tailleur s. m. (ta-lleur ; ll mouillées, et non tayeur)
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1Celui qui taille. Un tailleur d'habits.
Nos tailleurs de pierre de grès sont très souvent malades du poumon, quoique cette poussière de grès n'ait pas d'autre mauvaise qualité que sa très grande ténuité
Buffon, Min. t. VI, p. 68- Les Tarquins, ô pudeur ! de ces hommes de guerreOnt fait des balayeurs et des tailleurs de pierre ! PONSARD, Lucrèce, v, 4
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Sculpteur.
- Sublime Michel-Ange, ô vieux tailleur de pierre AUG. BARBIER, Il pianto.
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2Absolument. Artisan qui fait des habits.
C'est un chef-d'œuvre que d'avoir inventé un habit sérieux qui ne fût pas noir ; et je le donne en six coups aux tailleurs les plus éclairés
Molière, Bourg. gent. II, 8J'eus sujet de me plaindre de mon tailleur qui m'avait fait perdre en un instant l'attention et l'estime publique
Montesquieu, Lett. pers. 30Jean de Leyde, tailleur, qui fut roi des anabaptistes
Voltaire, Phil. Instruct. à Rustan.Ah ! mon habit, que je vous remercie ! Que je valus hier grâce à votre valeur ! Je me connais, et plus je m'apprécie, Plus j'entrevois que mon tailleur, Par une secrète magie, A caché dans vos plis un talisman vainqueur
SEDAINE, Épître à son habit.
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Tailleur pour chemises, chemisier.
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Adj. Garçon tailleur.
M. Jourdain, un maître tailleur, un garçon tailleur portant l'habit de M. Jourdain ; un laquais
Molière, Bourgeois gent. II, 8
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Il ne faut pas se quitter comme des tailleurs, il ne faut pas se quitter sans boire un coup ensemble.
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3Anciennement. Tailleur pour femme, celui qui ne faisait que les corps de jupe, et qui faisait faire le reste aux couturières.
Le tailleur de Mme de Montespan lui apporta l'habit qu'elle avait ordonné
Mme de Sévigné, 326Peux-tu t'époumonner, t'étouffer, t'affecter, pour faire entendre raison à un tailleur de corps ?
MIRAB., Lett. orig. t. II, p. 375
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Aujourd'hui, tailleurs pour dames, tailleurs qui font des manteaux et autres vêtements de drap pour les dames.
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4Ouvrier qui taille le diamant en brillant, et qui taille les cristaux.
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5Tailleur général des monnaies de France, nom du titulaire d'une charge créée par Henri II ; le tailleur général faisait les coins ; on le nomme aujourd'hui graveur général.
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6Chirurgien qui pratique la taille, lithotomiste.
Un de mes voisins en a guéri [de la pierre], bien que ce fût pour la troisième fois qu'il fût taillé ; l'adresse de nos tailleurs est si grande, que les malades n'ont plus tant la grande horreur qu'ils avaient autrefois de cette opération
GUI PATIN, Lett. t. II, p. 227
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7Terme de jeu. Celui qui taille dans une maison de jeu.
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8Tailleur de limes, ouvrier qui fait les dents des limes.
Un bon tailleur de limes gagne chez moi de 3 francs 50 à 4 francs par jour
Enquête, Traité de comm. avec l'Angleterre, t. 1er, p. 758
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9Tailleur de cors, s'est dit anciennement pour désigner celui que nous nommons aujourd'hui pédicure.
J'ai payé des cafetiers, des rôtisseurs, des tailleurs de cors
FRÉRON, le Critique, cité par J. Soury, Rev. des Deux-Mondes, 1er mars 1877
Étymologie
Tailler ; provenç. talaire, talador ; catal. tallador ; espagn. tajador, tallador ; ital. tagliatore. Taillere dans l'ancien français, et talaire dans le provençal est au nominatif.