tapinois, oise s. m. et f. (ta-pi-noî, noi-z')
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1Celui, celle qui se cache pour faire quelque chose (vieilli en cet emploi).
Et vous venez dans l'ombre, en fine tapinoise, Eprouver si mon cœur aisément s'apprivoise
Thomas Corneille, Comt. d'Orgueil, II, 4
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2En tapinois, loc. adv. Sourdement, en cachette.
La pauvre amante approche en tapinois
La Fontaine, Courtis.M. l'Impuissant marchait en tapinois à nos côtés
GILBERT, le Carnav. des aut.
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3Fig. D'une manière rusée, dissimulée.
Votre œil en tapinois me dérobe mon cœur
Molière, Préc. 10Que vous semble de ce mot tapinois ? n'est-il pas bien choisi ?... tapinois, en cachette ; il semble que ce soit un chat qui vient de prendre une souris, tapinois
Molière, ib. 10Un blondin favori Qui prend en tapinois la place du mari
DESTOUCH., Irrésolu, v, 10Mais, sous un autre nom, ma muse, en tapinois, Se fait, dans le Mercure, applaudir tous les mois
Piron, Métrom. II, 1
Étymologie
L'ancienne langue ne connaissait pas tapinois ; il paraît né au XVIe siècle ; on disait en tapinage, à tapin, qui se dit encore en Normandie. On est très tenté de dériver tapinois, tapinage, tapin, de tapi, et d'y rattacher le provenç. tapin, tapi, caché, obscur, et l'ital. tapino, misérable, infortuné, sens qu'avait aussi tapin en français XIIe siècle : ] ; mais comment du participe tapi tirer des mots en n ? Cette objection, très grande, force à se reporter vers tapinus, humble, tapinositas, humiliation, qui avaient eu quelque usage dans le latin du moyen âge, et qui viennent du grec ταπεινὸς, humble, chétif, misérable. En tapinage a voulu plus d'une fois dire en chétif appareil, et ce sens s'est rapproché de celui de tapinois assez facilement, surtout avec influence de tapir.