traîner v. a. (trê-né)
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1Tirer après soi.
Ose-t-elle traîner Théodore à la mort ?
Corneille, Théod. v, 7- Car comment sauver l'œuf ? le bien empaqueter ;Puis des pieds de devant ensemble le porter,Ou le rouler, ou le traîner,C'était chose impossible La Fontaine, Fabl. x, 1
- L'un se mit sur le dos, prit l'œuf entre ses bras....L'autre le traîna par la queue La Fontaine, ib. x, 1
Il me semble que j'ai été traînée, malgré moi, à ce point fatal où il faut souffrir la vieillesse
Mme de Sévigné, 30 nov. 1689Il [Sésostris] régna trente-trois ans, et jouit longtemps de ses triomphes, beaucoup plus digne de gloire, si la vanité ne lui eût pas fait traîner son char par les rois vaincus
Bossuet, Hist. III, 3Tu te trompes, Philémon, si, avec ce carrosse brillant, ce grand nombre de coquins qui te suivent, et ces six bêtes qui te traînent, tu penses que l'on t'en estime davantage
La Bruyère, IIIls [ceux qui se tuent] sont traînés indignement par les rues ; on les note d'infamie ; on confisque leurs biens
Montesquieu, Lett. pers. 76Brunehaut, d'arienne devenue catholique, est accusée de mille meurtres ; et un Clotaire II, non moins barbare qu'elle, la fait traîner, dit-on, à la queue d'un cheval dans son camp, et la fait mourir par ce nouveau genre de supplice, en 616
Voltaire, Mœurs, 17Ils [les lamantins] accompagnent ceux qui sont morts, et que les pêcheurs traînent au bord de la mer
Buffon, Quadrup. t. XI, p. 262Sur-le-champ on traîne le malheureux au supplice
Diderot, Claude et Nér. I, 20
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Traîner quelqu'un dans la boue, le jeter dans la boue et le traîner.
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Fig. Traîner dans la boue, attaquer gravement la réputation de quelqu'un par des paroles ou par des écrits.
Nos Parisiens ont aujourd'hui la tête tournée du roi de Prusse ; il y a cinq mois qu'ils le traînaient dans la boue ; et voilà les gens dont on ambitionne le suffrage
D'Alembert, Lett. à Voltaire, 11 janv. 1758
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2Traîner la jambe, marcher en tirant une des jambes après l'autre, parce que cette jambe est faible ou blessée.
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On dit dans le même sens : Ce cheval traîne la jambe.
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Traîner les hanches, se dit du cheval dont l'allure est mal assurée, ou qui galope faux et se désunit.
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Traîner les pieds, marcher de manière que les pieds ne quittent pas le sol, ce qui est un signe de grande faiblesse, et se voit chez quelques vieillards.
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Cet oiseau traîne l'aile, il a les ailes pendantes, ce qui marque qu'il est blessé ou malade.
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3Rouler avec soi, en parlant d'une rivière, d'un serpent. La rivière traîne bien des immondices, bien du sable.
- Comme un torrent fougueux qui, du haut des montagnesPrécipitant ses eaux, traîne dans les campagnesArbres, rochers, troupeaux par son cours emportés J.-B. Rousseau, Odes, III, 5
- Ni les vastes serpents ne traînent sur tes plantesEn longs cercles hideux leurs écailles sonnantes André Chénier, Hymne à la France.
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4Forcer d'aller.
Il [Vitikind] trouve, dans Brême, capitale du pays qui porte ce nom, un évêque, une église et ses Saxons désespérés, qu'on traîne à des autels nouveaux
Voltaire, Mœurs, 15
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5Amener avec soi soit des personnes, soit des choses.
Mlle Gaudri vient de me dire que le czar traîne avec lui une fille, au grand scandale de Versailles, de Trianon et de Marly
Mme de Maintenon, Lett. à Mme de Caylus, 11 juin 1717Elle a pour premier point.... Exigé qu'un époux ne la contraigne point à traîner après elle un pompeux équipage
Boileau, Sat. x.- Cotin à ses sermons traînant toute la terre Boileau, ib. IX
Quels démons, quels serpents traîne-t-elle après soi ?
Racine, Andr. v, 5- N'était-ce pas assez qu'un vainqueur odieuxDe l'auguste Sion eût détruit tous les charmes,Et traîné ses enfants captifs en mille lieux ? Racine, Esth. I, 5
- Vous voyez cet Assur, dont la grandeur hautaineTraîne ici sur ses pas un peuple de flatteurs Voltaire, Sémiram. I, 3
Lothaire, d'autant plus coupable qu'il était associé à l'empire, traîne son père [Louis le Débonnaire] prisonnier à Compiègne
Voltaire, Mœurs, 23C'est ainsi [comme Lacombe, directeur de Mme Guyon] qu'en ont usé presque tous ceux qui ont voulu établir une secte : ils traînent presque toujours des femmes avec eux
Voltaire, Louis XIV, 38
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Fig.
- Hâtons-nous ; le temps fuit et nous traîne avec soi Boileau, Ép. III
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Traîner quelqu'un partout, le mener partout où l'on va.
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Il traîne sa partie dans tous les tribunaux, se dit d'un plaideur qui traduit sa partie adverse de tribunal en tribunal.
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Fig. Traîner les cœurs après soi, gagner l'affection, l'admiration générale.
- Charmant, jeune, traînant tous les cœurs après soi Racine, Phèdre, II, 5
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6Faire aller, avec un nom de chose pour sujet.
- Que feriez-vous, hélas ! si quelque exploit nouveauChaque jour, comme moi, vous traînait au barreau ? Boileau, Lutr. III
- Daigne, ô divin Sauveur, que notre voix implore,Prendre pitié des fragiles mortels,Et vois comme du lit, sans attendre l'aurore,Le repentir nous traîne à tes autels Racine, Hymne, le mercredi à matines.
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7Fig. Être accompagné de.
Le prince Antiochus, devenu nouveau roi, Sembla de tous côtés traîner l'heur avec soi
Corneille, Rod. I, 1- Et traînant avec soi les horreurs de la guerre Boileau, Sat. VIII
Ce cœur.... Traîne partout l'amour qui l'attache à Monime
Racine, Mithr. II, 3Vous traînez partout la même indolence et la même langueur
Massillon, Carême, Tiéd. 1Dans quelque lieu que je vive et que je meure ; en quelque asile obscur que je traîne ma honte et mon désespoir, Claire, souviens-toi de ton amie
J.-J. Rousseau, Hél. I, 28L'Anglais, le Hollandais, le Français perdent de leurs préjugés nationaux en voyageant ; l'Espagnol traîne avec lui les siens dans tout l'univers
Raynal, Hist. phil. VII, 31
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8Fig. Porter sans honneur.
Il serait désagréable de les voir traîner leur nom, et prendre des partis peu convenables à leur naissance
Massillon, Carême, vocation.
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9Fig Avoir pour conséquence, avec un nom de chose pour sujet.
Don Juan, l'endurcissement au péché traîne une mort funeste
Molière, D. Juan, v, 6Tous les maux que la licence ne manque pas de traîner après soi
Bourdaloue, 8° dim. après la Pentecôte, Dominic. t. III, p. 102Les déterminations où le respect et la crainte de ceux de qui nous dépendons, ont plus de part que nos propres penchants, traînent toujours après elles le repentir et l'amertume
Massillon, Carême, Vocation.Mais qu'est aux yeux de la foi le bonheur humain ? que dure-t-il ? et, dans sa courte durée, combien traîne-t-il avec lui de fiel et d'amertume ?
Massillon, Or. fun. Dauphin.
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Cette action a traîné après elle une longue suite de malheurs, elle a été suivie de beaucoup de malheurs dont elle a été l'origine.
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10Fig. Il se dit du temps, de la vie que l'on passe péniblement.
- Adieu, je vais traîner une mourante vie Corneille, Cid, III, 4
- Moi me taire ? moi malheureuse !Ah ! j'ai perdu mon fils ! il me faudra traînerUne vieillesse douloureuse La Fontaine, Fabl. x, 13
Ses médecins [de Mme de la Fayette] disent.... que, si elle allait plus loin dans ce chemin, elle pourrait être du nombre de ceux qui traînent leur misérable vie jusqu'à la dernière goutte d'huile
Mme de Sévigné, 9 juillet 1677On n'a plus guère de santé à l'âge de M. de Dangeau ; et l'on traîne un reste de vie bien triste
Mme de Maintenon, Lett. à Mme de Caylus, 5 avril 1717- L'imbécile Ibrahim, sans craindre sa naissance,Traîne, exempt de péril, une éternelle enfance Racine, Bajaz. I, 1
Ennuyé d'un monde où vous ne traînez plus que le poids de vos dégoûts et de vos crimes
Massillon, Carême, Enf. prod.- Impatients et bientôt las,Nous traînons nos jours inutiles ;Nous rêvons, nous ne vivons pas BERNIS, Quat. sais. hiv.
Charles II, roi d'Angleterre, fugitif en France avec sa mère et son frère, y traînait ses malheurs et ses espérances
Voltaire, Louis XIV, 6La plupart de ceux qui résistent à la maladie, traînent une convalescence lente et difficile
Raynal, Hist. phil. XI, 32
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Absolument.
Supportez la vie ; car, lorsqu'on a passé le temps des illusions, on ne jouit plus de cette vie, on la traîne ; traînons donc
Voltaire, Lett. Mme de Lutzelbourg, 14 oct. 1754
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11Il se dit des paroles, du ton, où il y a lenteur, de la voix qui s'allonge. Traîner ses paroles.
En vain pour gagner temps, dans ses transes affreuses, [un orateur] Traîne d'un dernier mot les syllabes honteuses
Boileau, Lutr. VI- Tantôt l'affreux hibou, seul au sommet des toits,Traîne en accents plaintifs son effrayante voix Delille, Én. IV
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Par extension et poétiquement.
Toutes [les Néréides], frappant leur sein et traînant un long deuil, Répétèrent, hélas ! autour de son cercueil
André Chénier, La jeune Tarentine.
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12Terme de construction. Traîner se dit particulièrement d'un moyen qu'on emploie pour exécuter, dans les bâtiments, les corniches de plâtre, en promenant le calibre ou profil sur le plâtre encore mou. Traîner une corniche, une moulure.
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On dit aussi pousser.
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13Traîner quelqu'un, différer à terminer l'affaire qu'on a avec lui. Il y a six mois que ce rapporteur me traîne pour le jugement de mon procès.
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Traîner quelque chose, en différer la conclusion.
Je ne sais demain si on jugera, ou si l'on traînera l'affaire toute la semaine
Mme de Sévigné, Lett. à Pompone, 17 déc. 1664
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On dit dans le même sens : traîner en longueur.
Un tribun, corrompu à force de présents, traîna l'assemblée en longueur, et enfin la dissipa
Rollin, Hist. anc. Œuv. t. I, p. 589, dans POUGENSScipion, qui les commandait, ne voulut jamais suivre l'avis de Caton, de traîner la guerre en longueur
Montesquieu, Rom. 11
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14V. n. Aller en traînant.
- Elle fait la blessée, et va traînant de l'aile La Fontaine, Fabl. X, 1
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15Pendre jusqu'à terre.
Thamar était vêtue d'une robe qui traînait en bas, les filles des rois qui étaient encore vierges ayant accoutumé de s'habiller de la sorte
Saci, Bible, Rois. II, 13, 18- On voit à l'horizon sa lueur incertaine,Comme les bords flottants d'une robe qui traîne... Lamartine, Méd. II, 8
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Pendre en désordre.
Ces cheveux en désordre et traînant sur les épaules
Mme de Genlis, Ad. et Th. t. II, p. 167, dans POUGENS
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Fig.
- Cependant que le tien traînera dans l'oubli,S'il ne tombe assez bas pour traîner dans la fange Corneille, Imit. III, 49
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16Il se dit des choses non rangées qui ne sont pas à la place où elles devraient être. Chez lui tout est en désordre, tout traîne.
Il faut que la première [lettre] du 27 février ait traîné dans quelque bureau, ce qui arrive quelquefois
Voltaire, Lett. d'Argental, 18 mars 1770On m'a mandé que la détestable copie sur laquelle le détestable Valade avait fait sa détestable édition [des Lois de Minos], venait d'une autre copie qui avait traîné dans l'antichambre de Mme du Barri
Voltaire, ib. 19 avr. 1773
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Laisser traîner, ne pas prendre soin, ne pas ranger.
S'il ne me trompe point, il se pourrait faire que votre secrétaire en eût laissé traîner une [copie de la Lettre à Horace] ; cependant, vous autres messieurs les ministres, vous avez des secrétaires fidèles et attentifs, qui ne laissent rien traîner
Voltaire, Lett. d'Argental, 11 nov. 1772
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Fig. Cela traîne dans tous les livres, traîne partout, se dit, par mépris, d'une pensée commune, vulgaire, etc.
Fi donc, monsieur, ce sont des serments usés qui traînent partout
BOISSY, Français à Lond. sc. 15
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On dit dans le même sens : traîner les rues (c'est-à-dire traîner par les rues).
Des lieux communs qui traînent les rues
Voltaire, Lett. Thibouville, 8 févr. 1773
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17Languir sans pouvoir se rétablir.
Je me sens pesant et lourd, j'ai une fainéantise dans les membres, je bâille sans sujet.... tout me déplaît : je ne vis pas, je traîne
Marivaux, Surpr. de l'amour, I, 2Votre tante, ajouta-t-il en s'en allant, ne peut pas traîner plus de deux ans
BERN. DE ST-PIERRE, Paul et Virginie.
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18Être l'objet de lenteurs, en parlant d'une chose. Cette affaire traîne.
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On dit dans le même sens : traîner en longueur.
L'affaire traîna en longueur et en aigreur, comme toutes les affaires de parti
Voltaire, Jenni, IV
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Mettre du retard, en parlant d'une personne.
J'attends mon fils, il s'en va à l'armée, il n'était pas possible qu'il fît autrement ; je voudrais même qu'il ne traînât point, et qu'il eût tout le mérite d'une si honnête résolution
Mme de Sévigné, 343
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19Être froid, languissant, en parlant d'une œuvre littéraire. Ce discours, cet acte traîne.
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20Rester en arrière. Les blessés traînent loin du corps de l'armée.
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Impersonnellement.
Sébastiani insista comme les autres sur l'état de l'armée : Il est affreux, repartit l'empereur, je le sais ; dès Vilna, il en traînait la moitié, aujourd'hui ce sont les deux tiers....
Ségur, Hist. de Nap. VI, 6
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Il se dit aussi des bâtiments d'une flotte, d'un convoi qui, marchant mal ou manoeuvrant mal, restent en arrière.
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Se dit également des chiens de meute qui ne suivent pas le gros de la meute.
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21Terme du jeu de billard. Conduire quelque temps sa bille, sans que le bout de la queue la quitte.
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22Se traîner, v. réfl. Se glisser en rampant. Ce chasseur se traîna pour approcher du gibier.
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23Se mouvoir à genoux, prosterné.
On entendit ses cris de fureur [de Napoléon] contre l'un des hommes chargés de cet approvisionnement [de Smolensk] ; le munitionnaire n'obtint la vie qu'en se traînant longtemps sur ses genoux aux pieds de Napoléon
Ségur, Hist. de Nap. IX, 14
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Fig.
Cet établissement est fort joli : elle [Mme de Fiennes] y règne trois ou quatre mois, et puis se va traîner aux pieds de toutes les grandeurs, comme vous savez
Mme de Sévigné, 290
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24Familièrement. Se rouler. Cet enfant se traîne par terre.
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25Marcher avec peine.
- L'Albain, percé de coups, ne se traînait qu'à peine,Et, comme une victime aux marches de l'autel,Il semblait présenter sa gorge au coup mortel Corneille, Hor. IV, 2
Il se traîna hier chez M. de Paris
Mme de Sévigné, 195Les malades et les blessés, manquant de force pour se traîner hors des tentes, n'avaient pu se garantir du feu ; ils paraissaient à demi brûlés
Fénelon, Tél. XVIILeur canot se fracassa contre les écueils ; il fallut se traîner de rocher en rocher pendant une lieue entière
Voltaire, Candide, 17Dès cette première journée [après la sortie de Moscou], il [l'empereur] put remarquer que sa cavalerie et son artillerie se traînaient plutôt qu'elles ne marchaient
Ségur, Hist. de Nap. IX, 1
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26Fig. S'avancer péniblement par un mouvement métaphorique comparé à un mouvement réel.
Parmi tant de vierges fidèles et ferventes, il est difficile qu'il ne s'en trouve encore quelqu'une qui se traîne dans la voie de Dieu
Massillon, Profess. relig. 2- Je me traîne à la tombe où je ne puis descendre Voltaire, Sémiram. I, 5
Nous nous traînons seulement de soupçons en soupçons, de vraisemblances en probabilités
Voltaire, Dict. phil. Dieu.Il faut, pour me faire entendre, que je me traîne de proposition en proposition
Condillac, Comm. gouv. I, 22, note 1Les paroles se traînent après les impressions primitives, comme les traducteurs en prose sur les pas des poëtes
Mme de Staël, Corinne, IX, 2- Ta vie et tes penséesAutour d'un souvenir, chaste et dernier trésor,Se traînent dispersées Victor Hugo, Orient. Les tronçons du serpent
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27S'étendre à grand'peine.
Votre chronologie se traîne avec peine à cinq ou six siècles au delà de la guerre de Troie
BARTHÉLEMY, Anach. ch. 65
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28Être froid, languissant, en parlant de compositions littéraires. Ce discours est sans mouvement, il se traîne. Dans le premier acte l'action ne fait que se traîner.
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On dit dans le même sens, et plus brièvement :
Cet homme traîne son lien
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Étymologie
Train ; provenc. trainar ; espagn. traginar ; ital. trainare.