Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

trône dans le Littré

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trône s. m. (trô-n')

  1. 1Siége où les rois, les empereurs s'asseyent dans les fonctions solennelles de la souveraineté.

    • Autour de ce même trône il y en avait vingt-quatre autres, sur lesquels étaient assis vingt-quatre vieillards vêtus de robes blanches Saci, Bible, St Jean, Apocal. IV, 4
    • Sur son trône avec lui j'allais prendre ma place.... L'ingrat [Néron].... Se leva par avance, et, courant m'embrasser, Il m'écarta du trône où je m'allais placer Racine, Brit. I, 1
    • Vous, enfants, préparez un trône pour Joas Racine, Ath. V, 3
    • Un seul de ses trônes [d'Aurengzeb] a été estimé par Tavernier cent soixante millions de son temps, qui en font plus de trois cents du nôtre Voltaire, Mœurs, 194
    • Loin de se fixer sur ces objets, les regards se portent rapidement sur la statue et sur le trône de Jupiter ; ce chef-d'œuvre de Phidias et de la sculpture fait, au premier aspect, une impression que l'examen ne sert qu'à rendre plus profonde BARTHÉLEMY, Anach. ch. 38
    • Par extension.

      • Il me semble que je les vois déjà [les élus] dans un de ces trônes où ceux qui auront tout quitté jugeront le monde avec Jésus-Christ Pascal, Lett. à Mlle de Roannez, 3
  2. 2Fig. Il se dit de Dieu.

  3. 3Fig. La puissance souveraine.

    • Aujourd'hui dans le trône, et demain dans la boue Corneille, Poly. IV, 3
    • Mademoiselle, cousine germaine du roi, Mademoiselle destinée au trône Mme de Sévigné, 9
    • Toute autre place qu'un trône eût été indigne d'elle Bossuet, Reine d'Anglet.
    • Un trône indignement renversé et miraculeusement rétabli Bossuet, Reine d'Anglet.
    • Soit que Dieu élève les trônes, soit qu'il les abaisse Bossuet, ib.
    • Madame, née sur le trône, avait l'esprit et le cœur plus haut que sa naissance Bossuet, Duch. d'Orl.
    • D'une commune voix ils l'appellent au trône Racine, Bajaz. I, 2
    • Loin du trône nourri, de ce fatal honneur,Hélas ! vous ignorez le charme empoisonneur Racine, Ath. IV, 3
    • Dans les lieux où l'erreur est sur le trône Massillon, Carême, Parole de Dieu.
    • Le trône, tout imposant qu'il est, ne préserve pas toujours du ridicule, nous l'avons vu Mme de Genlis, Mlle de Lafayette, p. 272, dans POUGENS
    • Un moment alors se réveilla [chez Napoléon] l'orgueil du trône et du génie VILLEM., Souven. contemp. les Cent-Jours, XII
    • Monter sur le trône, monter au trône, prendre possession de la royauté.

    • Mettre, placer sur le trône, donner la puissance souveraine.

      • Depuis le temps que David avait été mis sur le trône par ordre de Dieu, la souveraine puissance appartenait à sa maison Bossuet, Hist. II, 5
      • Quoique les maires, dans les derniers temps, eussent mis sur le trône celui des Mérovingiens qu'ils voulaient, ils n'avaient point pris de roi dans une autre famille Montesquieu, Esp. XXXI, 16
    • Placer sur le trône, se dit aussi d'un monarque qui prend pour épouse une femme d'un rang inférieur.

      • En Russie, Pierre Ier plaça sur le trône une femme née dans le dernier rang de la société Mme de Genlis, Mme de Maintenon, t. II, p. 105, dans POUGENS
    • Se mettre sur le trône, s'emparer de l'autorité souveraine.

      • Ce traître que Chinaladan.... avait fait général de ses armées.... prit Chinaladan dans Ninive, détruisit cette grande ville.... et se mit sur le trône de son maître Bossuet, Hist. I, 7
  4. 4Fig. La personne du souverain, son gouvernement.

    • Ce sont les peuples tout seuls qui donnent aux grands le droit qu'ils ont d'approcher du trône ; et c'est pour les peuples tout seuls que le trône lui-même est élevé Massillon, Pet. car. Hum. grands.
    • Patkul.... fut député de la noblesse livonienne pour porter au trône les plaintes de la province Voltaire, Charles XII, I
    • Discours du trône, discours que, dans les états constitutionnels, le souverain prononce à l'ouverture de chaque session des assemblées législatives.i

      • Le discours du roi, que l'on appelle dans l'argot de ce temps-ci discours du trône ou discours de la couronne ALPH. KARR, les Guêpes, déc. 1840
  5. 5Siége élevé où le pape se met dans certaines cérémonies publiques.

    • Trône épiscopal, le siége qui est au haut du chœur dans les églises cathédrales, et où l'évêque se met quand il officie pontificalement.

  6. 6Au plur. Terme de théologie. Un des neuf chœurs des anges (on met un T majuscule).

    • Parmi tant de Séraphins, de Trônes, d'Ardeurs.... nul ne se sentit assez de force pour s'offrir au sacrifice Chateaubriand, Génie, I, I, 4
  7. 7Le Trône, nom donné parfois à la constellation de Cassiopée, appelée aussi la Chaise.

Étymologie

Lat. thronus, du grec θρόνος, siége.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander