevé. Dire, chanter avec tendresse et mélancolie.

Proverbes

Cœur qui soupire n'a pas ce qu'il désire. Cœur content soupire souvent.

Étymologie

Provenç. sospirar ; espagn. suspirar ; ital. sospirare ; du lat. suspirare, de susum, en haut, et spirare, souffler.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander