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un seul est le mot juste.

suer dans le Littré

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suer v. n. (su-é)

  1. 1Rendre par les pores (ou orifices des glandes sudoripares) une humeur aqueuse.

    • L'attelage suait, soufflait, était rendu La Fontaine, Fabl. VII, 8
    • Malgré le froid, je sue encor de mes efforts Molière, l'Ét. IV, 5
    • Le feu comte du Lude disait qu'il n'avait jamais eu de mal, mais qu'il s'était toujours bien trouvé de suer : sérieusement, c'est un des remèdes de Duchesne pour toutes les douleurs du corps Mme de Sévigné, 243
    • Tantôt il donnait des remèdes qui faisaient suer Fénelon, Tél. XVII
    • Il suait à grosses gouttes, et avait l'air d'être fatigué Lesage, Guzm. d'Alf. II, 1
    • Suer d'ahan, suer de la grande peine qu'on a.

    • Suer s'est dit dans le XVIIe siècle pour subir un traitement mercuriel contre la syphilis.

    • Fig. En termes d'argot financier, faire suer une affaire, lui faire rendre autant d'argent qu'il est possible.

    • Fig. et anciennement. Faire suer le bonhomme, se disait des soldats qui extorquaient de l'argent au paysan.

      • À présent faisant suer le bonhomme, ainsi que vous dites, vous morguez les serviteurs du roi, Harangue du capitaine la Carbonnade en 1615, dans FR. MICHEL, Argot
  2. 2Fig. Éprouver de la peine, du malaise.

    • Il est vrai que l'on sue à souffrir ses discours Molière, Fem. sav. II, 7
    • J'ai bien sué en pensant aux périls de votre voyage Mme de Sévigné, 145
    • On dit qu'une poignée de chrétiens sortis d'un rocher font suer les Ottomans et fatiguent leur empire Montesquieu, Lett. pers. 19
    • Familièrement. Faire suer, causer ennui, contrariété.

    • Il fait suer, se dit d'un homme dont la conversation est pesante et importune.

    • Cela fait suer, cela excite l'indignation, le mépris.

  3. 3Fig. Se donner beaucoup de peine pour venir à bout de quelque chose.

    • Fig.

      • Cette femme ambitieuse et vaine.... toute la nature s'épuise pour la parer, tous les arts suent, toute l'industrie se consomme Bossuet, la Vallière.
  4. 4Par extension, il se dit de l'humidité qui s'attache à la superficie de certaines choses. Les murailles suent pendant le dégel. Les foins suent, jusqu'à ce que toute l'humidité en soit évaporée.

  5. 5Terme de cuisine. Faire exhaler une certaine humidité. Couvrir des marrons bouillis pour les faire suer.

    • Mettez dans le fond d'une casserole un peu de lard, quelques tranches d'oignon et des morceaux de veau minces par-dessus, et faites-les suer à très petit feu Mme de Genlis, Maison rust. t. VII, p. 110, dans POUGENS
    • Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

  6. 6V. a. Suer du sang, rendre du sang par les pores.

    • Fig.

      • Mais ce traître [l'honneur].... Nous fait suer le sang sous un pesant devoir Régnier, Sat. VI
    • Fig. et familièrement. Cet homme sue de l'encre, sue de l'huile, sa sueur a quelque chose de noir, d'huileux.

    • Fig. Suer la peur, avoir l'apparence comme si la peur sortait par tous les pores.

    • Suer l'ennui, être ennuyeux.

    • Suer l'orgueil, être très orgueilleux.

    • Fig. Suer les grosses gouttes, éprouver une anxiété extrême.

      • Je me représente cette automne-là délicieuse, et puis j'en regarde la fin avec une horreur qui me fait suer les grosses gouttes Mme de Sévigné, 78
      • Ma bonne, vous m'avez fait suer les grosses gouttes en jetant ces pistoles qui étaient sur le bout de cette table [une table de jeu, chez le roi] Mme de Sévigné, 12 août 1685
    • Fig. Suer sang et eau, faire de grands efforts, se donner une grande peine pour quelque chose.

  7. 7Terme de métallurgie. Suer le fer, lui donner une chaude complète.

Étymologie

Wallon, souwé ; provenç. suzar, suar ; espagn. sudar ; portug. suar ; ital. sudare ; du lat. sudare (voy. SUEUR).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander