tisserand s. m. (ti-se-ran)
-
1Ouvrier qui fait de la toile. Tisserand en basin.
Nous ignorons qui a inventé la navette ; le premier tisserand, le premier maçon, le premier forgeron ont été sans doute de grands génies
Voltaire, Dict. phil. Antiquité.Aujourd'hui les tisserands travaillent, assis, sur une chaîne tendue horizontalement, et ils se servent d'un peigne perpendiculaire pour serrer le tissu ; au contraire, les premiers tisserands, c'est-à-dire ceux dont il est fait mention dans les plus anciens écrivains, travaillaient debout, sur une chaîne tendue perpendiculairement avec des poids, et ils frappaient sur la trame, pour serrer les tissus, avec une forte règle de bois horizontale
MONGEZ, Mém. hist et litt. anc. t. IV, p. 241
-
Fig.
Vous n'ignorez pas, monsieur Bourdillon [pseudonyme de Voltaire lui-même], qu'un roi est comme un tisserand continuellement occupé à regarder les fils de sa toile qui se cassent
Voltaire, Lett. au roi de Pologne Poniatowski, 6 déc. 1767
-
Ouvrier qui fait des étoffes de laine ou de soie.
-
Tisserand en drap ou tisserand drapant.
-
2Nom spécifique du tétranyque tisserand (arachnides trachéennes), appelé par Geoffroy tisserand d'automne, et qui a fait partie du genre acare, LEGOARANT.
-
3Au féminin, tisserande.
La femme M..., tisserande, deux mois de prison (tribunal correct. de Lisieux)
Gaz. des Trib. 23 août 1873, p. 812, 3e col.
Étymologie
Provenç. teisseran ; ital. tesserandolo ; de l'anc. franç. tessier, avec le suffixe and, ant, qui répond au suffixe anc. haut-allem. ing, inc, exprimant un métier (on trouve aussi écrit teisserenc, qui existe en outre comme nom propre). L'ancien tessier se retrouve dans les noms propres et dans les patois : Berry, tessier, texer, tissier. Le wallon dit tehen, qui répond à l'ancien teissant : XIIe s.