Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

tirailler dans le Littré

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tirailler v. a. (ti-râ-llé, ll mouillées, et non ti-râ-yé)

  1. 1Tirer une personne, une chose à diverses reprises, avec insistance, avec violence. Tirailler une étoffe pour l'allonger.

    • Fig.

      • Il y avait à peine de l'étoffe pour deux chants ; l'auteur l'a tiraillée pour en fournir quatre GRIMM, Corresp. t. II, p. 275
    • Absolument et fig.

      • Faire des efforts pour Je ne vois goutte à ce qu'il me mande ; il me parle dans un pot cassé : je tiraille, je devine, je lis un mot pour un autre, et puis, quand le sens m'échappe, je me mets en colère, et je jette tout Mme de Sévigné, 5 juillet 1671
  2. 2Fig. S'efforcer d'attirer.

    • Ils [Mme de Grignan et l'évêque de Marseille] se tiraillent les consuls, à qui en aura le plus Mme de Sévigné, 23 nov. 1673
    • Je ne sais pas encore où je me fixerai : chacun me tiraille de son côté J.-J. Rousseau, Corresp. du Peyrou, t. III. p. 119, dans POUGENS
    • Multiplier les instances.

      • À quoi sert de le tirailler ainsi ? Je ne sais point tirailler ni violenter les gens Mme D'ÉPINAY, Mém. t. II, p. 352, dans POUGENS
  3. 3Causer des embarras, des peines.

    • La pauvre Sanzei est tiraillée par de ridicules espérances que son mari n'est point mort [il n'avait pas reparu après une bataille] Mme de Sévigné, 6 sept. 1675
    • Ce bon saint n'avait été ni enfermé dans une communauté, ni tiraillé par des courtisans MAINTEN., Lett. à Mme de Glapion, 26 sept. t. III, p. 191, dans POUGENS.
    • Une demi-douzaine d'affaires très désagréables me tiraillent de tous côtés Voltaire, Lett. Thibouville, 28 nov. 1776
    • Du tumulte des sociétés naissent des multitudes de rapports nouveaux et souvent opposés, qui tiraillent en sens contraire ceux qui marchent avec ardeur dans la route sociale J.-J. Rousseau, 2e dial.
  4. 4V. n. Tirer d'une arme à feu souvent et ennuyeusement. Toute la journée il tiraille sous mes fenêtres.

    • Activement.

      • Deux méchants pierriers qu'il tiraillait tout le jour J.-J. Rousseau, Ém. v.
  5. 5Terme de guerre. Engager un feu irrégulier et à volonté.

    • Le roi dit à son souper : Orange est pris ; Grignan avait sept cents gentilshommes avec lui : on a tiraillé du dedans ; et enfin on s'est rendu le troisième jour : je suis fort content de Grignan Mme de Sévigné, 173
    • Le général Kellermann n'arriva que le 2 mai à Lugo, après avoir tiraillé sur toute la route avec les paysans de la contrée THIERS, Hist. de l'Emp. XVIII
  6. 6Se tirailler, v. réfl. Se tirer les uns les autres à diverses reprises et avec violence. Les écoliers, en se tiraillant entre eux, déchirent souvent leurs habits.

Étymologie

Tirer, avec le suffixe péjoratif aill.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander