Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

tiède dans le Littré

1 article· 15 citations· rimes· synonymes

tiède adj. (tiè-d')

  1. 1En parlant des liquides, qui est entre le chaud et le froid. Un bain tiède.

  2. 2Par extension, il se dit d'autre chose que des liquides.

  3. 3Fig. Sans action, nonchalant, sans ardeur, sans ferveur.

    • Fi ! ne me parlez point, pour être vrais amants,De ces gens qui pour nous n'ont nuls emportements,De ces tièdes galants, de qui les cœurs paisiblesTiennent déjà pour eux les choses infaillibles Molière, Fâch. II, 4
    • Ne craignez point.... que ma joie se refroidisse ; elle a un fond si chaud qu'elle ne peut être tiède Mme de Sévigné, 5 févr. 1674
    • Je résolus de vous écrire des lettres tièdes et languissantes, pour jeter dans l'esprit de celle à qui vous les donniez, que l'on cessait de vous aimer LA FAY., Princ. Clèves, Œuv. compl. t. II, p. 118, dans POUGENS
    • Ce zèle avec lequel elle animait les âmes les plus tièdes à secourir le prochain Fléchier, Mme d'Aiguillon.
    • Ah ! si j'étais secondé ! mais les frères sont tièdes, les frères ne sont point rassemblés Voltaire, Lett. Damilaville, 6 juill. 1764
    • On est bien tiède aujourd'hui à Paris sur l'intérêt public ; on va à l'Opéra Comique le jour qu'on brûle le chevalier de la Barre, et qu'on coupe la tête à Lalli Voltaire, Lett. Chabanon, 7 août 1769
    • Vous pouvez juger si, se sentant prête à les quitter [ses enfants], ses caresses furent tièdes et modérées J.-J. Rousseau, Hél. VI, 11
    • Communion tiède, celle qui se fait avec peu de préparation et sans dévotion.

    • Substantivement, en parlant des personnes.

      • L'enfer des tièdes, par allusion au passage de l'Enfer de Dante, III, où il place ceux qui ne sont ni pour Dieu ni pour le diable.

  4. 4Adverbialement. Boire tiède

Étymologie

Poitou, tude ; prov. tebe ; catal. tebi ; espagn. tibio ; ital. tepido, tiepido ; du lat. tepidus, tiède, tepor, chaleur ; sanscr. tapas, chaleur. On remarque que les formes romanes en v ou b font abstraction du d et gardent le p ; c'est l'inverse pour le français tiède.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander