syllabe s. f. (sil-la-b')
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1Son produit par une seule émission de voix, et qui se compose soit d'une voyelle seule, soit de voyelles et de consonnes.
Vous vous souvenez du vieux pédagogue de la cour et qu'on appelait autrefois le tyran des mots et des syllabes
Guez de Balzac, Socr. chrét. XCeux qui se sont figuré que l'Académie n'était qu'une troupe d'esprits bourrus qui ne faisaient autre chose que de combattre sur les syllabes, introduire des mots nouveaux, en proscrire d'autres...
PELLISSON, Hist. de l'Acad. III- Des villes que tu prends les noms durs et barbaresN'offrent de toutes parts que syllabes bizarres Boileau, Épît. IV
Le nouveau Cicéron, tremblant, décoloré, Cherche en vain son discours sur sa langue égaré ; En vain, pour gagner temps, dans ses transes affreuses, Traîne d'un dernier mot les syllabes honteuses ; Il hésite, il bégaye
Boileau, Lutr. VILe défaut le plus ordinaire et qu'on doit éviter avec plus de soin, c'est de ne point appuyer sur les dernières syllabes, et de laisser tomber sa voix à la fin des périodes
Rollin, Traité des Ét. VI, 2° part. II, 3Une syllabe dure gâte une pensée heureuse
Voltaire, Dict. phil. Art poét.- Dix syllabes par vers mollement arrangéesSe suivaient avec art, et semblaient négligées Voltaire, Trois manières.
La syllabe est un son complet qui est quelquefois composé d'une seule lettre, mais pour l'ordinaire de plusieurs ; d'où vient qu'on lui a donné le nom de syllabe, comprehensio, assemblage
Duclos, Œuv. t. IX, p. 19L'Alhambra !... Forteresse aux crénaux festonnés et croulants, Où l'on entend la nuit de magiques syllabes
Victor Hugo, Orient. 31
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Syllabe longue, celle où la voix se prolonge ; syllabe brève, celle où elle passe vite.
Les syllabes longues ou brèves n'ont aucune durée fixe, pas même de rapport déterminé entre leur durée
Diderot, le Neveu de Rameau.
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Syllabe pure, celle qui ne renferme qu'une seule voyelle.
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Syllabe mixte ou composée, celle qui renferme une diphthongue ou une triphthongue.
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Syllabe directe, celle qui n'a qu'une consonne au commencement.
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Syllabe inverse, celle qui n'a qu'une consonne à la fin.
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Syllabe close ou fermée, celle où la voyelle est entre deux consonnes.
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2Par extension, mot, parole.
Il n'y a point d'âmes, fussent-elles de fer ou de bronze.... qui puissent tenir contre les moindres syllabes de Jésus-Christ
Guez de Balzac, Socr. chrét. II
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Il ne dit pas une syllabe, il ne répondit pas une syllabe, il ne dit absolument rien, ne répondit absolument rien.
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Je n'y changerai pas une syllabe, je n'y changerai rien.
Lépine : Me donnez-vous votre dernier mot ? - Lisette : Je n'y changerai pas une syllabe
Marivaux, le Legs, SC. 3
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Je n'en oublierai pas une syllabe, je répéterai les paroles sans y rien omettre.
- Retiendrez-vous bien tout cela ? -Je n'en oublierai pas une syllabe Dancourt, les Agiot. II, 3
Étymologie
Provenç. sillaba ; espagn. silaba ; ital. sillaba ; du lat. syllaba, qui vient de συλλαϐὴ, syllabe, de συλλαϐάνειν, prendre avec, de σὺν, avec, et λαμϐάνειν, prendre.