Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

superflu dans le Littré

1 article· 22 citations· rimes· synonymes

superflu, ue adj. (su-pèr-flu, flue)

  1. 1Qui est de trop. Des ornements superflus.

    • Un rude hiver achève de dépouiller la princesse Anne de ce qui lui restait de superflu Bossuet, Anne de Gonz.
    • Elle [Mme d'Aiguillon] donna ce qu'elle avait de superflu..., elle se retrancha de ce que d'autres auraient pris pour nécessaire Fléchier, Mme d'Aiguillon.
    • L'abondance des choses nécessaires, le mépris des superflues Fénelon, Tél. v.
    • Ce qui est superflu [dans une pièce de théâtre] est toujours mauvais Voltaire, Comm. Corn. Rem. Poly. v, 2
    • Terme de botanique (système de Linné). Polygamie superflue, ordre qui comprend des fleurs hermaphrodites au disque et femelles à la circonférence.

    • Rimes superflues, celles qui embrassent non-seulement la syllabe consonante tout entière, mais tout ou partie de la syllabe précédente, comme jalousie et Andalousie.

  2. 2Inutile.

    • Vous ne vouliez pas me rendre un office superflu Guez de Balzac, liv. VI, lett. 3
    • Refusa-t-il à quelqu'un la liberté de lui dire des choses nécessaires ? n'accorda-t-il pas à plusieurs la consolation de lui en dire de superflues ? Fléchier, Lamoignon.
    • N'attirez point sur vous des périls superflus Racine, Mithr. IV, 4
    • Que nous servent, hélas ! ces regrets superflus ? Racine, Esth. I, 5
    • Vous connaissez vos crimes ;Il serait superflu de vous les reprocher Voltaire, Olymp. v, 6
    • En toute chose, rien de superflu J.-J. Rousseau, Ém. II
    • Nos longs et lourds convois auraient appesanti notre marche ; il était plus à propos de vivre du pays ; on eût pu l'en dédommager ensuite, mais on fit le mal nécessaire et le mal superflu Ségur, Hist. de Nap. III, 2
  3. 3S. m. Ce qui est de trop.

    • C'est [la purgation des capucins] un remède pour ôter le superflu bien superflu Mme de Sévigné, 29 juin 1689
    • Le point principal n'est pas d'avoir du superflu en hommes, mais de rendre ce que nous en avons le moins malheureux qu'il est possible Voltaire, Dict. phil. Population.
    • Ces hommes sont quelquefois agités par un superflu de vie dont ils ne savent que faire Mme de Staël, Corinne, XIII, 1
    • Par plaisanterie.

      • Je m'étais amusé dans votre cour à expulser le superflu de la boisson Molière, Méd. malg. lui, III, 5
  4. 4Ce qui est, pour la vie, au delà du nécessaire.

    • Pour le pourvoir de ce nécessaire qu'il [le pauvre] n'a pas, vous emploierez ce superflu que vous avez Bourdaloue, 8e dim. après la Pentecôte, Dominic. t. III, p. 103
    • Les hommes veulent tout avoir, et ils se rendent malheureux par le désir du superflu Fénelon, Tél. v.
    • Troïle est utile à ceux qui ont trop de bien ; il leur ôte l'embarras du superflu, il leur sauve la peine d'amasser de l'argent La Bruyère, V
    • Ô le bon temps que ce siècle de fer ! Le superflu, chose très nécessaire, A réuni l'un et l'autre hémisphère Voltaire, Mondain.
    • Le superflu devient avec le temps chose très nécessaire Buffon, Ess. arithm. mor. Œuvr. t. x, p. 135
    • M. d'Alembert établit pour principe de morale l'obligation de ne pas regarder comme légitime l'usage de son superflu, lorsque d'autres hommes sont privés du nécessaire Condorcet, d'Alembert.
    • Pendant la paix, il cultive un petit champ qui suffirait à peine aux besoins de l'homme le plus modéré dans ses désirs, et qui procure à Phocion un superflu dont il soulage les besoins des autres Barthélemy, Anach. ch. 7

Étymologie

Provenç. superflu ; espagn. et ital. superfluo ; du lat. superfluus, de super, au-dessus, et fluere, couler (voy. FLUER).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander