Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

tarir dans le Littré

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tarir v. a. (ta-rir)

  1. 1Mettre à sec. Tarir un étang, un puits.

  2. 2V. n. Être mis à sec, cesser de couler. Cette source a tari hier. Cette source est tarie depuis hier.

    • Ne sais-tu pas que mon armée ne pouvait en un repas se désaltérer sans faire tarir des rivières ? Fénelon, Dial. des morts anc. (Xercès, Léonidas).
    • Il y a des vaches dont le lait tarit absolument un mois ou six semaines avant qu'elles mettent bas Buffon, Quadrup. t. I, p. 194
    • Que deviendraient ces enfants eux-mêmes, privés d'une mamelle qui tarirait en chemin ? Raynal, Hist. phil. XV, 4
  3. 3Fig. Cesser, s'arrêter, en parlant de quelque chose comparée à une source.

    • Ce fertile sujet ne tarira jamais La Fontaine, Contr.
    • Un mensonge capable de faire tarir ces charités Pascal, Prov. X
    • On vit tarir tout d'un coup les principales sources de la charité Fléchier, Lamoignon.
    • Les campagnes sont en friche.... le commerce tarit Fénelon, Tél. XI
    • La vieillesse languissante et ennemie des plaisirs.... fait tarir dans ton cœur la source de la joie Fénelon, ib. XIX.
    • Ne point tarir sur un sujet, en parler sans cesse, y revenir souvent.

      • Les hommes ne tarissent point en sots raisonnements sur les affaires présentes Mme de Maintenon, Lett. à Mme la marquise de Dangeau, 11 juin, t. VII, p. 64, dans POUGENS.
      • On m'assure qu'il ne tarit point sur vos louanges Mme de Maintenon, Lett. au cardinal de Noailles, 25 déc. 1695
      • Tandis qu'une âme juste.... ne peut tarir sur les récits de ses faiblesses Massillon, Carême, Confession.
    • Absolument. Il ne tarit point, il parle sans cesse de l'objet dont il s'agit.

      • Le petit abbé y sera avec ses contes ; je ne sais où il les prend, mais il ne tarit point Diderot, Lett. à Mlle Voland, 26 sept. 1762
      • L'entretien tarit, on n'a plus rien à se dire, on ne sait que se dire.

        • Ce n'était pas que l'entretien tarît entre nous, et qu'elle parût s'ennuyer dans nos promenades J.-J. Rousseau, Conf. IX
        • La conversation des amis ne tarit jamais, disent-ils J.-J. Rousseau, Hél. v, 3
  4. 4Se tarir, v. réfl. Devenir à sec, cesser de couler. Cette source s'est tarie.

    • Il y a encore une autre espèce de larmes qui n'ont que de petites sources, qui coulent et se tarissent facilement LA ROCHEFOUC., Réfl. mor. n° 133

Étymologie

Berry, tairir, térir ; provenç. tarir ; de l'anc. haut-allem. tharrjan, dessécher.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander