Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

superstition dans le Littré

1 article· 13 citations· rimes· synonymes

superstition s. f. (su-pèr-sti-sion ; en vers, de cinq syllabes)

  1. 1Sentiment de vénération religieuse, fondé sur la crainte ou l'ignorance, par lequel on est souvent porté à se former de faux devoirs, à redouter des chimères, et à mettre sa confiance dans des choses impuissantes.

    • La piété est différente de la superstition ; soutenir la piété jusqu'à la superstition, c'est la détruire Pascal, Pens. XIII, 5, éd. HAVET.
    • [M. de Montausier] chrétien de bonne foi, sans superstition et sans hypocrisie Fléchier, Duc de Mont.
    • La superstition semble n'être autre chose qu'une crainte mal réglée de la divinité La Bruyère, Théoph. XVI
    • La superstition est à la religion ce que l'astrologie est à l'astronomie, la fille très folle d'une mère très sage Voltaire, Pol. et lég.
    • Tolérance, s'il est utile.... Quiconque a un peu vécu avec les hommes a pu voir quelquefois combien aisément on est prêt à sacrifier la nature à la superstition Voltaire, Mahomet, Lett.
    • La superstition sied bien au paysage ;Triste dans les cités, elle est gaie au village,Et le sage lui-même aime voir, en ces vœux,La terre à ses travaux intéressant les cieux Delille, Imag. VIII
  2. 2Pratique superstitieuse, croyance superstitieuse. La confiance qu'on avait aux oracles chez les anciens était une superstition.

    • Particulièrement. Vaine observation religieuse pratiquée par les anciens et défendue par l'Église.

  3. 3Vain présage que l'on tire d'accidents purement fortuits. Il ya de la superstition à croire qu'une salière renversée présage un malheur.

  4. 4Fig. Tout excès d'exactitude, de soin, en quelque matière que ce soit.

    • Ceux qui l'avaient pratiqué [l'art des fortifications], ou qui en avaient écrit, s'étaient attachés servilement à certaines règles établies, quoique peu fondées, et à des espèces de superstitions, qui dominent toujours longtemps en chaque genre, et ne disparaissent qu'à l'arrivée de quelque génie supérieur Fontenelle, Vauban.
    • Une si petite attention s'ennoblissait par son principe ; et combien ne serait-il pas à souhaiter que le bien public fût toujours aimé avec autant de superstition ? Fontenelle, des Billettes.
    • M. de la Hire, exact jusqu'au scrupule et jusqu'à la superstition, présentait à M. de Louvois des mémoires dressés jour par jour et où les fractions n'étaient pas négligées Fontenelle, la Hire.
    • Un des avantages de la philosophie appliquée aux matières de goût est de nous guérir ou de nous garantir de la superstition littéraire D'Alembert, Œuv. t. III, p. 414
    • Comme le dit fort bien le chevalier de Celtas, elle a toutes les superstitions de la toilette Mme de Genlis, Mères riv. t. I, p. 150, dans POUGENS

Étymologie

Lat. superstitionem, d'un verbe archaïque superstitare, protéger, de super, au-dessus, et stare, se tenir : superstitio, la crainte des dieux, le respect de leur protection, et, en mauvaise part, superstition.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander