Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

terminer dans le Littré

1 article· 20 citations· rimes· synonymes· conjugaison

terminer v. a. (tèr-mi-né)

  1. 1Borner, limiter.

    • Par le corps, j'entends tout ce qui peut être terminé par quelque figure, qui peut être compris en quelque lieu, et remplir un espace en telle sorte que tout autre corps en soit exclus Descartes, Médit. II, 1
    • Alger, qui termine l'empire des Turcs en Afrique, est l'ancienne Numidie Voltaire, Mœurs, 161
    • Au delà se présente la presqu'île de Pallène ; et, dans le lointain, le mont Athos termine cette superbe vue BARTHÉLEMY, Anach. ch. 35
  2. 2Achever, finir.

    • Souffre qu'avec honneur je termine mes jours Corneille, Hor. II, 6
    • On ne pouvait assez louer l'incroyable dextérité de Madame à terminer tous les différends d'une manière qui conciliait tous les intérêts opposés Bossuet, Duch. d'Orl.
    • Il termina plusieurs guerres par sa valeur, et n'en entreprit aucune par ambition Fléchier, Hist. de Théodose, I, 1
    • Terminons des regrets qui pourraient trop s'étendre QUIN., Rol. I, 4
    • Ainsi fut terminée la seconde guerre punique, après avoir duré dix-sept ans Rollin, Traité des Ét. 3e part. ch. 1
    • Terme de manége. Terminer des courbettes, des voltes, les finir selon les règles.

  3. 3Mettre un terme. La mort termina les conquêtes d'Alexandre.

  4. 4Se terminer, v. réfl. Être achevé, terminé. L'affaire se termina par un traité de paix solennel.

    • Le public aime assez que chaque acte se termine par quelque morceau brillant qui enlève les applaudissements Voltaire, Comm. Corn Bérén. III, 4
    • L'histoire de l'Académie française publiée par Pellisson et d'Olivet se termine au commencement du siècle où nous vivons D'Alembert, Œuv. t. VI, p. 17
  5. 5Aboutir.

    • Vous serez surpris quand vous apprendrez à quoi se termine un si grand éclat Pascal, Prov. I
    • Un amour ardent et sensible pour les vérités de la foi, soit pour celles qui regardent la soumission de l'esprit, soit pour celles qui regardent la pratique dans le monde ; à quoi toute la religion se termine Mme PÉRIER, Vie de Pascal.
    • Aux premiers siècles, toutes les intrigues du conclave se terminaient à choisir entre les prêtres celui qui paraissait avoir le plus de zèle et de force pour soutenir le martyre Mme de Sévigné, 26 juill. 1691
    • Si ses enfants [de l'Église] inclinent la tête devant le livre de l'Évangile,... s'ils le baisent avec respect, tout cet honneur se termine à la vérité éternelle qui nous y est proposée Bossuet, Exp. de la doctr. de l'Égl. 5
    • Puisque ses crimes [de Jérusalem] recommencent sans cesse, que toutes mes miséricordes sur elle se terminent à de nouvelles ingratitudes Massillon, Carême, Inconst.
  6. 6Être borné.

    • La fécondité de notre esprit ne se termine pas à cette parole intérieure, à cette pensée intellectuelle, à cette image de la vérité qui se forme en nous Bossuet, Hist. II, 6
    • Car enfin le Tout-Puissant n'aurait fait que des ouvrages peu dignes de lui, si toute sa magnificence ne se terminait qu'à des grandeurs exposées à nos sens infirmes Bossuet, ib.
  7. 7Terme de grammaire. Avoir telle ou telle désinence. Les verbes de la 1re conjugaison se terminent en er à l'infinitif.

Étymologie

Provenç. termenar, terminar ; espagn. terminar ; ital. terminare ; du lat. terminare, de terminus, terme.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander