suspect, ecte adj. (su-spè, spè-kt' ; la prononciation est mal établie au masculin ; Chifflet, Gramm. p. 208, recommande de ne faire entendre ni le c ni le t, et de prononcer comme effet ; c'est la meilleure prononciation ; mais d'autres font entendre le c et le t, d'autres le c seulement ; au pluriel, su-spè ; l's se lie : su-spè-z à leurs amis)
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1Qui est soupçonné, ou qui mérite de l'être, en parlant des personnes.
- Quoi ! vous suis-je suspect de quelque perfidie ? Corneille, Cinna, IV, 6
- Cléopatre : Quoi ! vous me soupçonnez ? -Rodogune : Quoi ! je vous suis suspecte ? Corneille, Rodog. v, 4
Ils diront que, si vous n'êtes pas véritables en un article, vous êtes suspects en tous
Pascal, Prov. IVDeux fois le cardinal [Mazarin] sut céder au temps et s'éloigner de la cour ; mais il y voulait revenir trop tôt ; M. le Tellier s'opposait à ses impatiences jusqu'à se rendre suspect
Bossuet, le Tellier.Il me rendit suspect un autre jeune homme que j'aimais aussi
Fénelon, Tél. XIIIl [Louis XI] redoutait ses ennemis, et ses amis lui étaient suspects
Duclos, Œuvr. t. II, p. 228
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Un suspect, une personne soupçonnée (en 1793).
Lorsque Chaumette arriva au Luxembourg.... un prisonnier lui dit en s'inclinant : Philosophe Anaxagoras, je suis suspect, tu es suspect, nous sommes suspects
THIERS, Révol. ch. 18
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Loi des suspects, loi pour arrêter les personnes soupçonnées (en 1793).
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2Il se dit, dans un sens analogue, des choses.
- Quand un homme une fois a droit de nous haïr,Nous devons présumer qu'il cherche à nous trahir :Toute son amitié nous doit être suspecte Corneille, Poly. V, 1
- Tout m'est suspect ; je crains que tout ne soit séduit Racine, Brit. v, 1
Télémaque.... entendait ces louanges qui n'étaient point suspectes de flatterie
Fénelon, Tél. XVII
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3À quoi on ne peut se fier.
- Laissant de Galien la science suspecte Boileau, Art p. IV
N'a-t-il pas le plus grand tort de blâmer aigrement les voyageurs et les naturalistes qui ont pu avancer quelques faits suspects, puisque lui-même en donne beaucoup qui sont plus que suspects ?
Buffon, Suppl. à l'hist. nat. Œuvr. t. XI, 327
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4Affaire suspecte, affaire où il y a quelque méfait, quelque malversation, quelque déshonneur.
S'il est périlleux de tremper dans une affaire suspecte, il l'est encore davantage de s'y trouver complice d'un grand
La Bruyère, IX.
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5Lieu, pays suspect de contagion, ou, absolument, pays suspect, lieu qu'on croit infecté d'une contagion.
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On dit qu'un cheval est suspect, quand on croit qu'il est atteint d'une maladie contagieuse, entre autres de la morve, parce qu'il présente quelques-uns des symptômes de cette affection.
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Étymologie
Wallon, suspek ; prov. suspect ; esp. suspecto ; portug. suspeito ; ital. sospetto ; du lat. suspectus, de suspicere, proprement regarder en haut, de susum, en haut, et specere, regarder.