Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

tombeau dans le Littré

1 article· 32 citations· rimes· synonymes

tombeau s. m. (ton-bô)

  1. 1Monument élevé à la mémoire d'un mort au lieu même où il est enterré.

    • Que ce tombeau nous convainque de notre néant, pourvu que cet autel nous apprenne en même temps notre dignité Bossuet, Duch. d'Orl.
    • Que le monde voit peu de ces veuves qui s'ensevelissent, pour ainsi dire, elles-mêmes dans le tombeau de leurs époux ! Bossuet, Anne de Gonz.
    • Ne perdez point le temps que vous laisse leur fuite [des Romains] à rendre à mon tombeau des soins dont je vous quitte Racine, Mithr. v, 5
    • Les morts, après huit ans, sortent-ils du tombeau ? Racine, Ath. I, 1
    • Si tu [Darius] veux nous [Scythes] forcer au combat, viens attaquer les tombeaux de nos pères, et tu sentiras qui nous sommes Rollin, Hist. anc. Œuv. t. III, p. 96, dans POUGENS
    • La dépense du superbe tombeau que ce prince [Alexandre] fit bâtir à l'honneur d'Éphestion, jointe à celle de toute la pompe funèbre, monta à plus de douze mille talents, c'est-à-dire à plus de trente-six millions Rollin, ib. t. VI, p. 580
    • En 1646, on découvrit, dans l'abbaye de Saint-Germain des Prés, le tombeau de Childéric II ; et l'on y trouva un baudrier, des épées.... SAINT-FOIX, Ess. Paris, Œuv. t. IV, p. 141, dans POUGENS
    • Comme les lois de Sicyone défendent avec sévérité d'enterrer qui que ce soit dans la ville, nous vîmes, à droite et à gauche du chemin, des tombeaux dont la forme ne dépare pas la beauté de ces lieux BARTHÉLEMY, Anach. ch. 37
    • Qu'importe alors que ces édifices aient été des amphithéâtres ou des sépulcres ? tout est tombeau chez un peuple qui n'est plus Chateaubriand, Itin. 6e part.
    • Non, la lyre aux tombeaux n'a jamais insulté Lamartine, Nouv. Médit. Bonaparte.
    • Il faut cacher sa vie, et même son tombeau P. LEBRUN, Poés. t. II, 8
    • Les tombeaux sont sacrés, il faut respecter les lieux où les morts sont enterrés.

    • Tombeau de famille, tombeau dans lequel les membres d'une famille se font enterrer.

    • Cette famille a son tombeau à tel endroit, on enterre ordinairement à tel endroit les membres de cette famille.

    • Vain tombeau, s'est dit quelquefois pour cénotaphe.

  2. 2Par extension, lieu où l'on périt.

    • Et Rome, unique objet d'un désespoir si beau,Du fils de Mithridate est le digne tombeau Racine, Mithr. III, 1
    • Le Milanais, source intarissable de guerre et le tombeau des Français Voltaire, Mœurs, 125
    • Sans parler de la croisade du nord et de celle contre les Albigeois, on trouvera que l'Orient fut le tombeau de plus de deux millions d'Européens Voltaire, ib. 58
    • Si ma détention à la Bastille avait duré huit jours encore, elle aurait été mon tombeau Marmontel, Mém. VI
  3. 3Fig. La mort.

  4. 4Fig. Lieu sombre, prison comparée à un tombeau.

  5. 5Fig. En parlant des choses, fin, destruction.

  6. 6Lit à tombeau, ou en tombeau, voy. LIT.

  7. 7Chaudière en tombeau, espèce de chaudière à basse pression.

  8. 8Sorte de morceau de musique.

    • On doit citer de lui [le violoniste Leclair] un grave (voy. GRAVE 1 au Supplément) en ut mineur, connu sous le nom de tombeau de Leclair ; on appelait alors un tombeau une sorte de déclamation instrumentale d'un caractère triste et douloureux.... on lui doit aussi [à Gavinies] un tombeau qui est resté classique, et une romance amoureuse pour le violon Journ. offic. 25 oct. 1875, p. 8846, 3e col.
  9. 9Brosse en tombeau, brosse à mains dont la surface formée par l'extrémité des crins est bombée comme un bahut.

Étymologie

Dimin. du bas-lat. tumbus, tombe.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander