1tondre v. a. (ton-dr')
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1Couper la laine ou le poil à certaines bêtes. Tondre un barbet.
La chair des bêtes que j'ai fait tuer pour ceux qui tondent mes brebis
Saci, Bible, Rois, I, XXV, 11
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Fig. et familièrement. Se laisser tondre la laine sur le dos, souffrir avec patience les vexations.
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Fig. Tondre la brebis de trop près, mettre des impôts trop lourds sur le peuple.
La dame d'honneur, se mêlant de la conversation, dit que très souvent ce mot de berger était appliqué aux rois ; qu'on les appelait bergers, parce qu'ils tondent de fort près leur troupeau
Voltaire, Pr. Babyl. 2Il est vrai qu'on nous tond un peu trop près, en attendant qu'on nous égorge
Mme DU DEFFANT, Lett. à II. Walpole, t. II, p. 269, dans POUGENS
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On dit dans le même sens : tondre une province.
- Monsieur l'évêque de Munster,Vous tondez donc votre province ? Voltaire, Ép. 65
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Fig. et familièrement. Tondre quelqu'un, l'attraper, le tromper.
Ceux qui nous chicanent, nous nous efforçons de les tondre, et nous ne les épargnons point
Molière, G. Dand. II, 1Ces moutons à deux pieds qui contemplent les hommes d'État dans une lourde stupéfaction, et, s'étonnant de se voir tondre si lestement, se regardent et se disent : Voilà de fiers hommes ! et que nous sommes bien tondus !
G. SAND, Lettres d'un voyageur, VIII
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Absolument et fig. Il tondrait sur un œuf, se dit d'un homme très avare qui veut épargner les plus petites choses.
Ils font de grandes et belles actions, et cependant ils tondraient sur un œuf
Mme D'ÉPINAY, Mém. t. III, p. 121
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Tondre sur tout, tirer de l'argent de qui que ce soit et de quoi que ce soit.
Il faut tondre sur tout
Régnier, Sat. XII
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2Familièrement. Couper les cheveux de près. Il est tondu de frais.
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Tondre un homme, le faire moine.
Je n'ai point oublié ces ciseaux que vous montriez à tout le monde, disant que vous les portiez pour me tondre
Fénelon, Dial. des morts mod. (Henri III, la duchesse de Montpensier.)La crainte qu'il [Louis le Débonnaire] en eut [de ses ennemis] le détermina à faire tondre ses frères
Montesquieu, Esp. XXXI, 20
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Je veux qu'on me tonde, je veux être tondu, si je fais cela, se dit par une sorte d'imprécation pour affirmer qu'on ne fera pas ce dont il s'agit ; locution née de l'ignominie qu'il y avait autrefois à être tondu.
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Fig. Il a été tondu sur le peigne, et, plus ordinairement, il a été tondu, son avis n'a pas été suivi, il a échoué dans ses prétentions (locution qui vieillit et qui provenait aussi de la dégradation infligée aux gens qu'on faisait moines malgré eux).
Il y est venu pour tâcher de soutenir sa thèse ; lui et sa cabale antimoniale y ont été tondus
GUI PATIN, Nouv. lett. t. II, p. 170, dans POUGENS- Sans toi j'étais tondu, je le dois avouer ;J'aurais reçu sans doute un affront effroyable HAUTEROCHE, Souper mal appr. sc. 10
Que M. de Grignan se garde bien du monsieur [de dire monsieur à un maréchal, au lieu de lui dire monseigneur] ; il ferait mal sa cour ; le roi s'en est expliqué ; il sera tondu
Mme de Sévigné, 19 août 1675Il [Jurieu] a produit diverses causes de récusation contre M. Piélat et même des dépositions de témoins ; mais il a été tondu : le consistoire les a déclarées nulles
BAYLE, Lett. 24 août 1691
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3Tondre des draps, des feutres, en couper les poils pour les rendre unis, ras.
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4Tondre une haie, couper les branches qui débordent.
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On dit à peu près dans le même sens : tondre les buis, le gazon, etc.
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Par extension.
Pour en former l'emplacement [du nid], elle se contente de tondre à fleur de terre un petit rond dans l'herbe, qui bientôt se flétrit à l'entour par la chaleur de la couveuse
Buffon, Ois. t. XV, p. 83
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5Il se dit de l'action des animaux qui broutent l'herbe. Les brebis ont tondu ce pré.
- Je tondis de ce pré la largeur de ma langue La Fontaine, Fabl. VII, 1
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6Terme de construction. Enlever une faible épaisseur du parement de la pierre.
Étymologie
Wallon, toud ; provenç. tondre ; cat. tondrer ; espagn. tundir ; ital. tondere, du lat. tondere. Le français et le provençal viennent d'une accentuation barbare, tondère.